Fruits et cépages oubliés

Sauvegarder la biodiversité, on le sait, est un devoir pour la planète mais surtout une chance pour nos papilles gustatives ! Depuis quelques années nous nous régalons avec les légumes anciens qui reviennent sur nos marchés : panais, crosnes, topinambour, rutabaga, romanesco, etc…
On redécouvre maintenant les fruits oubliés et des vins issus de cépages rares sortent de leur cachette… Pourvu que des réglementations aberrantes ne nous gâchent pas notre plaisir !…

Fruits et cépages oubliés

Des "variétés de pays" aux hybrides
C'est bien connu, nos ancêtres lointains se nourrissaient en allant cueillir dans la nature les baies et les fruits sauvages.
Puis ils commencent à cultiver les arbres fruitiers. Pendant une longue période qui dure jusqu'au XVIIIe siècle, chaque terroir a ses "variétés de pays" sélectionnées par les paysans. Certaines de ces variétés voyagent parfois au-delà des mers et sont rebaptisées au fur et à mesure de leurs pérégrinations. Mais la plupart du temps, elles se développent localement et ne peuvent voyager très loin sans perdre leur saveur et leur caractère.

En savoir plus

Le Jacquez

Il est ainsi nommé parce que, originaire de Madère, il fut introduit dans le Mississipi par un espagnol prénommé Jacques. Importé en Ardèche au XIXe siècle, comme bien d'autres cépages venus des États-Unis, il avait l'avantage de résister aux maladies, notamment à l'oïdium et au phylloxera.

Ensuite apparaît l'hybridation. Naissent alors les "variétés nationales", issues des "variétés de château" développées par des aristocrates. À partir de cette époque, on commence à se préoccuper plus de l'apparence du fruit que de son caractère gustatif. C'est l'époque des hybrides. Ils n'ont pas de zone spécifique, et peuvent être cultivés loin de leur terroir d'origine.




L'huître : la puissance de l'océan sur un plateau

Associée aux plaisirs, à la fête et même à l’amour, l’huître est bonne pour la santé : iodée, phosphorée, bourrée d’oligo-éléments, de vitamines et de fer.
On la dégusterait sans danger pendant les mois en "R" ? Une légende, elle est consommable toute l'année…

Vie saine et zen - L'huître : la puissance de l'océan sur un plateau

Les romains la récoltaient déjà dans des parcs et l'appelaient "callibléphares" c'est à dire "belles paupières", en référence aux bords de son manteau.
Chaque année 150 000 tonnes d'huîtres sont produites en France, 1er producteur européen (et 4e mondial). 70 % de cette production est engloutie pendant les fêtes de fin d'année.

En savoir plus

Bulletin de vote

Inventeurs de la démocratie, les Grecs qui adoraient voter utilisaient des coquilles d'huîtres sur lesquelles les électeurs inscrivaient le nom de la personne à évincer de la scène politique.

Cette coutume instituée par Clisthène en 487 avant note ère, est à l'origine du mot "ostracisme ". Aristide le Juste en fit les frais le premier : il fut banni d'Athènes à "coquilles levées".

Les mois en "R" : une invention de la réglementation maritime
On pense que sa consommation est garantie sans danger pendant les mois en "R" (de septembre à avril). À tort.

70

kcal
pour 100 g


150 000

tonnes d'huîtres sont consommées par an en France


75 %

des ventes d'huîtres se font durant la période des fêtes de fin d'année






L'huître : la puissance de l'océan sur un plateau (suite)

Comment s'y retrouver !
Leur nom, Cancale, Marennes, Belon, Malpèque ou Claire, ne fait que refléter leur lieu de résidence ou leur degré d'affinage.

En réalité il y a trois variétés d'huîtres :
- Ostrea (type Ostrea edulis) : l'huître plate (Belon, Cancale ou Marennes), distribuée sur les côtes d'Europe occidentale,
- Crassostrea : l'huître creuse, qui regroupe l'huître portugaise à valve inférieure très bombée, l'huître japonaise et la plupart des huîtres américaines,
- Pycnodonta (type Pycnodonta cochlear) : l'huître cuillère pêchée (mais non cultivée) du Sénégal à la grande Bretagne.

L'appellation "claires" fait référence à une nomenclature officielle de qualité selon leur temps d'affinage et le nombre d'huîtres par claires. On parle d'huîtres fines, d'huîtres spéciales, d'huîtres fines de claires et d'huîtres spéciales de claire.

Les huîtres dites "laiteuses" correspondent à leur période de reproduction (mai à août).




La dinde a tout pour plaire

Elle trône traditionnellement dans nos repas de Noël, et elle est en même temps pour les nutritionnistes l'emblème de l'alimentation moderne, car c'est la plus maigre des viandes…

Vie saine et zen - La dinde a tout pour plaire

Le dindon et sa femelle, la dinde, existent depuis plusieurs millions d'années et sont originaires du sud de l'Amérique du Nord.

En savoir plus

Dieu de la guerre

Les tribus amérindiennes connaissent bien la dinde et le dindon.
Chez les cherokees, les powhatan, les chickahominy, et les mayas, ils font partie des repas de gala sur les tables des rois ou des riches marchands.
Les cheyennes les rejettent mais les zuñis d'Arizona les élèvent au grade d'animal sacré.

La légende raconte que c'est grâce à la lui que les "pilgrims" (pélerins) du Mayflower, débarqués en novembre 1620, auraient survécu à la famine. Depuis, on célèbre Thanksgiving, l'action de grâces, tous les quatrièmes jeudis de novembre. Et à cette occasion, depuis 1800, on déguste la dinde généralement farcie.




Des œufs dans nos paniers

Il entre dans le régime des végétariens mais pas dans celui des végétaliens. On l'accuse d'être peu digeste et trop riche en cholestérol. Mais l'œuf est pratique, il fait partie de multiples préparations culinaires et peut être une entrée, un plat, un dessert.

Vie saine et zen, Des œufs dans nos paniers

"Avec l'œuf, on peut tout faire, c'est la dépanneuse universelle de la cuisinière…", dit de lui Jean-Pierre Coffe.

En savoir plus

La tradition des œufs de Pâques

Jusqu'au règne de Louis XVI, l'Église catholique en bannit la consommation, comme celle de la viande, les jours maigres, c'est-à-dire plus de 160 jours par an.
Pendant le carême, pour éviter de perdre tous les œufs pondus abondamment durant la période, on les conserve dans de la graisse liquide ou de la sciure. Le Samedi Saint, les enfants font la quête des œufs. Et le jour de Pâques qui, à travers la résurrection du Christ, symbolise la renaissance de la nature et de la vie, les paroissiens partagent l'omelette censée les protéger de la maladie jusqu'à l'année suivante.

Toutes sortes d'œufs depuis des millénaires
Du latin "ovum", l'œuf s'écrit "of", "uef" puis "oef" et ne prend son orthographe actuelle qu'au XIVe siècle.

147 kcal

pour 100 g, la valeur calorique moyenne d’un œuf


244

œufs par habitant sont consommés chaque année en France


0

la mention qui figure sur l'œuf pour désigner le bio






Des œufs dans nos paniers (suite)

Ne pas choisir n'importe quel oeuf
Environ 81 % des œufs consommés en France proviennent de poules élevées en cage, et 3 % de poules élevées au sol, c'est-à-dire en liberté dans des bâtiments où il n'y a pas plus de 9 poules par m/2. Malgré les conditions d'hygiène très strictes de ce type d'élevage, on préfèrera le plein air ou le bio.

En savoir plus

Lire les oeufs

Sur l'œuf doit figurer obligatoirement :
- le numéro correspondant au mode d'élevage (0 pour le bio, 1 pour le plein air, 2 pour le sol, 3 pour la cage)
- le code du pays où l'œuf a été pondu (FR pour la France)
- le code du bâtiment d'élevage où l'œuf a été pondu.

Sur l'emballage doivent figurer :
- la catégorie de qualité des œufs (A pour les frais, B pour les déclassés à la coquille fêlée),
- la date de consommation recommandée (DCR),
- le mode d'élevage,
- l'explication du code d'élevage marqué sur l'œuf,
- le calibre ("très gros" 73 g et +, "gros" de 63 à 73 g, "moyen" de 53 à 63 g, "petit" - de 53 g) et les précautions d'entreposage.

"Frais" : peut être consommé sans problème jusqu'à 28 jours après la ponte. 

"Extra" : extra frais jusqu'à 9 jours après la ponte.
La date de ponte ne figure pas obligatoirement sur les emballages.
Les appellations "œufs de ferme", "œuf coque", ou "œuf du jour" n'ont aucune valeur légale.

Dans l'élevage en plein air (12 % de nos œufs), les poules sont dans un bâtiment équivalent à celui de l'élevage au sol (pas plus de 9 poules par m2) mais ce bâtiment est ouvert sur un parcours herbeux (4 m2 pour chacune).




De la viande ou pas ?

Autrefois la viande était la base de l'alimentation et signe de richesse. Aujourd'hui la plupart des experts de santé la déconseillent autant qu'ils encouragent les fruits et légumes. Pour quelles raisons ?…

Vie saine et zen viande ou pas

"Une à deux fois par jour en faible quantité, en variant les espèces et en privilégiant les morceaux les moins gras", disent les autorités médicales. "Deux ou trois fois par semaine" conseillent la plupart des nutritionnistes. Sans parler des végétariens qui la proscrivent totalement… On voit bien que la tendance est aujourd'hui à essayer de limiter sa consommation de viande.

En savoir plus

Impact environnemental

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), l'élevage serait à l'origine de :
- 18% des émissions de gaz à effet de serre (davantage que les transports),
- 8% de la consommation mondiale d'eau (il faut entre 20 000 et 100 000 litres d'eau pour produire un kg de bœuf)
- 37% du méthane (gaz à effet de serre 21 fois plus "réchauffant" que le CO2)

L'élevage : zen pour la planète ?
Les associations écologiques le rabâchent depuis des années : il faut 7 kg de fourrage pour produire 1 kg de bœuf, 2 kg pour produire 1 kg de poulet… Les surfaces agricoles seraient beaucoup mieux utilisées si on y plantait des végétaux sources de protéines pour les humains.

38 kg

de viande par habitant ont été consommés dans le monde en 2007


1, 7 milliard

d’animaux d'élevage dans le monde


1,5 %

des français sont végétariens






Bien choisir sa viande

Du porc, du bœuf, de la volaille en bio, en Label Rouge ou en AOC ? Un petit guide pour se régaler de viande en toute sérénité et dans le respect de la planète…

Vie saine et zen, Bien choisir sa viande

Nous avons tous en tête des exemples d'éleveurs qui ont des pratiques intensives mais qui gardent pour leur consommation personnelle des animaux en élevage traditionnel. Pas fous ! Ils connaissent la différence de goût et savent les conséquences potentielles sur leur santé.

Quant au fort impact de l'élevage sur l'environnement, c'est une réalité mais pas une fatalité : tout dépend aussi des méthodes d'élevage.

47,6 kg

de porc par habitant ont été consommés en Europe en 2007


22,8 kg

de volailles par habitant ont été consommés en Europe en 2007


17,2 kg

de bœuf par habitant ont été consommés en Europe en 2007






Fruits et légumes : pourquoi bouder un plaisir ?

"Manger au moins 5 fruits et légumes par jour", cette mention fleurit partout, sur les publicités ou les emballages de produits agro-alimentaires.
Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Pourquoi est-il intéressant de mettre en pratique ce conseil ? Pourquoi est-on réticent à le faire ?

Vie saine et zen, fruits et légumes

En décembre dernier, l'Afssa communiquait les résultats de son étude sur les comportements alimentaires dans notre pays.
Par rapport à l'étude précédente réalisée huit ans auparavant, il n'y a pas de changement sensible dans la consommation des légumes, et une hausse modérée (de 12 à 16 %) pour celle de fruits frais ou cuits.
Le fait est encore là aujourd'hui : nous ne mangeons pas assez de fruits et légumes.

Changer les habitudes alimentaires des français ?
Depuis 2001, le ministère de la santé a lancé un Programme National Nutrition Santé (PNNS) dont l'un des objectifs principaux est d'amener la population française à manger plus de fruits et légumes.
Un peu partout, sur les pubs, les petits conseils diététiques signés "mangerbouger.fr", c'est ça. Par exemple : "manger au moins 5 fruits et légumes par jour".

260 millions €

le chiffre d’affaires moyen des fruits et légumes bio par an en France


12/11/08

Les fruits et légumes biscornus pourront revenir sur nos étals, fini le diktat de la beauté et du gâchis


50 %

de risques en moins de contracter un cancer en consommant des fruits et légumes régulièrement






Fruits et légumes : pourquoi bouder un plaisir ? (suite)

Les pièges du marketing
Certains produits de l'industrie agro-alimentaire vantent le fait qu'ils contiendraient une des cinq portions nécessaires à la ration quotidienne. Il faut y regarder à deux fois, parce que les doses en question sont souvent très inférieures aux 120 g requis. Et si l'on augmente les quantités de produits ingérés, on risque de faire exploser la portion tolérable de sucre !

En savoir plus

Quelques pièges du marketing

- Que Choisir épingle une marque de soda qui porte sur son emballage "1/5 des fruits et légumes recommandés par jour" : tous les jus de fruits, même les purs jus, sans sucre ajouté, contiennent peu ou pas de fibres et moins de vitamines que les fruits dont ils sont issus ; en revanche ils sont riches en sucres simples et favorisent la prise de poids.

- Un fabricant de yaourt est aussi montré du doigt par le mensuel : sur l'emballage est marqué "ma portion de fruits", alors qu'il faudrait deux pots pour atteindre ladite portion, soit en sucre l'équivalent de 8 morceaux (la ration maximum recommandée par jour est estimée à 50 g soit 10 morceaux) !

Privilégier les produits non transformés
D'un point de vue nutritif, les vertus des fruits et légumes sont les mêmes qu'ils soient crus ou cuits, surgelés ou en conserve. Pour le goût, c'est autre chose.

On peut bien sûr, si l'on est pressé, choisir des plats cuisinés tout prêts, mais il faut être attentif à leur composition. La plupart du temps, leur teneur en sel ou en sucre est beaucoup trop forte.


                
Syndiquer le contenu