Édito de Franck Arguillère

"Iatrogène", vous avez dit "iatrogène" ? Le mot fait partie du jargon que les sachants ont inventé pour éviter d'être compris du vulgum pecus et faire sentir ainsi au roturier la supériorité de leur grade universitaire. "Iatrogène" se dit d'une maladie ou d'un trouble provoqué par le médecin, le traitement ou l'acte médical. Quand le remède est pire que le mal… Dans cette crise du Covid-19, l'effet iatrogène de certains médicaments a été évoqué clairement par les autorités : il est reconnu qu'Ibuprofène (Advil, Nurofen…), Diclofénac (Voltarene) et aspirine sont susceptibles d'aggraver les symptômes. Le paracétamol recommandé par certains est déconseillé par d'autres qui considèrent que faire baisser la fièvre artificiellement avec un médicament, serait dangereux (voir : Urgent coronavirus : le geste à ne surtout PAS faire). Certains commentateurs évoquent également l'effet iatrogène des séjours hospitaliers et vont jusqu'à émettre l'idée que la concentration de malades du Covid-19 dans les hôpitaux de Wuhan n'est pas pour rien dans la large propagation de la maladie.

Il semblerait que certaines mesures d'urgence prises par nos autorités révèlent aussi à l'usage leurs effets iatrogènes. La fermeture des marchés en plein air en est un exemple parfait. Elle pose des problèmes de survie aux producteurs locaux qu'il convient d'encourager et jette les consommateurs dans les bras de la grande distribution qui, avec la malbouffe, contribue à la gravité des symptômes (voir : L'alimentation, mesure barrière contre le Covid-19). Autre exemple : la limitation du jogging à certains horaires provoque sur ces créneaux les regroupements plus massifs qu'on cherchait à éviter.

L'invraisemblable saturation d'un service hospitalier à bout de souffle après démolition consciencieuse par les différents gouvernements qui se sont succédés depuis une vingtaine d'années, a largement justifié la stratégie de confinement adoptée au départ par les autorités. Mais il faudra bientôt faire un bilan et se poser aussi la question des effets iatrogènes : dégâts psychologiques, conflits conjugaux et familiaux, violences domestiques, ravages de la solitude, hausse de la sédentarité, faillites, chômage, effondrement des revenus… Sans parler de l'abolition des libertés fondamentales de nous réunir et de nous déplacer. Par ailleurs le confinement retarde l'exposition au virus et donc l'acquisition de l'immunité. Il n'est pas impossible que le remède soit aujourd'hui pire que le mal. Iatrogène.

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