Édito de Franck Arguillère

Tous les ingrédients y étaient. Les effets secondaires graves d'un médicament, la mère de la victime démunie, le laboratoire pharmaceutique prêt à tout pour défendre ses profits, la lutte juridique de la lanceuse d'alerte, ses difficultés, sa victoire… Pour qui a suivi l'affaire du Mediator, le cocktail était complet. On avait juste changé le nom du médicament et son indication, censée soigner le rhume. (En passant, il faudra se précipiter au cinéma pour voir "La fille de Brest" d'Emmanuelle Bercot, un film qui retrace de manière fidèle l'histoire d'Irène Frachon et du Médiator). Je ne suis pas fan des téléfilms. Mais exceptionnellement ce mercredi soir, le sujet m'avait attiré devant mon poste… Malgré la grosseur des ficelles du scénario, j'ai pu regarder jusqu'au bout "Envers et contre tous". Probablement grâce l'interprétation des excellents Cécile Bois et Loup-Denis Élion.

Suivait un débat sur le thème : "Scandales des médicaments : à qui la faute ?". Les témoignages de deux victimes, l'une de la Depakine, l'autre du Distilbène, étaient mesurés, dignes et bouleversants. La suite est plus surprenante. On attendait la réponse des médecins et de l'industrie pharmaceutique et Patrick Errard, président du LEEM (Les entreprises du médicament), était sur le plateau ainsi que Dominique Martin, directeur de l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Les yeux dans les yeux, face aux victimes, qu'avaient-ils à dire ? Que des procédures juridiques étaient en cours, que les médicaments soignaient plein de gens avec succès, que l'administration était parfois trop lente… Un peu court, jeune homme ! On attendait sinon un mea culpa, du moins un diagnostic sur les raisons de ces scandales à répétition et sur les dérives de l'industrie pharmaceutique ces dernières années. On attendait les mesures que la profession compte mettre en oeuvre pour éviter que se reproduisent à l'avenir de telles catastrophes. Pourquoi pas une charte éthique ? On espérait un reportage concernant les programmes des candidats à la présidentielle sur ce sujet. Rien de tout cela, hormis quelques propos lénifiants.

Ce qui était encore plus étrange, c'est que la deuxième partie du débat avait été montée. Parfois même avec des coupes franches, à la limite du sauvage. L'ensemble durait 50 minutes pour une durée annoncée de 75. On peut se demander si le plus intéressant n'était pas dans ces 25 minutes que nous ne verrons jamais...

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