Aller vers le zéro déchet

Bonne pour le porte-monnaie, le moral, la santé et l'environnement, la démarche "zéro déchet" demande juste du bon sens et de l'imagination...

Viesaineetzen.com - Aller vers le zéro déchet

Chacun d'entre nous, en France, produit chaque année plus 560 kg de déchets ménagers, selon l'Ademe*. C'est évidemment insoutenable en terme de pollution environnementale et d'émissions de gaz à effet de serre. Il est donc urgent de se lancer dans le zéro déchet d'autant que, pour Stéphanie Bouvet**, c'est excellent à tous points de vue :
- la santé : on contrôle mieux ce qu'on mange et ce qu'on se met sur la peau ;
- la planète : on réduit son impact sur l'environnement ;
- le porte-monnaie : le fait-maison revient beaucoup moins cher ;
- le moral : on devient de nouveau maître de ses choix ;
- la relation aux autres : on développe du lien avec d'autres consomm'acteurs, avec des producteurs et des artisans.

En savoir plus

Zéro déchet : c'est quoi ?

Il s'agit d'une stratégie holistique de réduction de la quantité de déchets produits par la société industrielle.
Le mouvement a été initié en 2003 par l'organisation Zero Waste International Alliance.

Définition
"Zéro déchet signifie concevoir et gérer des produits et des processus visant à réduire le volume et la toxicité des déchets et des matériaux, à conserver et à récupérer toutes les ressources et à ne pas les brûler ou les enterrer. La mise en œuvre du zéro déchet éliminera tous les rejets dans la terre, dans l’eau ou dans l’air susceptibles de représenter une menace pour la santé de la planète, de l’Homme, des animaux ou des plantes."

5 règles de base
Certains activistes ont déjà une dizaine d'années d'expérience en la matière. C'est le cas de Béa Johnson, blogueuse et conférencière, qui parvient aujourd'hui à ne produire qu’un litre de déchets par an, pour 4 personnes. Pour elle, le zéro déchet repose sur 5 règles :
- refuser tout ce dont on n’a pas besoin, qui finira dans la poubelle ou qui encombrera son lieu de vie ;
- réduire : donner, vendre, recycler, acheter moins mais mieux (voir : Mieux vivre en consommant moins) ;
- réutiliser un maximum de produits ou d'objets, acheter d’occasion, troquer (voir : Économie de partage, de l'échange et du lien) ;
- recycler : trier ses déchets, utiliser les points de collectes spécifiques, les déchèteries ;
- composter ses déchets organiques (voir : Le compost domestique).

Faire le bon tri
Comme il faudra un peu de temps pour réduire significativement ses déchets, il faut d'abord se perfectionner dans le tri.

Quelques conseils :
- Connaître les consignes de tri locales en se renseignant auprès de la mairie.
- Bouteilles, bocaux et pots en verre : à déposer dans les conteneurs prévus à cet effet (bouchons et couvercles à part). Mais pas la vaisselle cassée, le cristal, les miroirs, la faïence et autres verres spéciaux.
- Textiles et chaussures : à déposer, propres et secs, à l'intérieur de sacs fermés dans des bornes de collecte placées dans l'espace public.
- Piles, accumulateurs, lampes à LED ou LFC : à déposer dans les points de collecte placés dans les magasins, certains lieux publics ou en déchèterie.
- Déchets médicaux, médicaments et autres : à déposer en pharmacie.
- Appareils électriques et électroniques : à déposer en déchèterie ou chez le distributeur en cas d'achat d'un nouvel appareil.
- Gravats, déchets de travaux, produits ménagers spéciaux (peintures et solvants), déchets verts, meubles, huiles de vidange, batteries, huiles végétales : à déposer en déchèterie.

Éviter le plastique, préférer le vrac
L'aventure du zéro déchet commence dès qu'on entreprend de faire ses courses. Il convient alors de penser différemment, de s'équiper et de s'organiser un peu : sacs en tissus, paniers en osier, glacière, caddie, contenants (bocaux et bouteilles) si possible en verre (voir : Se passer du plastique).
On privilégiera les points de distribution où l'on peut acheter en vrac (voir : Acheter bio en vrac) : marché, AMAP, magasins bio, Day by day, La Ruche qui dit oui

Cuisiner soi-même
L'alimentation est le domaine dans lequel nous générons le plus de déchets. Il faut faire le maximum pour cuisiner soi-même, en doublant les doses pour faire des restes. On peut commencer par des recettes simples et petit à petit aller vers des choses plus sophistiquées trouvées sur internet (voir nos recettes), dans des bouquins de cuisine ou auprès de ses ami(e)s cordons-bleus.

Fabriquer ses produits ménagers
Pour les produits ménagers et les cosmétiques, comment éviter les emballages en tout genre, les lingettes et autres trouvailles du marketing qui sont nocives pour la santé, qui polluent notre air intérieur et notre environnement ? Il suffit de les fabriquer soi-même.

Pour les produits ménagers, c'est assez simple. Il y a 5 ingrédients de base (bicarbonate de soude, vinaigre blanc, savon de Marseille, percarbonate de soude, cristaux de soude) qui peuvent être complétés par des huiles essentielles (voir : Les huiles essentielles pour la maison), du savon noir, de la terre de Sommières, de l'acide citrique…

Exemple de lessive : 
Dans une casserole, faire fondre 150 g de savon de Marseille en copeaux (sans glycérine) dans un litre d'eau très chaude ; ajouter 4 cuillères à soupe de bicarbonate de soude, 1,5 litre d'eau tiède, 20 gouttes d'HE de lavande vraie, de pamplemousse ou d'arbre à thé.**

Exemple d'adoucissant et de nettoyant multi-usages : 
Dans une bouteille, mélanger 1 litre de vinaigre blanc, des zestes d'agrumes et 10 gouttes d'HE d'arbre à thé, laisser mariner au minimum deux semaines. Utiliser ensuite pur comme adoucissant (dans le compartiment pour assouplissant de la machine à laver) ou mélangé à de l'eau chaude (un demi verre pour 5 litres d'eau) comme nettoyant multi-usages.**

Fabriquer ses cosmétiques
Pour les cosmétiques, c'est un peu plus compliqué mais c'est une source d'économie substantielle et une amélioration appréciable pour notre santé ! Voici quelques ingrédients intéressants : savon d'Alep ou savon artisanal saponifié à froid, bicarbonate de soude, argile, huiles végétales (voir : Les bienfaits des huiles végétales), huiles essentielles (voir : Des produits naturels pour notre peau)…

Exemples :
- Faire son déodorant naturel
- Sachets pour le bain coco-avoine
- Fabriquez votre propre vernis à ongles naturel et bio

Simplifier sa maison
On peut réduire progressivement dans son logement le nombre d'objets et de vêtements au strict nécessaire, en éliminant tout ce qui ne nous sert pas. Il suffit de connaître quelques ficelles de l'économie collaborative : on peut donner, vendre ou troquer (voir encadré)…
Si un achat s'avère utile, penser à acheter d'occasion ou à louer…
Plutôt que jeter : réparer ou repriser…

Et rien n'empêche de faire la fête quand on devient un adepte du zéro déchet (voir : Des fêtes collaboratives) !

De façon imparfaite
Le zéro déchet nécessite juste un peu de bon sens, de l'huile de coude, un brin d'astuce et d'imagination. Tant pis si l'on y arrive pas à 100 % ! Stéphanie Bouvet cite une phrase de l'Association Make Earth Great Again :
"On n'a pas besoin d'une poignée de gens qui pratiquent parfaitement le zéro déchet, on a besoin de millions de gens qui le pratiquent de façon imparfaite."**

 

Sources :
*Ademe : Chiffres clés
**Le zéro déchet, on s'y met ?, Stéphanie Bouvet, édition Artémis
Wikipédia : Zéro déchet
Mieux vivre autrement : Zéro Déchet : par où commencer ?
Le Monde : Béa Johnson : le zéro déchet, radical chic


                

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