Édito de Franck Arguillère

De nos jours, il n'est pas facile de se frayer un chemin pour vivre sainement, le plus longtemps possible en bonne santé ! Aux dernières Rencontres des Médecines Alternatives et Complémentaires de l'hôpital Tenon, samedi dernier, Céline Hess-Halpern* faisait une synthèse des conclusions qu'elle a tirées de son expérience d'avocate spécialisée en droit de la santé. Partant du principe que 80 % des polluants se trouvent dans nos assiettes et compte tenu des incertitudes sur les OGM, elle préconise avant toute chose… de manger bio. Elle renvoie les sceptiques dans les cordes, rapports toxicologiques en main : on peut en toute tranquillité manger bio, labellisé français ou étranger. "Je n'ai jamais eu un procès sur le faux bio !", ajoute-t-elle.

Voici la liste de ses autres conseils qui sembleront sans doute familiers à nos lectrices et lecteurs…
- Éviter les additifs : il y en a plus de 400 autorisés en conventionnel, dont beaucoup sont toxiques, et seulement 47 en bio, qui sont, eux, inoffensifs. "Le pire est le E621, le glutamate de sodium, qui crée une addiction au produit." Autre exemple : le E150D, ce colorant noir cancérigène, qui est présent en France dans les colas à un taux particulièrement élevé.
- Fuir les nanoparticules qui, selon certaines études, après accumulation, peuvent induire les maladies d'Alzheimer et de Parkinson. "À éviter en priorité le dioxyde de titane, un colorant qui rend plus blanc que blanc, et qu'on trouve notamment dans les confiseries pour enfants !"
- Filtrer l'eau du robinet pour éviter les résidus de polluants (dont le chlore) et varier sa consommation d'eaux.
- Utiliser un mode de cuisson douce, pas plus de 120°C, pour éviter le grillé qui est cancérigène.
- Préférer les poêles en fonte non revêtue aux poêles antiadhésives.
- Pas de contenant en plastique pour le chaud : plutôt des contenants en verre.
- Zapper les sucres blancs, raffinés : les remplacer par les non raffinés bio.

Au même moment avait lieu à La Haye le fameux tribunal citoyen informel destiné à instruire le procès virtuel de Monsanto. OGM, pesticides (dont le fameux glyphosate), monopole sur les semences, récoltes ruinées, animaux empoisonnés, enfants malades… Les charges étaient lourdes et portées aussi bien par des agriculteurs français, argentin ou burkinabé que par un apiculteur mexicain ou une paysanne bangladaise. Victimes, experts scientifiques ou juridiques, toxicologues, vétérinaires… Jamais une marque n'aura attiré sur elle autant d'opprobre ! Selon Françoise Tulkens, la présidente, les cinq juges de ce "tribunal pédagogique" ne prononceront pas un jugement mais rendront dans quelques semaines un avis consultatif, "dont j’espère qu’il aura une influence sur le droit international des droits de l’homme et permettra des ouvertures pour les victimes".

Nous faisons partie de ces victimes potentielles de Monsanto. Nous serions bien avisés de faire preuve de vigilance au quotidien, dans nos actes de consommation aussi bien que dans nos gestes professionnels. Les grandes actions internationales ont leur utilité. Mais nous ne pouvons pas nous en contenter. Nous serons effectivement les jouets de ce système d'apprentis sorciers si nous ne sommes pas assez attentifs pour nous frayer un chemin raisonnable et raisonné, comme celui que conseille Céline Hess-Halpern, vers une vie saine et zen…

 

*Auteure notamment de Tout ce qu'on nous fait avaler, éditions Albin Michel

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