Édito de Franck Arguillère

Alternée au pas ? Après une timide journée en 1997, 2014 et 2015, voilà que nous avons vécu fin 2016 six jours de circulation alternée en Ile de France. Il faut dire que l'épisode de pollution est historique. Il concerne Paris mais aussi Grenoble, Lyon, Chambéry et le département de l'Yonne… Il se peut en outre que ça ne soit pas fini, vues les conditions météo inhabituelles pour la saison. Six jours en circulation alternée, plaques d'immatriculation paires autorisées les jours pairs, plaques impaires les jours impairs. Et pas de révolution en vue…

Avec un certain retard à l'allumage, les grands médias se sont mis à faire leur travail d'information sur les dégâts que provoque la pollution de l'air sur la santé. Cela n'a pas empêché la grogne gauloise d'être au rendez-vous avec des arguments qui font mouche, parfois. La mesure serait injuste parce qu'elle touche indistinctement les véhicules les plus et les moins polluants ? Soit. Pourquoi ne pas avoir mis un coup d'accélérateur sur la vignette, "certificat qualité de l'air", mise en place officiellement depuis le mois de juillet ?

Autre argument qui porte : la circulation alternée ferait porter la charge de manière déséquilibrée sur les automobilistes alors qu'on sait que la pollution de l'air est due à parts égales au transport, au chauffage au bois et à l'industrie. Certains, du reste, ont prétendu que l'épisode avait pour cause les émissions des centrales à charbon allemandes. En réalité il semble que ce ne soit pas le cas. On sait maintenant déterminer de manière exacte la composition des particules fines. Cet épisode-ci aurait trouvé son origine dans le transport et le chauffage au bois. De fait, la circulation alternée a été accompagnée de restriction sur les feux de cheminée et sur les brûlages des déchets verts en Ile de France. Mais qui l'a su ?

Il est certain que l'esprit civique français, souvent fragile, ne peut fonctionner que si chacun a le sentiment de porter la juste part du fardeau. Pour que les mesures sur la circulation soient acceptées par une majorité de nos concitoyens, il faudrait qu'elles soient accompagnées de mesures aussi draconiennes sur le chauffage au bois, sur la pollution industrielle et agricole. Et il faudrait le faire savoir.

Mais avant tout, on attend désespérément qu'une véritable politique soit mise en place et qu'on arrête de ne s'occuper de la pollution de l'air qu'au moment des pics !

La revue de presse

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