Acteurs du développement durable - Profession : producteur de plantes médicinales

Cultiver des plantes médicinales, les intégrer dans des boissons plaisir et des médicaments homéopathiques originaux, faire de tout cela une entreprise qui marche… Marie d'Hennezel répond à nos questions.

Viesaineetzen.com - Acteurs du développement durable - Profession : producteur d

Au bout d'un petit tortillon de route, un grand parc dans la montagne cévenole jalonné de cultures en petites terrasses. C'est le domaine de Mazet. Il suffit de suivre la flèche et voilà qu'on marche au milieu de la verveine, de la sauge et du cassis, de la menthe verte et poivrée, de la vigne rouge et de la reine des prés en serpentant sous les châtaigniers, les acacias et les tilleuls !

Publicité

Puis c'est le repos sur une terrasse ombragée autour d'une "Tis'up", délicieuse boisson à base de tisane et jus de fruit concoctée par Marie d'Hennezel, la maîtresse des lieux. C'est elle qui a conçu l'endroit et en a fait une entreprise à part entière…

Comment l'idée vous est-elle venue de mettre en place cette activité ?
Marie d'Hennezel : Ce parc était au départ notre maison de vacances. L'endroit est privilégié et je souhaitais qu'il devienne utile pour les autres. La région n'a jamais eu beaucoup d'industries ni de cultures intensives. Le parc n'est donc pas pollué. Il présente une pureté qu'on ne trouve pas ailleurs et une plante médicinale destinée à l'homme doit être pure ! Beaucoup de problèmes de santé sont dus aux problèmes environnementaux, on commence à en parler depuis quelques années.

La problématique environnementale est donc au cœur de votre projet ?
MdH : Oui, dès le début. Nous faisons un travail très soigné, comme pour un jardin potager. Beaucoup de choses se font à la main… On a aussi la volonté de faire cohabiter plusieurs cultures différentes sur des surfaces assez réduites. Dès le début nous avions onze variétés. On aurait pu ne produire que de la verveine par exemple, c'est simple à faire. Mais vous n'avez plus la même biodiversité, vous faites de la monoculture.
Nous faisons aussi des récoltes en sauvage : thym, romarin, bruyère, tilleul, sureau, bourse à pasteur, pissenlit…

Avez-vous tout de suite pensé aux plantes médicinales ?
MdH : Non, j'ai réfléchi longtemps. J'ai d'abord pensé aux fruits et aux légumes mais à l'époque on les jetait dans les rivières parce qu'il y avait des surplus. Alors en 1994 je me suis décidée pour les plantes médicinales.

Aviez-vous une formation dans ce domaine ?
MdH : Pas du tout. J'ai fait à l'École du Louvre des études pour être conservateur de musée et en parallèle une maîtrise d'histoire de l'art et une licence de lettres modernes. Mais la profession de conservateur ne me correspondait pas vraiment. Alors j'ai travaillé pendant cinq ans comme conceptrice-rédactrice dans la communication institutionnelle. Puis j'ai été journaliste. Et au milieu de tout cela j'ai élevé 4 enfants.

Comment avez-vous appris la culture des plantes ?
MdH : En me mettant à genoux pour travailler la terre. Et c'est quand j'ai commencé à apprendre les besoins de chaque espèce que j'ai vraiment compris les plantes et leurs bienfaits. En 1995 nous avons démarré avec seulement 1 200 m2.

Dans un deuxième temps vous avez créé un laboratoire pharmaceutique ?
MdH : Des amis se sont associés à moi en 1999 pour former Sevene Pharma. Nous fabriquons des médicaments homéopathiques qui sont distribués en pharmacie.

Vous avez ensuite développé votre gamme de produits ?
MdH : En 2005 j'ai inventé la gamme des Tis'up, à bas de tisane et de jus de fruit. À boire froid ou chaud, comme on veut ! En 2009 j'ai créé des mélanges de plantes conditionnés en infusettes. Et cette année nous avons ouvert le jardin au public.

La société emploie combien de personnes aujourd'hui ?
MdH : Sevene Pharma emploie une vingtaine de personnes. La société d'exploitation agricole est une filiale. Dans cette dernière, en plus de moi-même qui suis gérante, nous avons deux ouvriers et deux saisonniers par an.

Vous devez avoir un emploi du temps bien rempli…
MdH : Je n'arrête pas. Je participe à la réflexion générale, je m'occupe de la gestion du domaine et des productions et je suis sur le terrain à planter, semer, entretenir…

Est-ce qu'il y a un marché en France pour ce produit ?
MdH : La France importe 80 % de ses plantes médicinales des pays de l'est ou du Maghreb où la main d'œuvre est beaucoup moins chère et qui vendent donc à un prix plus bas que nous.

Pensez-vous qu'on puisse développer cette activité ?
MdH : Oui parce que, quand les gens veulent de la qualité, ils mettent le prix. J'ai beaucoup de demandes de stages, des jeunes qui souhaiteraient eux aussi s'installer dans cette branche. Mais pour lancer une exploitation de ce type il faut être épaulé financièrement. Seul c'est très difficile.

 

7 000 ans

l'ancienneté de la culture
des plantes médicinales
en Chine et en Mésopotamie


146

nombre de plantes depuis 2008
pouvant être vendues
en dehors des pharmacies


1941

année de la suppression
du diplôme d'herboriste
en France




                

La revue de presse

L'environnement a été le marqueur des campagnes de Hamon et Mélenchon. Mais il...

Une batterie qui peut être retirée et branchée chez soi… Les nouveaux...

Leur taux de mortalité est passé de 5 % en 1995 à 30 % en 2015 avec jusqu'...

De meilleures performances cognitives pour les gens qui mangent du chocolat au moins une fois par...

Déclenchements "abusifs", épisiotomies "imposées", propos...

Il s'agirait d'une attitude défensive inconsciente, à des fins d'autoprotection. Le d...