Édito de Franck Arguillère

Mieux encadrer les prix pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur activité et pour éviter les scandales alimentaires… Les intentions des États Généraux de l'alimentation qui se sont tenus l'automne dernier étaient bonnes. Mais…

Mais rien de concret n'en est sorti et les mesures gouvernementales qui doivent suivre ne sont prévues que pour l'été. Limitation prévue des promotions, hausse du seuil de revente à perte, fixation des prix basés sur les coûts de production… Nous verrons ce qui sera décidé par l'exécutif. À ce stade rien ne garantit que le renforcement des marges des grandes surfaces qui s'en suivra passera dans l'escarcelle des paysans. Rien ne dit que les nouveaux prix ne pourront pas être contournés, par exemple par des achats à l'étranger.

En attendant, il semble que depuis le début de l'année tout ait repris comme avant. Business as usual. Les négociations bilatérales entre les producteurs et les acteurs de la grande distribution se déroulent comme si rien ne s'était passé, avec toujours la même arrogance de la part de ces derniers. Mais faut-il s'en étonner ? Le rapport de forces est dans leurs gênes. Ils ont grandi en faisant jouer les économies d'échelle et en brandissant le référencement dans leur rayons comme une arme de guerre. Ils ont gagné la bataille des prix avec la concurrence en échangeant du volume de commande contre du prix bas. Lorsqu'ils négocient avec Nestlé ou Coca Cola on peut imaginer que le dialogue est à peu près équilibré. Lorsqu'ils traitent avec les agriculteurs, ils ne font pas la différence. Parce qu'ils ne savent pas faire autrement. Tout se passe comme s'il s'agissait d'une disposition ontologique à la prédation.
Au passage, ils ont détruit les centres villes de la plupart des agglomérations françaises avec la complicité des collectivités locales. Et ils sont en passe, on l'a vu avec la récente crise du lait, de détruire purement et simplement une agriculture hexagonale sinistrée.

La grande distribution semble donner parfois des gages de bonne volonté en encourageant des filières vertueuses. Certains groupes font même des efforts louables en terme de traçabilité ou de bilan carbone. Mais il ne s'agit souvent à l'arrivée que d'opérations de communication.

Tant que les pouvoirs publics seront défaillants dans notre pays, la seule clé qui permette de renverser la vapeur, c'est nous. Ce sont les consommateurs. Mais encore faudrait-il que nous acceptions de payer ce que nous mangeons à son juste prix ! Je répète depuis longtemps que nous votons tous les jours avec notre carte de crédit. Si nous faisons nos courses chez Carrefour, Auchan et consorts, nous élisons le monde qui va avec. Un monde où notre santé est menacée par la malbouffe, où les agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur travail, où les centres-villes sont devenus des déserts. Si ce monde nous convient, tout va bien. Si ce n'est pas le cas, qu'attendons-nous pour éviter les grandes surfaces et consommer bio, local, de saison, en circuits courts ?

La revue de presse

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