Acheter bio en vrac

Le vrac, c'est tendance ! Mais est-on sûr que la démarche est vraiment écolo, que les produits sont toujours moins chers, toujours bio et qu'on va trouver tout ce qu'on cherche ?

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Avant les sixties, nos parents achetaient tout en vrac. Mais voilà ! Avec l'essor inexorable des grandes surfaces en libre service, les produits ont été préemballés voire suremballés : le biscuit dans la barquette, dans un sachet transparent, dans une boîte en carton ! Aujourd'hui, retour à la case départ : le vrac est tendance ! Pour limiter le volume des déchets, éviter le gaspillage alimentaire et payer moins cher, il est en effet logique d'acheter uniquement la quantité dont on a besoin dans un emballage simple, écolo, de préférence réutilisable. Est-ce qu'on a raison ?

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Les produits en vrac

Fruits et légumes, fruits secs (amandes, noisettes, noix, abricot, raisin…), épicerie salée (légumes secs, pâtes, céréales, épices, condiments, amuse-gueule pour l'apéritif, mélanges divers…) et sucrée (produits pour le petit-déjeuner ou la pâtisserie, biscuits, confiserie…), plantes aromatiques, tisanes, thé, café…

"À Biocoop, nous travaillons également sur le vrac liquide en épicerie. Nous sommes en train d'avancer sur les huiles, le vin, le miel", se réjouit Benoît Roger.

Proche de la vente en vrac et dans la même logique d'éviter le suremballage : la vente à la coupe de pain, fromage et charcuterie.

En non-alimentaire, la palette est plus réduite mais on peut trouver du liquide vaisselle, de la lessive ou du liquide multi-usages.

Moins cher
Le vrac est-il toujours moins cher ? Cela ne va pas de soi dans tous les cas. "Pour les produits transformés, tous les fournisseurs ne sont pas équipés pour nous proposer des produits vrac", explique Benoît Roger, chef de marché épicerie liquide à Biocoop. "Dans certains cas, cela peut paraître paradoxal mais ça leur coûte moins cher de proposer des produits conditionnés. Parce qu'ils ont des chaînes automatisées et qu'il faut faire des opérations manuelles pour sortir du vrac."

Néanmoins, à l'arrivée, pour le consommateur, les produits sont 10 à 45 % moins chers, selon une étude de l'ADEME*. Sauf exception, on a donc raison d'acheter en vrac pour faire des économies. D'autant qu'on ne prend que la quantité souhaitée !

Moins d'impact sur la planète ?
Peut-on mesurer les économies d'émission de gaz à effet de serre dues à la vente en vrac ? Dans ce domaine les choses sont moins nettes car, selon la même étude, il n'existe pas de données objectives mesurant l'impact environnemental global sur toute la chaîne : du producteur au consommateur en passant par la logistique et les pertes générées en magasin.

En tout cas pour le consommateur c'est à coup sûr une bonne manière de réduire le volume de ses déchets, surtout si l'on arrive au magasin avec ses propres contenants.

Pour les magasins : du boulot en plus
Dans un rayon vrac, le vendeur ne doit pas être loin : donner des infos qui figurent habituellement sur l'emballage, comme les modes et temps de cuisson, aider à actionner les distributeurs, ramasser les produits tombés sur le sol… C'est compliqué pour les grandes surfaces qui ont peu de personnel. C'est parfait quand le point de vente mise sur le conseil et la relation-client.

Par ailleurs un soin spécifique doit être apporté à la sécurité sanitaire.
"Le rayon vrac nécessite une attention particulière", confirme Benoît Roger. "Il faut être vigilant sur la gestion des produits, adapter le type de conditionnement qui sert à remplir les silos pour garantir une bonne conservation. Il y a une hygiène du rayon vrac avec un processus de nettoyage des bacs."

Un comportement d'écocitoyen
Le consommateur également doit avoir la "vrac-attitude" ! L'idéal est d'apporter ses propres contenants : cabas, sacs en tissu, bocaux ou bouteille en verre… Ensuite il doit faire preuve d'un peu de doigté pour se servir et éviter d'en mettre partout. C'est qu'il a été mal habitué avec le libre service où il suffit de prendre les produits en rayon et de les jeter au fond du caddy…

Il faudrait aussi qu'il évite les incivilités. "C'est l'enfant que les parents ne regardent pas et qui pioche dans les bacs, ce sont les gens qui, dans le sac, ont disposé des flocons d'avoine au-dessus des abricots secs…", regrette Benoît Roger. Dans certains cas, on n'est plus dans la négligence mais dans le larcin.

Une gamme large mais limitée
La gamme de produits concernés est étendue (voir encadré). Mais on ne peut pas tout acheter en vrac. Certains produits ne s'y prêtent pas.
"Aujourd'hui il y a des produits qu'on ne peut pas proposer en vrac pour des raisons de fragilité et de tenue dans le temps qui nécessitent de limiter l'oxydation avec un emballage. Il y a aussi des questions de conservation d'ordre bactériologique ou microbienne. C'est le cas du jus par exemple. On n'a pas encore résolu la question."

Idéal pour les recettes
Faire une recette en dosant les ingrédients au gramme prêt, c'est facile quand on choisit ses produits en vrac. C'est pourquoi beaucoup de magasins spécialisés ont une gamme assez large, par exemple, dans le domaine pâtissier.

Se préoccuper de la provenance des produits
Attention ! Produits en vrac ne veut pas dire qu'ils soient bio. Il faut être attentif à leur certification et leur provenance : privilégier l'origine France et le local quand c'est possible ou le commerce équitable, par exemple dans le cas du thé ou du café.

Où acheter en vrac ?
Les plus anciens dans la partie sont les magasins bio "historiques" qui, pour la plupart, proposaient un rayon vrac dès leur création.
Depuis quelques années la formule se répand, même dans la grande distribution : Auchan propose un rayon "self discount" dans une quarantaine d'hypermarchés.

Le mot d'ordre aujourd'hui est le 100 % vrac. Il n'existe à cette heure qu'une dizaine de points de vente de ce type en France. C'est le cas, par exemple, de Day by Day, un réseau de quelques petites épiceries qui s'est créé il y a deux ans, mais dans lequel seulement un quart des produits sont bio. 
Plus de 100 projets supplémentaires devraient voir le jour d’ici fin 2016 et le double d’ici 2018, selon le Réseau Vrac.
Une initiative pilote 100 % bio, 100 % vrac, a été développée par Biocoop dans le 10e arrondissement de Paris à l'occasion de la COP21. Devant le succès, l'expérience a été prolongée de deux mois mais le réseau n'est pas encore sûr de pérenniser le point de vente.

 

*La vente en vrac, Étude l'ADEME Novembre 2012

Sources complémentaires :
Terra Eco : Comment donner du poids à la vente en vrac
Le Monde : La vente en vrac séduit les consommateurs


                

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