Édito de Franck Arguillère

Franck ArguillèreY'aurait-il une accélération dans la prise de conscience des dégâts causés par les pesticides sur la santé et sur l'environnement ? Deux événements qui viennent de se produire et dont la concomitance est un hasard en sont peut-être le signe.

Pour la première fois en France la justice a reconnu la responsabilité d'un fabricant d'herbicide dans l'intoxication d'un agriculteur.
En ouvrant la cuve d'un pulvérisateur, en 2004, Paul François avait reçu en plein visage des vapeurs de Lasso, un désherbant produit par Monsanto. Il était tombé dans le coma et frappé d'amnésie. Il avait eu ensuite des séquelles très invalidantes l'obligeant à interrompre son activité pendant près d'un an. Aujourd'hui, il est toujours sujet à des maux de tête et des fatigues chroniques et ne travaille plus qu'à mi-temps. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté.
La dangerosité de l'herbicide avait été établie dès les années 1980 et le Lasso interdit au Canada, en Belgique et au Royaume-Uni. Il a fallu attendre 2007 pour qu'il soit retiré du marché français.

On l'attendait depuis dix ans, la réglementation européenne sur les vins bio vient d'être adoptée ! Jusqu'à maintenant seul le raisin pouvait avoir le label. Aujourd'hui la vinification est enfin prise en compte.
Dans le compromis nécessaire pour répondre aux spécificités des différents pays européens, il y a quelques points positifs : les seuils de sulfites sont fixés à un niveau relativement bas (100 mg/l pour le vin rouge contre 150 mg/l en conventionnel) et les intrants doivent faire partie d'une liste bien définie. Quelques points négatifs : les copeaux ne sont pas interdits et les levures exogènes non OGM sont autorisées alors qu'on considère généralement en France que celles qui sont contenues dans le fruit (endogènes) suffisent amplement. Mais maintenant que le cadre européen est fixé, rien n'empêche de créer des labels plus stricts au niveau national.

Dans les deux cas, les gagnants sont les consommateurs et les agriculteurs. Les premiers vont pouvoir avec le label "vin bio" orienter plus facilement leurs achats vers des produits bénéfiques pour leur santé. Les conversions en viticulture bio ont des chances de s'accélérer, ce qui est une bonne nouvelle pour la santé des seconds… Qui vont par ailleurs se sentir enfin fondés à demander des comptes aux firmes phytosanitaires grâce au procès gagné par Paul François.

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