Édito de Franck Arguillère

Comme chaque année, en ce début 2018, je trouve intéressant de s'extraire de l'actualité catastrophiste qui a traversé 2017 : guerres, attentats et massacres, foucades sinistres de Donald Trump, ouragans aux noms paradoxalement exquis (Irma, Maria ou Ophélia) séismes en Italie ou au Mexique, inondations en Inde, au Népal ou au Bengladesh…

La civilisation humaine a gagné du terrain, parfois, en 2017. Lorsque la débâcle de Daech est devenue inexorable, au Proche-Orient, avec la chute de Mossoul et de Raqqa. Lorsque la paix a été conclue avec les FARC en Colombie. Lorsque Ratko Mladic, surnommé le "boucher des Balkans", a été condamné pour génocide et crimes contre l'humanité. Lorsque le jeu démocratique a fonctionné : en Iran avec l'élection du président modéré, Hassan Rohani, ou au Zimbabwe, avec la démission in fine de Robert Mugabe, le plus vieux chef d'état au monde, et l'élection d'Emmerson Mnangagwa.

Dans le monde des affaires, l'éthique a progressé avec la révélation des Paradise Papers, en novembre, permettant d'établir un lien entre les paradis fiscaux et de nombreuses personnalités ou multinationales. Après les Panama Papers en 2016, il est réconfortant de savoir que des journalistes indépendants veillent au grain. Il s'agit d'un consortium international de journalistes d'investigations parmi lesquels on trouve, pour la France, des membres de Mediapart ou de l'excellente émission télé Cash Investigation.

Les publications du New York Times, le 5 octobre, relayant les accusations de harcèlement sexuel à l'encontre du producteur Harvey Weinstein, ont déclenché un mouvement d'ampleur mondiale de dénonciation des violences sexuelles et sexistes ordinaires. Même si la forme en est parfois maladroite, c'est une formidable avancée pour les trop nombreuses victimes.

Bonne nouvelle pour la planète : le trou de la couche d'ozone est en train de disparaître, excellent exemple de réussite pour la coopération internationale. Et malgré la sortie officielle des États-Unis de l'accord de Paris, 1 000 entreprises et collectivités de la première puissance mondiale ont annoncé le 5 juin qu'elles poursuivront les objectifs de la COP 21.

Côté science, il y a de belles avancées… Des virus pour lutter contre d'autres virus : la phagothérapie a fait une percée en 2017, à Lyon, à l'hôpital de la Croix Rousse, où deux patients ont été traités avec succès. Par ailleurs, en attribuant le prix Nobel de médecine à l'horloge biologique, les sages de Stockholm ont légitimé les conceptions médicales traditionnelles orientales en matière de cycles circadiens. La plus grande centrale solaire flottante au monde est entrée en service en Chine le 31 mai. Elle est capable d'alimenter l'équivalent de 16 000 foyers.

En France, on a assisté bouche bée à un bouleversement politique qui a vu la distanciation de l'extrême droite et l'élimination des grands partis sclérosés, PS et LR, du second tour de l'élection majeure de notre pays. À la clé, une (légère) progression de la moralisation de la vie politique, une mise en avant de la société civile et l'arrivée à l'Élysée d'un nouveau président trentenaire, modéré, adepte du pragmatisme et de la "bienveillance".

Et puis de Simone Veil à Jean d'Ormesson en passant par Jeanne Moreau, Mireille Darc, Gisèle Casadesus, Danielle Darieux, Victor Lanoux, Claude Rich, Jean Rochefort, Robert Hirsch, Johnny Hallyday… L'incroyable défilé des disparitions de figures familières et populaires nous a permis de communier autour de leur souvenir avec souvent beaucoup d'émotion. Ces sentiments partagés font aussi nation.

Comme le rappelle Matthieu Ricard* : "La vaste majorité des relations humaines sont constructives plutôt que destructrices. Contrairement aux idées reçues, la violence n'a cessé de diminuer au fil des siècles. Au 14e siècle en Europe, on comptait 100 homicides par an pour 100 000 habitants. Aujourd'hui ce chiffre est tombé à 1. (…) Les sévices et abus infligés aux enfants ont diminué de moitié aux États-Unis durant les vingt dernières années. (…) En vingt ans le nombre des personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté est tombé de 1,5 milliard à 750 millions. C'est encore beaucoup trop, mais ce nombre est en baisse constante."

On sait que l'homo sapiens est programmé pour se mettre en alerte dès qu'il perçoit un danger alors qu'il a peu de mémoire pour les évènements heureux. Mais il est toujours possible d'aller au-delà de nos instincts et de prendre en compte l'ensemble de la réalité du monde, sans occulter sa part positive.
Que 2018 vous apporte joie, bonheur, plénitude, harmonie avec vous-même, les autres et la planète !

 

*HuffPost : En 2018, soyons altruiste, c'est ce qui peut nous sauver, nous et notre planète

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