Acteurs du développement durable – Profession : responsable de l'approvisionnement international (suite)

Et les audits de suivi ?
CR : Pour les audits de suivi, c'est nous qui intervenons sur neuf chapitres qui correspondent aux droits fondamentaux : l'absence de travail des enfants, de travail forcé, de discrimination de toutes natures, les rémunérations, les horaires de travail, la liberté syndicale, les conditions d'hygiène et de sécurité… À l'intérieur de ces chapitres, nous attribuons des notes de progression… ou de régression. Certaines notes peuvent devenir éliminatoires si une violation manifeste des droits de l'homme est constatée au moment de l'audit, et que le manager de l'usine ne veut rien entendre sur une possibilité de faire progresser les choses.

Est-ce que ça vous est arrivé d'éliminer des fournisseurs au terme de cette procédure ?
CR : Oui, ça m'est arrivé à trois ou quatre reprises. Une fois, nous avons éliminé une usine qui avait refusé l'accès aux auditeurs. Une autre fois, un manager nous a répondu qu'on ne représentait pas un volume suffisamment important pour qu'il prenne en compte nos demandes. Et il est arrivé d'avoir chez certains responsables d'entreprises des comportements violents qui mettent en péril la sécurité de nos auditeurs.

Combien d'audits faites-vous ?
CR : En six ans, nous avons réalisé 346 audits. 50 sont prévus en 2008.

Quel est l'impact de vos choix sur la rentabilité de l'entreprise, à court, moyen, long terme ?
CR : À chaque fois que j'ai mis en place un projet avec un plus au niveau du développement durable, j'ai réussi à démontrer que c'était également un plus au niveau de la rentabilité de l'entreprise.

Par exemple avec le fluvial on a fait une économie de 4 % sur notre facture de transports. C'est le cas idéal : on fait une économie, on respecte davantage l'environnement sans dégrader les plannings de vente des produits.

Pour le cas du ferroviaire, le dispositif mis en place coûte pour l'instant 20 % plus cher mais à moyen et long terme, on aura un retour sur investissement. 
C'est un exemple qui montre que, même si les coûts sont plus importants mais que ça fait du sens dans une démarche de développement durable, la Direction Générale est prête à nous suivre.

Un autre exemple : dans les années 90 où les produits bio prenaient la poussière sur nos rayons, nous avons maintenu le cap car nous étions persuadés que les consommateurs y viendraient, ce qui est le cas aujourd'hui.

Pensez-vous que dans la grande distribution, cette approche de développement durable est en train de se généraliser ?
CR : Il y a maintenant une vraie prise de conscience de la part des différents acteurs, industriels, prestataires, distributeurs… pour essayer de faire mieux que ce qu'on faisait dans le passé. Mais il est certain que le degré de maturité peut varier d'une entreprise à une autre.

Monoprix fait partie d'un groupe de travail, "Intitative Clause Sociale" (ICS), hébergé par la Fédération des enseignes du Commerce et de la Distribution (FCD). Nous sommes actuellement 14 enseignes dans ce groupe dont l'objectif est d'inciter les fournisseurs mondiaux à respecter les principes universels des Droits de l'Homme ainsi que la réglementation sociale locale.
Nous essayons de mettre en place des outils communs, notamment un questionnaire d'audit qui est un document permettant de mieux connaître les entreprises. Nous échangeons également des informations sur les résultats de ces audits et les éventuelles actions correctives qui ont été mises en oeuvre.

Y'aura-t-il dans un avenir proche des créations d'emplois spécifiques au développement durable ?
CR : Oui. Par exemple dans le domaine de l'audit ou des transports utilisant des énergies renouvelables, il y a toute une série d'emplois qui n'existaient pas dans le passé et qui vont émerger.

Est-ce qu'il existe en France dans votre métier des formations qui intègrent toutes les dimensions du développement durable ?
CR : Pour l'instant il n'existe pas de formation qui soit à la fois import-export, environnemental et social. Dans les entreprises, la fonction est remplie par deux ou trois personnes qui ont chacune une expertise dans un seul domaine. Et si cette entreprise est dans la démarche du développement durable, elle va faciliter la transversalité entre les différents acteurs.

Qu'est-ce que vous pourriez dire à des responsables d'entreprise qui ne sont pas encore dans cette démarche ?
CR : Le développement durable c'est du bon sens avant tout ! Et on peut mettre en pratique des choses simples sans forcément s'engager immédiatement dans une démarche de grande ampleur.


                

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