Édito de Franck Arguillère

On entendait encore il y a peu quelques génies de la prospective nous expliquer que le bio était une mode passagère. Comme celle de l'environnement. Vous vous souvenez : "l'environnement ça va bien maintenant !". Seulement voilà ! La réalité n'est pas toujours docile ! Non seulement le bio ne connaît pas la crise mais il se renforce et a connu en 2014 une croissance à deux chiffres (10 %, selon les dernières données de l'Agence Bio !). Une performance à faire suffoquer de bonheur les économistes de tous poils ! La part de marché est modeste, 2,6 % de l'alimentaire en France, mais ce sont maintenant 6 français sur 10 qui consomment bio régulièrement. Avec les consommateurs occasionnels on est à 9 sur 10. Seuls 12 % étaient réfractaires en 2014. Ils étaient 25 % en 2013. Le quarteron de sceptiques se réduit comme une peau de chagrin. Preuve que, crise ou pas crise, la demande d'authenticité et de naturalité se généralise.
On pourrait continuer la liste : tous les voyants du bio sont au vert… Sauf dans la restauration. Ce serait, selon Elisabeth Mercier, directrice de L'Agence Bio, le seul secteur ayant marqué le pas en 2014.

Il se trouve que la consommation alimentaire hors domicile, qui couvre tous les types de restauration, a connu un chiffre d'affaires en baisse en 2014 (voir : Restauration : le marché en baisse en 2014, 2015 s'annonce difficile). Il y a une logique simple : c'est la crise, les consommateurs préfèrent manger chez eux ou apporter une lunch-box au bureau. Conséquence : la fréquentation des restaurants baisse, les restaurateurs ont tendance à réduire leurs coûts et proposer moins de produits de qualité.
Mais les choses sont plus subtiles si l'on étudie les chiffres attentivement : les professionnels qui n'ont pas suivi l'attente de qualité des consommateurs, notamment dans le "fait maison", ont vu leur chiffres d'affaires baisser sensiblement alors que ceux qui ont su s'adapter ont bénéficié d'une légère croissance.
Conclusion : c'est justement parce que nous sommes en crise qu'il est encore plus urgent de proposer du bio dans les restaurants.

Comment peut-on imaginer que les consommateurs massivement prêts pour une offre de meilleure qualité avec le bio ne vont pas se détourner de la minuscule proposition des restaurants qu'ils fréquentent ? Cela est vrai aussi bien pour les cantines scolaires (87 % des parents veulent du bio à l'école) que pour les cantines d'entreprise ou les restaurants commerciaux. Du bio ! C'est ce que les consommateurs attendent. Il est plus que temps. Il faudrait se réveiller.

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