Édito de Franck Arguillère

Notre système de santé serait, paraît-il, le meilleur du monde et ferait même des envieux à l'étranger ! Pourtant, à l'occasion des débats sur le projet de loi de santé actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale, il montre des dysfonctionnements pour le moins inquiétants.

Certaines failles font la une des grands médias et sont, du reste, parfois prises en compte dans le projet de loi. Comme par exemple l'autorisation des actions de groupe, la mise en place d'un service public d'information en santé, la facilitation de l'IVG, le droit à l'oubli pour les personnes guéries du cancer…
D'autres sont moins souvent pointés du doigt mais tout aussi préoccupantes. Un collectif de députés, d'experts et de lanceurs d'alerte a lancé depuis le mois de janvier un appel pour une opération Mains Propres sur la Santé. Il semblerait qu'il y ait du boulot !
Un exemple : par rapport à nos voisins européens, le prix des médicaments est beaucoup plus cher en France et leur consommation supérieure de 50 % à 100 %. Il suffirait de lutter contre cette surfacturation et cette surconsommation pour réaliser au moins 10 milliards d'économies dans le budget de l'Assurance Maladie, c'est à dire annuler son déficit !
Autre exemple : les vaccins ont fait cette année plusieurs fois la une de l'actualité. L'obligation vaccinale est controversée mais a été récemment confortée par le Conseil d'État. La France est l'un des rares pays à l'avoir adoptée. Elle concerne uniquement le DTPolio. Or ce vaccin est introuvable en officine depuis plusieurs mois, les seuls vaccins disponibles étant des vaccins polyvalents, beaucoup plus chers, et qui incluent d'autres maladies comme l'hépatite B !

La source de ces problèmes serait la grande consanguinité entre le milieu médical et l'industrie pharmaceutique. Les liens d'intérêts entre les médecins et les labos ne sont pas transparents en France, pour ce qui concerne les gros contrats, ceux d'orateurs et de consultants. Or les responsables des autorités publiques qui arbitrent le secteur (HAS, Haute Autorité de Santé et ANSM, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) sont bénéficiaires de ce type de contrat. Les liens d'intérêts deviennent alors conflits d'intérêts.

Le collectif compte en son sein des gens comme Michèle Rivasi, Philippe Even, Irène Frachon ou Corinne Lepage et il rassemble des signatures aussi différentes politiquement que Daniel Cohn-Bendit, Nicolas Dupont-Aignan, Pierre Larrouturou ou Laurence Vichnievsky. On voit qu'il s'agit plus d'un rassemblement de personnalités soucieuses du bien commun que d'un aéropage d'agités irresponsables. Leur diagnostic est sévère : il s'agit de corruption au plus haut niveau.
Espérons que leur initiative trouve un vaste écho dans l'opinion, seul moyen, face à la puissance d'une industrie tentaculaire, pour que le pot de terre gagne contre le pot de fer.

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