Édito de Franck Arguillère

Il y a des sujets difficiles en France. Des sujets qui suscitent des controverses irraisonnées sans qu'on comprenne bien pourquoi. La question des vaccins en fait partie.

Chez nous, il y a trois vaccins obligatoires mais depuis quelque temps ils ne sont pas disponibles en pharmacie. On ne les trouve que combinés avec trois autres qui ne sont pas obligatoires. Et l'ensemble, le vaccin "hexavalent", coûte sept fois plus cher ! En mars 2015, des lanceurs d'alerte, autour de Michèle Rivasi, députée européenne, avaient dénoncé ce scandale. Il ne s'était rien passé. Quelques mois plus tard, Henri Joyeux lançait une pétition qui recueillait aussitôt un demi-million de signatures. Les autorités se manifestaient enfin… pour tenter de décrédibiliser Henri Joyeux. Ce dernier est, certes, un personnage controversé mais il n'est pas contre les vaccins en général et sur ce dossier il fait preuve de modération.
En approchant du million, la pétition a fini par réveiller la ministre de la Santé qui a annoncé un grand débat en France sur les vaccins. Pour l'instant nous n'en voyons pas la couleur. Quid de la sécurité, de l'innocuité des vaccins ? Quid de la pertinence de l'obligation vaccinale ? Nous assistons à un déluge d'articles et de tribunes qui ne font que reprendre les arguments des pro-vaccin. Le débat a tourné à l'opération de communication.

Tous les praticiens "pragmatiques" que j'ai questionnés ont une approche très nuancée et font une distinction entre les vaccins. Tétanos et polio font l'unanimité pour eux. Celui contre la grippe n'a pas bonne presse, avec une efficacité de seulement 30 %. Beaucoup ne le recommandent qu'aux personnes à risque. Ceux contre le papillomavirus et l'hépatite B, en revanche, font l'unanimité mais contre eux. Pour tous ces praticiens, l'obligation vaccinale, qui est une singularité française, est une règle d'un autre temps, devenue contre-productive.

Par ailleurs, je me souviens avoir vu dans différentes revues médicales des courbes de prévalence des maladies censées avoir été éradiquées grâce au vaccin. On y voit clairement que le vaccin n'intervient que longtemps après le pic de l'épidémie, ce qui jette un doute sur son rôle dans la décrue. C'est le cas par exemple de la polio ou la tuberculose. Explication : l'hygiène aurait fait le boulot toute seule comme une grande ! Ces courbes émanent des associations anti-vaccin. Jusqu'à ce jour, je ne les ai jamais vues remises en cause.

Les anti-vaccin ont donc des arguments. Les "pragmatiques" en ont également. Les pro-vaccin n'en manquent pas non plus. Qu'est-ce qui empêche d'engager un débat adulte et raisonnable ?

Un récent sondage a montré qu'il existe en France un doute de grande ampleur sur la question du vaccin (Voir : Quatre Français sur dix estiment que les vaccins ne sont pas sûrs). Les citoyens ne sont pas dupes. Si, à la place d'un véritable débat, l'opération de communication se poursuit sans contradicteurs, le crédit des thèses anti-vaccin s'en trouvera renforcé. Leurs tenants auront alors beau jeu d'accuser les autorités médicales de connivence avec l'industrie pharmaceutique, forcément coupable de vouloir placer sa came. Et le doute ne fera que se développer. Il suffira d'y ajouter encore quelques scandales type Mediator ou Depakine et c'est l'ensemble du système allopathique, déjà ébranlé, qui se lézardera. 
Victime du court-termisme, à l'instar des autres secteurs de l'économie, la médecine conventionnelle est en train de scier consciencieusement la branche sur laquelle elle est assise.
Il ne faut pas oublier que la confiance est essentielle dans toute médecine. L'effet nocebo est aussi efficace que l'effet placebo.

La revue de presse

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