Édito de Franck Arguillère

Cette polémique est stérile et contreproductive. Depuis un an, le ton a monté entre certains tenants de l'allopathie et des médecines alternatives et complémentaires (MAC). D'un côté, quelques médecins traitent leurs confrères homéopathes de charlatans, de l'autre certains porte-drapeau des MAC crient au grand complot de l'industrie pharmaceutique rebaptisée pour l'occasion "Big Pharma".

On pourrait partir de l'excellent principe que "tout ce qui est excessif est insignifiant". Mais on ne peut nier que la tribune, en mars dernier, de 124 médecins dans le journal Le Monde et les réactions qu'elle a suscitées ont fait quelques éclaboussures. Au point même que certaines universités, comme celles de Lille et d'Angers, ont décidé à la rentrée de fermer leur diplôme universitaire d'homéopathie.
Et tout le monde d'y perdre des plumes.

Le premier à y perdre, c'est le patient. Nous, patients, n'avons aucune raison de nous priver des avancées extraordinaires de la médecine moderne. Nous n'avons pas non plus à nous couper des approches non conventionnelles qui trouvent souvent des solutions quand la première cale. La science commence seulement à en démontrer les bienfaits, témoins par exemple, les récentes études sur l'efficacité de l'hypnose ou de la méditation. C'est nous, patients, qui choisissons nos thérapeutes. Ce choix n'a pas à être restreint ni dicté par quiconque.

Les différentes approches de la médecine sont également perdantes. Les assauts d'injures laissent des traces profondes auprès du public. D'un côté, ils sèment le doute sur les traitements homéopathiques et les compléments alimentaires, pourtant autorisés en France et parfois même remboursés par la Sécurité Sociale. De l'autre, ils renforcent la perte de confiance dans l'allopathie, déjà bien installée dans l'opinion à la suite des dénis et controverses face aux maladies émergentes (Lyme, électro-hypersensibilité…) ainsi que des scandales sanitaires à répétition (Distillbène, Mediator, Vioxx, Isoméride, Dépakine, Lariam, Levothyrox…). Or, qu'on soit thérapeute d'un bord ou de l'autre, la confiance est un paramètre fondamental dans la relation avec le patient. C'est même une des conditions sine qua non de l'efficacité d'une pratique.

Répétons ce que nous disons depuis plus de dix ans dans ce webzine : aujourd'hui le citoyen entend avoir recours à une médecine intégrative où les professionnels de santé de disciplines différentes travaillent ensemble, en équipe, dans l'intérêt de la guérison du patient.
Dans ce cadre, on a autant besoin de l'allopathe que de l'homéopathe ou de l'acupuncteur. On n'a pas à exclure l'un ou l'autre. Et l'on n'a pas à subir des bagarres corporatistes d'un autre âge.

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