Édito de Franck Arguillère

Franck ArguillèreNous sommes sans doute à l'aube d'une révolution dans notre compréhension du métabolisme humain.
Ces quatre dernières années des chercheurs sont allés fouiller dans notre système digestif parmi les 100 000 milliards de bactéries qui constituent notre flore intestinale et dont on ne connaissait que 20 à 30 %. Ils ont analysé nos selles avec une nouvelle méthode dite "métagénomique", qui permet d'étudier les microbes directement dans leur environnement sans passer par la case "culture en laboratoire".
Résultat : ils ont trouvé trois groupes de populations bactériennes, trois "entérotypes" bien distincts.
Surprise : les différences entre ces groupes sont d'environ 50 %, là où les caractéristiques génétiques humaines ne diffèrent que de 0,1 %.
C'est donc acquis aujourd'hui : de la même manière que nous appartenons à un groupe sanguin, nous appartenons à un entérotype : "bactéroïdes", "prevotella" ou "ruminococcus". Pas très sexy. Si les scientifiques gardent ces dénominations, ça va être difficile. En comparaison les A, B, AB ou O des groupes sanguins, on pouvait mémoriser. Là, il va falloir améliorer.
Un congrès va clore au mois de mars les travaux de ce programme de recherche, nommé MetaHit (Metagenomics of the Human Intestinal Tract) et coordonné par l'INRA, dont les résultats ont déjà été publiés dans la revue scientifique Nature.

Il va falloir penser maintenant différemment dans plusieurs domaines.
1) On va peut-être pouvoir détecter les signes avant-coureurs de certaines maladies chroniques en analysant le microbiote intestinal, son évolution et ses éventuelles perturbations ; dans ce dernier cas une intervention directe sur la flore pourrait permettre de rétablir l'équilibre.
2) Y'aurait-il un régime alimentaire idéal différent associé à chaque entérotype ? Cela, au passage, pourrait envoyer aux oubliettes toutes les recommandations généralistes des régimes X ou Y et même du PNNS (Programme National Nutrition Santé).
3) On pourrait enfin comprendre pourquoi les médicaments ne suscitent pas les mêmes réponses selon les individus et envisager de personnaliser les traitements.

Dans tous ces domaines on en est au stade des conjectures et les recherches doivent être poursuivies. Dans quelles directions ? La question du financement intervient ici dans toute sa force. On voit bien la différence qu'il peut y avoir entre l'objectif d'une entreprise agro-alimentaire qui chercherait à justifier les allégations santé de son yaourt et celui de l'Etat censé prendre en compte les enjeux de santé publique.

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