Édito de Franck Arguillère

Il y a quelques sérieux motifs d'inquiétude, en France, en cette rentrée 2020. S'agit-il de la reprise de l'épidémie de Covid-19 ? Au vu des chiffres, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, malgré le ton catastrophiste adopté par les grands médias. Les anciens indicateurs du mois de mai ont été abandonnés en rase campagne et l'on nous livre en pâture quotidiennement depuis le mois d'août le "nombre de contaminés". Pourquoi ce changement ? Pas d'explication. Toujours est-il que ce nombre augmenterait de "manière exponentielle" ! Il semblerait que nos autorités ont un souvenir brumeux de ce qu'est une courbe exponentielle. Si cette courbe de chiffres l'était, exponentielle, nous devrions déjà atteindre les quelques millions de contaminés par jour ! Le seul motif d'inquiétude de ce côté est donc seulement, chez les journalistes, la baisse inquiétante des connaissances en mathématiques (on aborde les exponentielles en 1ère au lycée).

Les tests PCR ont été mis en place tardivement et, au fur et à mesure de leur mise en place, de nouvelles données apparaissent. Les scientifiques expliquent qu'ils génèrent environ 3 % de faux positifs. Soit 3 000 personnes testées positives à tort sur 1 million de personnes par jour, ce qui nuance fortement le chiffre annoncé quotidiennement. Par ailleurs cet indicateur des "nouveaux cas recensés" ne dit rien de la gravité de la maladie et il semblerait que ce soit les formes bénignes qui prédominent largement aujourd'hui. De toutes façons, il est absurde de faire la publicité d'un nombre de contaminés, en valeur absolue, sans contextualiser. Le seul chiffre pertinent est le taux de positivité : le nombre de cas positif rapporté au nombre de tests. Or ce taux de positivité n'augmente que très doucement.

Difficile de comprendre comment une reprise réelle mais modeste de l'épidémie peut justifier des mesures aussi drastiques que le port du masque obligatoire dans la rue. D'autant que de nombreux experts expliquent clairement sur les chaînes d'info que le port du masque en extérieur ne sert strictement à rien.
Par ma part, je n'ai rien contre le port du masque. Je trouve même, à l'instar des asiatiques, qu'en période d'épidémie c'est une courtoisie de le porter lorsqu'on est atteint par un virus et l'on peut être aujourd'hui porteur du SARS-CoV-2 et asymptomatique.
Le problème, c'est que les revirements incessants des autorités créent aujourd'hui dans le pays un climat délétère. On ajoute à nos nombreuses fractures, après la guéguerre des pro et des anti-Raoult, celle des pro et des anti-masque. On avait, hier, fait la distinction entre ceux qui avaient des jobs "essentiels" et les autres. On a souvent, depuis, montré du doigt les "comportements irresponsables" de celles et ceux qui participent à des festivités collectives. A-t-on besoin de cela ?

Mais il y a un autre motif d'inquiétude encore plus sérieux. Il a été identifié dès le mois d'avril par un collectif de juristes et d'universitaires qui ont publié une tribune dans Libération : L'urgence des libertés. Selon eux, se pose aujourd'hui la question de la réduction des libertés fondamentales et de la prééminence de la sécurité par rapport à ces libertés. Ils trouvent très préoccupant de voir se profiler une sorte d'État parallèle sous la domination d'un conseil scientifique sorti du chapeau et nommé par le président de la République. Il existe en France des institutions censées gérer ce genre de crise, Santé Publique France, la HAS (Haute Autorité de Santé), le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique), pourquoi ne pas avoir fait appel à l'une d'entre elles ?
Anne Levade, professeur de droit public, n'a pas hésité à déclarer que l'état d'urgence sanitaire était un "habillage juridique pour un régime d'exception non nécessaire" et que "la santé, le droit à la vie, n'a pas vocation à écraser nos droits et libertés".

Une députée, ex-LREM, va plus loin. Martine Wonner considère que "c'est la démocratie qui est malade du Covid". Elle parle d'un "mensonge d'État", considère que l'on "infantilise" la population et qu'on la "terrorise". Elle affirme que "tout ce que nous vivons aujourd'hui est illicite en matière de privation de liberté".

Le dernier motif d'inquiétude est que la situation actuelle semble être acceptée par une majorité de Français. Pour l'instant.
Il se peut néanmoins que les réveils soient difficiles à l'échéance des élections présidentielles.

Pour ma part, je conclurai comme l'humoriste Alex Vizorek, dans sa chronique de rentrée sur France-Inter : "je n'ai aucune connaissance en virologie, en revanche en absurdie j'ai Bac+12, donc l'absurdité quand elle est dans l'air, je la repère". 

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