Édito de Franck Arguillère

Chronique du front. Ça devient de plus en plus difficile de manger du poisson. Je veux dire en choisissant du bon, sain et durable. Et pourtant je suis amateur de poissons et de fruits de mer de toutes sortes, à foison ! J'ai même été "poissontarien" à une certaine époque de ma vie.

Il y a quelques années nous avions fait sur Vie Saine et Zen une analyse sur le meilleur choix de poissons compte tenu de leur teneur en oméga-3, de leur contamination possible par les polluants organiques persistants et de leur abondance dans les mers et les océans (Voir : Vous reprendrez bien du poisson). Nous avions obtenu un joli tableau à trois entrées qui traduisait déjà la complexité qu'il y avait à consommer du poisson. Dans le Top5 des meilleurs choix nous avions dans l'ordre : le maquereau, le hareng, l'anchois, la sardine et le saumon. Je pense que nous aurions le même résultat aujourd'hui.

Concernant le saumon, les indicateurs sont au vert sauf celui de la contamination. Il s'agit d'un poisson prédateur et, à ce titre, il contient un fort taux de métaux lourds quand il est à l'état sauvage. Alors il est logique de se rabattre sur le saumon d'élevage bio. Patatras ! Voilà qu'un test récent de "60 Millions de consommateurs" vient révéler que le saumon d'élevage bio contient plus de métaux lourds que le saumon d'élevage non bio. C'est le monde à l'envers : le bio serait-il plus pollué que le non bio ?

À y regarder de plus près c'est paradoxalement parce qu'il est bio que le saumon d'élevage est plus pollué : c'est parce qu'il mange plus de poissons et crustacés sauvages qui contiennent plus de polluants. Mais il ne faut pas s'y tromper, le saumon d'élevage non bio contient sans doute moins de métaux lourds mais il est gavé d'antibiotiques, d'hormones ou dérivés, de différents produits destinés à accélérer sa croissance et augmenter son poids. À tout prendre il semblerait qu'on soit fondé à choisir malgré tout le saumon d'élevage bio. De préférence norvégien car les norvégiens ont l'air particulièrement à cheval sur les critères environnementaux.

Pour nous rassurer on nous dit que les taux de polluants retrouvés dans les saumons sont très en dessous des seuils fixés par le législateur, dix fois en dessous pour le mercure. Euh… Je ne sais pas vous mais moi, ça me rassure moyen. On sait que les seuils sont fixés selon des critères qui ont peu à voir avec la santé humaine et l'exemple des perturbateurs endocriniens montre que ce n'est pas la dose qui fait le poison.

Il est donc vrai que l'épisode a de quoi refroidir. Cela fait plusieurs années que j'ai considérablement réduit ma consommation de poisson et je ne vais plus au-delà d'une ou deux fois par semaine. Ma consommation de saumon deviendra désormais exceptionnelle.
Manger sainement devient une bagarre quotidienne. Ceci était une chronique du front.

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