Édito de Franck Arguillère

C'est une bonne nouvelle qui est passée relativement inaperçue : pour la première fois depuis 40 ans, il n'y a pas eu en 2014 de corrélation entre croissance économique et émissions de gaz à effet de serre. Les rejets de CO2 sont restés stationnaires avec pourtant un PIB mondial en augmentation de 3 %. Il est donc aujourd'hui prouvé que réduire les émissions ne nous condamne pas à être décroissants. Cela permet d'espérer que les gouvernements et tous ceux qui adhèrent à la religion de la croissance seront plus enclins à œuvrer ensemble pour combattre le changement climatique, notamment dans le cadre de la prochaine conférence mondiale en décembre à Paris.

Les experts affichent un optimisme raisonné, pour l'instant, quant à l'issue de cette COP21 : il y aura un accord, très probablement. Est-ce que cet accord sera juridiquement contraignant et permettra d'atteindre le fameux objectif de limitation à 2°C de l'augmentation de la température par rapport au niveau de 1990 ? Probablement pas. Est-ce que c'est très grave ? Pas forcément.
Les spécialistes de la géopolitiques nous le répètent à l'envi : il n'existe pas de gouvernance mondiale. Derrière l'utopie, la réalité est incontournable : dans les instances internationales, les gouvernements ne font que défendre leurs intérêts. C'est aussi vrai pour ce qui concerne le climat : hier à Kyoto, Lima ou Copenhague, demain à Paris, les États viennent, les uns pour obtenir des aides, les autres pour promouvoir leurs industries nationales et tous pour faire de la comm' auprès de leur opinion publique. C'est une occasion pour les responsables de redorer leur blason et d'essayer de regagner de l'influence sur les intérêts économiques multinationaux. Si cela contribue à réhabiliter le politique, ce n'est déjà pas si mal. Il est nécessaire que ces conférences continuent d'exister mais elles ne sont pas suffisantes.

L'essentiel se passe ailleurs, localement. Là où, malheureusement, les urgences existent : catastrophes naturelles à répétition, désertification, afflux de réfugiés climatiques débouchant sur des guerres civiles et le développement du terrorisme. Mais cela ne concerne pas seulement le climat. Dans nos mégalopoles, de Pékin à Chicago en passant par Paris, Londres et Mexico, l'urgence est la présence massive de poisons dans nos assiettes et dans l'air que nous respirons. Dans tous les cas, c'est une question de vie ou de mort.

L'efficacité de la réponse ne relève pas de l'habileté à la négociation de quelques diplomates ou technocrates onusiens mais de la grande capacité d'adaptation de la société civile. Les initiatives se multiplient sur le terrain. Des solutions sont en expérimentation dans les entreprises, les associations, les territoires. Elles dépendent de nos choix de consommation, de nos choix de vie mais aussi des pesanteurs de nos sociétés.
Si nous devons nous diriger vers un modèle de "sobriété heureuse", ce ne sera pas sous l'impulsion d'une autorité supérieure, aussi mondiale soit elle. Le mouvement est inverse : poussés par l'urgence, nous imposerons à nos dirigeants les mesures de bon sens que nous aurons déjà mises en œuvre.

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