Édito de Franck Arguillère

Tout s'inscrit dans Mai 68. Les questionnements actuels de notre société, nos remises en cause des modèles de comportement, de production et de consommation… Tout trouve son origine dans la date mythique.

J'aimerais néanmoins mettre en garde celles et ceux qui n'auraient pas connu cette époque contre quelques pièges usuels auxquels il faut prendre garde.
Tout d'abord Mai 68 a démarré après le mois de mai. Ne s'en tenir qu'au déroulé des évènements ferait passer à côté du phénomène. Une fois que la France a eu vécu la plus grande grève générale de son histoire et que l'activité a redémarré, une fois que les choses ont été "militairement" réglées, c'est là que tout a commencé. Dans la décennie qui suit, chaque printemps est un prétexte à faire revivre l'esprit de Mai. On assiste à un fourmillement permanent dont on prend la mesure dans les multiples fêtes et évènements culturels qui se multiplient, vitrine des innombrables comités d'action de ceci, fronts de libération de cela, et divers collectifs de vie alternative. Sous la pression constante d'une forte minorité agissante, le pays s'ouvre à la modernité, bon gré mal gré. Il faudra une quinzaine d'année pour faire disparaître les scandales les plus criants : une presse aux ordres, les femmes considérées comme des mineures, la contraception confidentielle, la guillotine encore active, les ratonnades monnaie courante, le racisme anti-jeune, la criminalisation de l'avortement, de l'homosexualité… Et c'est dans ce creuset qu'émergent les courants de pensée qui fondent aujourd'hui encore les grands thèmes de la modernité, principalement autour du féminisme et de l'écologie.

Par ailleurs, ce mouvement a été, par essence, extraordinairement multiforme. C'est pourquoi on y a trouvé le meilleur et le pire. C'est pourquoi aussi il a été si mal compris. Par exemple, la critique de l'autoritarisme s'est vite transformée chez certains en une contestation de toute autorité et de toute hiérarchie. La conséquence en a été catastrophique dans l'éducation des enfants et à l'origine du grave problème de société que nous connaissons aujourd'hui avec la généralisation des enfants-rois et la perte de repères que le phénomène entraîne.
Mais tous les secteurs de la société ont été revisités et dépoussiérés, de la psychiatrie à la justice et passant par la médecine, la culture ou l'économie. Dans le même temps, on a vu fleurir dans notre pays des pratiques encore inconnues (ou presque), du yoga à l'ostéopathie, de la méditation de pleine conscience à la psychologie positive, de la Gestalt à l'analyse transactionnelle ou à l'art-thérapie.

Aujourd'hui, que ce soit nos impatiences sur les insupportables disparités homme-femme qui subsistent encore, nos constats sur l'impossibilité à tenir une croissance économique infinie sur une planète aux ressources finies ou encore nos exigences légitimes à être traités en sujets et non en objets consommant… Tout trouve sa source dans le mouvement de Mai. Sans oublier l'esprit de gratuité et d'horizontalité qui a présidé au développement d'internet…

Alors je comprends qu'on soit agacé par les commémorations et rétrospectives diverses, par ces personnes âgées qui ont été les protagonistes de l'époque et qui s'épuisent pourtant à expliquer combien ce type de célébration est totalement contraire aux fondamentaux du mouvement. Mais que cela nous plaise ou non, tous les grands thèmes porteurs de notre époque sont issus d'une manière ou d'une autre de ce gigantesque remue-méninges.

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