Bio : trop de labels ?

À côté des plus répandus, les labels européen et AB, on en trouve d'autres, moins connus mais plus exigeants : Nature & Progrès, Bio Cohérence, Demeter… Comment s'y retrouver dans le foisonnement des labels…

Viesaineetzen.com - Bio : trop de labels ?

Le bio est aujourd'hui largement connu par les Français. 86 % d'entre eux savent que le produit certifié suit un cahier des charges précis*. Néanmoins, le consommateur a souvent du mal à distinguer la différence entre les différents labels qui figurent sur les étiquettes. 

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La certification

Ecocert, Agrocert, Certipaq bio, Bureau Veritas-Qualité France, Certisud, Certis, Bureau Alpes contrôles, Qualisud.
Ce sont les huit organismes certificateurs agréés en France par les pouvoirs publics et l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité), accrédités par le COFRAC (Comité Français d’Accréditation).

Pour commercialiser des produits issus de l'agriculture biologique et apposer sur l'étiquette le terme "bio", les agriculteurs et les entreprises doivent obligatoirement faire contrôler et certifier leurs activités par l'un de ces organismes. Ils doivent aussi notifier leur activité à l'Agence Bio.

Ces organismes, rémunérés par le producteur, font au minimum un contrôle annuel, essentiellement pour vérification des documents administratifs (factures des semences, des aliments, des engrais, des produits phytosanitaires, etc.). En cas de doute un contrôle inopiné peut avoir lieu.

Des labels comme Nature & Progrès ou Demeter ont leur propre système de certification.
Par exemple, Nature & Progrès envoie chaque année au moins deux adhérents (un consommateur et un producteur) rendre visite aux agriculteurs du réseau. 

Le label européen et le label AB
Le logo AB a 30 ans cette année, il est connu par 98 % de Français. Le logo européen a seulement 5 ans d'existence et est déjà connu par un tiers des Français", se réjouit Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio.

En Europe, aucun produit non certifié par le label européen ne peut être vendu en tant que production biologique.
La référence à l'organisme certificateur est également obligatoire (voir encadré).

Le même cahier des charges
Le label européen et le label national AB, qui rassemblent en France en 2014 environ 26 500 producteurs, suivent le même cahier des charges.
En voici les grandes lignes :
- L'utilisation des produits chimiques de synthèse est interdite dans la production et la transformation.
- Pour les produits transformés, au moins 95 % d'ingrédients doivent être issus de l'agriculture biologique, les produits chimiques de synthèse sont interdits.
- L’utilisation d'OGM est interdite, mais on tolère des traces fortuites dans les produits à hauteur de 0,9 %.
- Dans l'élevage, 50 % au moins des aliments pour les animaux doivent provenir de l'exploitation elle-même ou d'autres exploitations en agriculture biologique dans la même région. Les médecines douces sont utilisées en priorité. Les médicaments vétérinaires sont autorisés selon des conditions strictes (de 1 à 3 traitements par an selon les espèces).

Deux autres labels nationaux
Quasiment tous les critères de ce cahier des charges sont repris par les deux autres labels mais ces derniers sont plus exigeants sur certaines normes, notamment concernant les OGM (limités à 0,1 %) ainsi que le modèle économique et social des exploitations.
Par exemple, ils interdisent la mixité bio et non bio sur une même exploitation, proscrivent la vente en supermarchés et remettent en cause l’industrialisation de l’agriculture biologique.

Nature et Progrès
C'est le plus ancien des labels. Il est né en 1971, quatorze ans ans avant le label AB. Il est porté par une fédération de consommateurs et de producteurs qui milite pour un "modèle agricole alternatif à l’agro-industrie, à même de préserver la fertilité naturelle des sols, d’assurer l’autonomie des paysans et une alimentation saine à portée de tous".

Le cahier des charges de Nature & Progrès est géré indépendamment de la règlementation européenne : le label AB n'est pas obligatoire, environ 40 % des produits certifiés ne l'ont pas. Il comporte certaines spécificités par rapport aux autres labels.
Par exemple, l’huile de palme, même bio, est proscrite. L’utilisation de semences non inscrites au catalogue officiel est recommandée pour rendre les paysans autonomes face à l’industrie semencière.

Bio Cohérence
C'est le dernier né des labels. Il a repris en 2010, au moment de la mise en place du label européen, l'ancien cahier des charges AB afin de "continuer d'appliquer les anciennes règles nationales plus strictes, notamment dans l'élevage, et proposer à travers un outil d'autodiagnostic, une démarche globale, proposant des critères économiques, environnementaux, sociaux", explique Cécile Guyou, déléguée générale de Bio Cohérence.

Le label AB est obligatoire, mais le cahier des charges est plus strict.
Par exemple en élevage, les animaux doivent être alimentés à 100 % par des produits bio et la liste des traitements vétérinaires interdits par l’ancien cahier des charges AB est reprise.

Des labels régionaux
Il existe plusieurs cahiers des charges régionaux plus stricts que le label européen.
C'est le cas de BioBreizh, une association d'une soixantaine de producteurs de fruits et légumes bio en Bretagne.
C'est aussi le cas de Bio Sud Ouest France en Aquitaine et Midi Pyrénées

La biodynamie : Demeter et Biodyvin
Ce sont les labels de l'agriculture biodynamique en France.
Le label Demeter, spécialisé dans l'agriculture biodynamique, existe dans 50 pays et concerne 430 producteurs en France.
Biodivyn est un label qui concerne uniquement la viticulture et qui regroupe 96 vignerons en France et en Europe

Trop de labels ?
Les consommateurs se plaignent d'avoir du mal à s'orienter dans ce foisonnement et beaucoup sont perdus. 61 % pensent qu'il y a trop de labels mais dans le même temps 77 % demandent plus de transparence sur les conditions de fabrication des produits**.

"Il y a effectivement une possibilité de confusion pour le consommateur, mais nous pensons qu'il est nécessaire de faire une offre de qualité et qu'avec des explications claires et suffisantes, il est possible de répondre à un attente", estime Cécile Guyou.

 

Sources :
*Chiffres de l'Agence Bio : La bio en France
**Baromètre Ethicity 2011
Reporterre : Il y a bio et bio. Voici comment s’y retrouver dans les labels d’agriculture biologique


                

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