Chronogénéalogie : la généalogie comme support thérapeutique

Maladies, échecs professionnels ou sentimentaux pourraient s’expliquer par l’histoire familiale. C’est le postulat de la psychogénéalogie, dont l’une des branches, la chronogénéalogie, propose une thérapie grâce aux informations collectées dans l’arbre généalogique.

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La chronogénéalogie est une branche de la psychogénéalogie. Elle consiste "à étudier le temps généalogique pour comprendre la façon dont on obéit inconsciemment à une horloge invisible existant au sein de sa famille", explique Elisabeth Horowitz*, psychothérapeute spécialisée en "transgénérationnel" et fondatrice de l’association française de psychogénéalogie. Cette horloge serait réglée sur des dates et âges précis correspondants à des événements marquants pour nos aïeuls, qui influeraient sur leurs descendants.

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Certains thérapeutes sont sceptiques

Certains psychanalystes s’opposent au déterminisme induit par la psychogénéalogie. "On n’est pas déterminé ! Si c’était le cas, tous les enfants battus deviendraient des parents violents à un âge précis. Or, il y a de nombreux exemples inverses !", s’exclame Géraldine Philippe, psychanalyste. Un tel discours lui paraît dangereux : "Dire qu’on est déterminé, c’est dire qu’on n’est pas responsable de nos actes. La psychogénéalogie pousse à ne pas prendre de responsabilités. Il y a actuellement une tyrannie de la transparence. Or, il faut respecter le choix de nos aïeuls de ne pas parler de certaines choses qui leur sont désagréables ou qui les attristent. On ne peut pas tout savoir de sa famille et on doit l’accepter."

Fondements de la chronogénéalogie
Savoir d’où l’on vient, connaître ce qui nous a été transmis et s’en dégager pour trouver sa propre identité, tels sont les fondements de la chronogénéalogie. Un grand-père ayant subi un traumatisme, un secret de famille lié au père, un conflit vécu entre ses parents, tous ces événements influeraient sur les trajectoires personnelles (amoureuse, de santé, etc.) et professionnelles.

Elisabeth Horowitz propose un exemple : "Prenons un enfant de 10 ans qui voit ses parents divorcer. Lorsqu’à son tour, son enfant atteint 10 ans, il divorce également : c’est à cause de la répétition, de l’imitation, qui est un mode de fonctionnement normal pour l’inconscient. Il pourrait néanmoins ne pas divorcer, mais somatiser physiquement son trouble en développant une maladie lorsque son enfant atteint 10 ans. C’est ce que l’on appelle le syndrome d’anniversaire. Pour s’en dégager, il est bon de savoir pourquoi et dans quelles circonstances ses parents ont divorcés."

Objectif : maîtriser sa vie
Bien connaitre son histoire familiale permettrait donc de se libérer, de savoir qui l’on est et de retrouver la maîtrise de sa vie. La chronogénéalogie offre la possibilité de découvrir les événements qui ont marqué nos aïeuls en menant une enquête généalogique détaillée. Il faut commencer par lister les prénoms, rang de naissance (aîné, cadet…), professions, origines culturelles, mariages, naissances, séparations, maladies, lieux de résidence, déménagements, accidents, grands événements de la vie, etc.
Cet arbre généalogique sert de base au thérapeute.
"Il peut suggérer des pistes d’enquêtes, puis indiquer au patient les liens entre son passé familial et ses problèmes actuels en analysant l’arbre généalogique", précise Elisabeth Horowitz. "Il y aurait en effet un déterminisme des êtres."

Sortir de la boucle répétitive
Parfois, l’explication suffit pour se dégager du processus. Mais d’autres fois, le thérapeute doit accompagner son patient vers la libération.
"On peut l’inciter à des actes symboliques, qui agiront sur l’inconscient, car pour lui tout est symbole. L’un de mes patients avait de graves problèmes de santé au niveau des jambes, survenus après le décès de son père. Je lui ai conseillé de trouver un fémur en plastique, de le peindre en or, de l’amener sur la tombe de son père et de s’exprimer, de dire ce qu’il ressentait – en l’occurrence, un manque d’affection. Cet acte concret, avec un objet symbolisant sa maladie, l’a aidé."

Les patients peuvent également être amenés à rejouer des scènes passées afin de rompre le cercle des répétitions transgénérationnelles. "On appelle cela la théâtralisation de la vie familiale", ajoute Elisabeth Horowitz. "Le patient doit adopter la place de tous les acteurs de l’événement. Il peut par ailleurs changer la fin de l’histoire s’il le souhaite."

La chronogénéalogie, et plus largement la psychogénéalogie, permettent de mettre en mots ce que l’inconscient tente de montrer par la répétition ou la somatisation. Ce qui entraîne une libération synonyme de bien-être, du moins pour ceux qui pensent être déterminés par leurs aïeuls.

 

* auteur de Chronogénéalogie, éditions Hachette Pratique, et animatrice du site La Psychogénéalogie


                

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