Agir contre le sentiment d'abandon

Réel ou imaginé, le sentiment d'abandon peut avoir des répercussions néfastes s'il n'est pas identifié et dûment réparé.

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C'est un sentiment plus répandu qu'il y paraît. Il peut avoir des conséquences importantes pendant toute la vie, sous des formes très variables : sentiment de vide intérieur, d'hyper-vigilance, quête effrénée de survie, d'amour, de reconnaissance, de sécurité pouvant conduire à la dépendance affective ou à la fuite (évitement, séparation, rupture, isolement).

"L'abandon n'a rien à voir avec une émotion qu'il convient de gérer ou laisser passer. C'est un sentiment, un mal profond qui, mal supporté, amène à la dévalorisation de soi, au manque de confiance, à la peur de perdre, à la perte de points de repères, au repli de soi, au sacrifice, à l'incapacité de voir au loin ou de savoir quelle direction prendre", explique Geneviève Krebs, psychopraticienne et coach*.

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Dépendance affective

Exemple d'un schéma de dépendance affective en trois temps :
1) "Lorsque j'ai quitté la maison, mes parents m'en ont beaucoup voulu. Ils voulaient que je reste et m'occupe d'eux comme ils se sont occupés de moi."
2) "On me propose un meilleur poste ailleurs, dans un autre service ou entreprise. J'ai du mal à accepter car je me sens coupable d'abandonner celui qui m'a donné ma chance initialement."
3) "Je pense qu'on ne peut pas compter sur moi. Je pense que je ne suis pas fiable ni stable. Je pense que je ne suis pas reconnaissant."*

Épreuve de séparation
La peur de l'abandon résulte souvent d'une épreuve de séparation avec la mère ou le père mal vécue pendant l'enfance : accouchement, adoption, sevrage, éloignement de la chambre des parents, arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, première expérience à la crèche, à l'école maternelle, vacances loin des parents… Elle peut se produire dès la période fœtale, par exemple en cas de déni de grossesse ou de grossesse subie.

Plus tard, c'est le rejet par les camarades de classe, la première rupture sentimentale, le déracinement pour partir faire des études ou habiter en couple. Une fois adulte, d'autres occasions de séparation difficile continuent de se présenter : divorces, fluctuations d'amitiés, perte d'être chers, maladie, dépendance ou choix de vie… Ce peut être également le sentiment de mise à l'écart consécutif à la révélation d'un secret de famille.

Réel ou imaginé
Il arrive que certains évènements soient grossis, notamment pendant l'enfance. Une séparation de deux heures dans une garderie ou à la maison le soir où les parents sortent au cinéma, peut être perçue comme une éternité et provoquer un vrai traumatisme. Peu importe que l'évènement soit réel ou imaginé…

Dans tous les cas, la peur de l'abandon est la crainte de revivre l'événement traumatique perçu.

Ne pas mériter
En résulte, pour l'abandonnique (la personne qui souffre de la peur de l'abandon) la conviction d'être inférieur aux autres, de ne pas mériter l'estime ou l'amour, de ne pas valoir grand chose… À la clé : l'incapacité de gérer ses émotions et de s'affirmer, la culpabilisation, l'excès dans le don de soi, l'impression d'être indigne, le sentiment de persécution, d'incompréhension, de vide…

"La peur de l'abandon est le moteur principal du trouble de la dépendance affective"*, ajoute Geneviève Krebs (voir encadré). Cette dépendance affective qui engendre notamment la confusion entre l'amour, l'amitié amoureuse, l'attirance sexuelle, le fantasme, la tendresse…

Vengeance ou autosabotage
La peur de l'abandon est aussi la source de stratégies inconscientes qui aboutissent soit à des comportements de vengeances visant à faire vivre aux autres ce que l'on a subi (ou cru subir) soit à des comportements d'autosabotage visant à rejouer les mêmes situations. C'est le paradoxe : la personne a peur de l'abandon et en même temps le provoque.
"Un long travail sur l'estime de soi attend donc l'abandonnique"*, estime Geneviève Krebs.

Se rapprocher de la réalité
Nous avons vu que le sentiment d'abandon peut ne relever que de la perception. Le premier travail à faire est donc de se rapprocher de la réalité.
"On comprend que ce sont les non-dits ou le manque d'informations qui mènent en partie à des interprétations fausses, foyer des croyances. On voit bien que mettre la lumière sur l'origine de ce sentiment d'abandon est complexe et pourtant, elle est la clé de la réussite pour s'en dépêtrer."*

Le parent réparateur
Geneviève Krebs propose donc de retrouver dans le passé l'événement qui a déclenché la peur de l'abandon. Puis il s'agit de reprendre le pouvoir en répondant soi-même à ses besoins, d'apprivoiser progressivement les moments de solitude, d'être le parent réparateur en rassurant son enfant intérieur.

"Vous êtes l'adulte responsable et le parent aimant et rassurant dont l'enfant a besoin pour pouvoir expérimenter la vie et gagner en confiance et en autonomie. Votre enfant intérieur vous envoie des messages au travers des émotions que vous ressentez. C'est la seule façon qu'il a de pouvoir s'exprimer. À vous de comprendre derrière l'émotion quels sont le message et le besoin."*

Rester connecté à soi-même
Pour réparer une estime de soi défaillante, il convient de reconnaître ses compétences, ses capacités et ses talents, de rester connecté à soi-même, à ses ressentis et à ses émotions. Geneviève Krebs propose des éléments pour avancer dans cette voie. Elle prévient qu'il faut donner du temps au temps, se souvenir que les choses progressent à petits pas, que "Rome ne s'est pas faite en un jour"…

La prise de conscience de ses propres schémas peut ne pas suffire à surmonter la souffrance. Il est alors important de se faire accompagner par un psychothérapeute. La bonne nouvelle est qu'il est toujours possible de surmonter le sentiment d'abandon qui fait souffrir autant la personne qui vit avec que son entourage proche.

 

Source :
*Combler ce vide en nous, Se défaire de tout ce qui nous empêche d'être heureux, Geneviève Krebs, éditions Eyrolles 


                

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