Acteurs du développement durable - Profession : architecte

S'il y a un domaine où l'on peut mettre en pratique une démarche de développement durable c'est bien le bâtiment. Économies d'énergie, choix de matériaux écologiques, de nombreux architectes se sont tournés vers l'éco-construction. Nous avons rencontré Mathieu Janand…

Vie saine et zen - Acteurs du développement durable - Profession : architecte

Mathieu Janand a monté avec son associé Romain Delahousse un cabinet indépendant en août 2007. Il nous raconte comment deux jeunes architectes envisagent aujourd'hui leur métier et leur engagement en matière d'éco-consctruction.

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En quoi consiste votre métier ?

Mathieu Janand : Architecte, c'est un métier de chef d'orchestre : il faut avoir une inspiration et ensuite il faut orchestrer tous les gens qui sont autour : l'entreprise, les ingénieurs, le client pour que ça se mette bien en musique et que le projet sorte tel qu'il a été pensé.

En quoi êtes-vous des acteurs du développement durable ?

MJ : En matière d'éco-construction, nous sommes souvent prescripteur. C'est nous qui proposons des solutions écologiques : économie d'énergie, récupération des eaux de pluie, choix de matériaux écologiques… Il y a mille choses possibles dans le bâtiment. Nous avons une vraie responsabilité à ce niveau-là.

Sur quels types de projets travaillez-vous ?

MJ : En tant que jeunes architectes, nous avons fait beaucoup de réhabilitations d'appartements, d'extensions de maison, des rénovations diverses et variés, des projets d'aménagement intérieur et de design. 
Et aujourd'hui on essaie d'aller vers des commandes publiques, des projets de plus grandes envergures voire d'urbanisme.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

MJ : Nous sommes actuellement sur un projet de rénovation d'une ancienne galerie marchande des années 70, à Choisy-le-Roi. Il s'agit de la réhabilitation et de la surélévation du futur siège social de l'EPA ORSA (Etablissement Public d'Aménagement Orly-Rungis-Seine Amont). C'est un bâtiment basse consommation, "BBC", une certification qui fixe des normes de consommation énergétique annuelle à ne pas dépasser.

Et vous disiez vouloir aller vers des projets d'urbanisme…
MJ : Nous avons reçu un prix il y a un an pour l'étude de faisabilité d'un écoquartier dans une petite ville près de Genève. Nous avons apporté un cahier des charges prenant en compte la mixité sociale ainsi que la question de la circulation et du stationnement pour éviter l'invasion de l'automobile.

En matière d'éco-construction est-ce que vous avez beaucoup de demandes de particuliers ?

MJ : Il y a un peu une schizophrénie dans la clientèle privée : les gens ont envie d'y aller mais ils n'ont pas le budget. L'éco-construction ça coûte de 15 à 25 % plus cher qu'une construction classique…

L'argument de l'amortissement ne joue pas ?

MJ : Une chaudière bois par exemple ça s'amortit sur 7 ans, mais l'investissement de départ est plus important. Et les gens font leur projet dans le présent, ils ne rentrent pas forcément dans un calcul d'amortissement comme le font les entreprises.

Y'a-t-il plus de demandes de la part des entreprises ?

MJ : Oui, parce qu'elles véhiculent une image auprès des consommateurs, et si elles n'entrent pas dans une démarche écologique elles risquent d'être sanctionnées.

Et les pouvoirs publics ?
MJ : À ce niveau, il y a une volonté d'exemplarité, d'incitation à la préservation de l'environnement. Sur notre projet de Choisy-le-Roi, notre client est un aménageur du territoire de tout le quart sud-est de Paris, il se doit donc d'être exemplaire. Ce qui est le cas au niveau du bilan énergétique mais ce qui ne veut pas dire que les matériaux utilisés soient des produits écologiques. Il est très difficile aujourd'hui de faire un projet écologique du début à la fin, mais nous tendons vers cela.

Quelle est votre formation ?
MJ : Nous avons fait une formation classique d'architecte et après nous nous sommes "autoformés". 
Il y a huit ans il n'existait pas de spécialisation mais maintenant je pense que ça existe, notamment au niveau des troisièmes cycles.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut démarrer dans ce métier ?

MJ : Travailler un peu en agence avant de se lancer et de monter son propre cabinet. Cela permet de se faire la main, d'apprendre ce que c'est de gérer un projet avec tous ses aléas. Après, il ne faut pas non plus attendre trop longtemps !
Par ailleurs il est essentiel d'être curieux, d'aller voir ce qui se fait ailleurs. Dans le domaine de l'éco-construction, en France, nous ne sommes pas pionniers. Il faut aller voir en Allemagne, en Suisse…

15 à 25 %

le surcoût
d'un logement
"éco-construit"



Mathieu Janand

25 %

des gaz à effet de serre
sont générés en France
par le secteur du bâtiment




                

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