Cinq étapes pour cultiver son adulte intérieur

Comment devenir responsable, trouver du sens à sa vie et en accepter le terme ? Il suffirait de comprendre et accepter les cinq limites de notre existence : finitude, solitude, responsabilité, imperfection, quête de sens…

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Sortir de l'enfance veut dire abandonner l'illusion de la toute puissance et le déni des cinq grandes contraintes de notre existence : la finitude, la solitude, la responsabilité, l'imperfection, la quête de sens. Ces cinq contraintes seraient des marqueurs psychiques du passage à l'âge adulte, selon Ariane Calvo, psychologue et psychothérapeute, qui fait référence à cet égard à Irvin Yalom, un psychiatre états-unien à l'origine de la psychothérapie existentielle.*
"Notre adulte intérieur pourrait être la partie de nous qui a compris et intégré ses limites existentielles et qui en fait une force de vie."*

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Quatre formes d'amour

Ariane Calvo cite Abraham Maslow, un psychologue états-unien qui différencie quatre formes d'amour possibles* :
- l'amour infantile : 
"je t'aime parce que tu m'aimes" ;
- l'amour inachevé : 
"je t'aime parce que j'ai besoin de toi" ;
- l'amour inaccompli : 
"j'ai besoin de toi parce que je t'aime" ;
- l'amour mature : 
"je t'aime et j'aime plus que tout ta présence mais je ne te demande rien et mon amour ne se base sur aucun besoin chez moi que tu devrais combler, toi".

La finitude
La peur de mourir est une préoccupation existentielle de l'être humain depuis toujours. La mort est une réalité pour laquelle l'homme excelle à trouver des stratégies de contournement : déni, résistance au changement, création de mythes d'immortalité, surinvestissement du soin porté au corps, culte de l'action, tentative de laisser une trace sur terre, efforts pour tout contrôler…

Et si la mort permettait de créer une dynamique de création, de construction ? Si elle nous incitait à prendre de la distance, à considérer le monde avec humour ?
"En ce sens, notre mort et notre méconnaissance de son advenue sont une excellente nouvelle ! C'est elle qui permet la vie"*, affirme Ariane Calvo.
Notre adulte intérieur va ainsi nous pousser à identifier ce que nous voulons réaliser et ce que nous souhaitons transmettre : valeurs, connaissances… À nous de nous mettre en ordre avec nous-même, de nous recentrer sur l'essentiel.

La solitude
On fuit la solitude avec tous les artifices de l'époque : réseaux sociaux, sites de rencontres, évènements collectifs… Pourtant, lorsqu'elle est choisie, elle est d'une grande fécondité.
"Seule la solitude nous donne la preuve que nous sommes vivants, que nous sommes des êtres uniques, singuliers"*, explique Ariane Calvo. "Pour se comprendre, se connaître, se respecter et s'estimer, il est important de passer par des temps de solitude incompressibles."*

La solitude est une opportunité pour penser sa vie, déployer sa créativité, récupérer de l'énergie, mettre en œuvre ses rêves… Et partager de l'amour ! En effet, plus on accepte sa solitude, plus on se différencie, plus on a de chances d'être profondément et totalement aimé. Et plus il est possible de se rapprocher de l'amour "mature" (voir encadré).

L'imperfection
Défauts physiques, faiblesses intellectuelles, failles psychologiques, lacunes culturelles, artistiques, scientifiques ou littéraires…
"Nous ne pouvons tout résoudre ni le faire parfaitement. Et il va falloir accepter cela comme une règle absolue de notre condition humaine."

Le volonté d'être parfait à tout prix entre en contradiction avec une réalité incontournable : il est inévitable de souffrir et d'échouer ! Et si l'on persiste à refuser toute émotion douloureuse, on risque de produire une aggravation de ses effets : explosion, troubles anxieux, développement d'une pathologie psychosomatique qui peut être grave…

Pour pouvoir avancer dans la vie, il est donc nécessaire d'accepter ses limites, ne pas avoir peur de demander de l'aide si besoin et sortir de la comparaison. Ce chemin mène vers une meilleure estime de soi, l'important étant de "faire du mieux que l'on peut".

La responsabilité
Il est toujours tentant de déplacer la responsabilité sur autrui, de déléguer ses décisions, de se laisser aller à la dépendance voire de laisser le corps exprimer ses évitements par des troubles psychosomatiques.

Assumer ses actes conscients ou inconscients ainsi que leurs conséquences, trouver un équilibre entre ses besoins de sécurité et de liberté… La responsabilité est un point de rencontre obligatoire avec son adulte intérieur. C'est un moment où l'on découvre sa "puissance", dans le sens positif du terme.
"Prendre conscience de notre responsabilité existentielle, c'est comprendre que l'on peut se créer soi-même."

La quête de sens
Le sens est une question qui se pose à l'être humain dans les deux acceptions du terme : orientation et signification. Il s'agit d'un exercice intime et personnel : chacun détermine le sens qu'il apporte à sa vie. Trouver du sens peut permettre d'éviter toute une série de symptômes : sensation de vide, ennui, passivité, manque d'envie, dépendance ou activités compulsives… Mais il ne faut pas que la quête devienne une obsession : on peut accepter les non-sens, apprendre à s'abandonner, se laisser porter, lâcher prise.

La spiritualité, qu'elle soit laïque ou vécue dans le cadre d'une croyance, constitue une aide à la résilience, un soutien pour accepter le réel tel qu'il est, un chemin pour revenir à soi, se recentrer. Anne Calvo, à travers son expérience de la méditation de pleine conscience en définit trois éléments fondamentaux :
- le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que soi ;
- l'espérance en une bienveillance existentielle et absolue qui nous amène vers le mieux-être ;
- une pratique régulière de connexion d'âme qui prend le sens d'une intériorité accompagnante et souvent silencieuse.

Vivre pleinement
À travers ces cinq étapes, peut-être pouvons-nous nous libérer de la sensation de contrainte et des chaînes du contrôle à tout prix. Peut-être parvenons-nous à ne plus poursuivre nos objectifs avec un acharnement sous-tendu par la peur, la colère, le mécontentement ou le besoin de devenir quelqu'un. Peut-être arrêtons-nous de rester figés devant la peur de l'échec. Peut-être cessons-nous d'exiger des situations, des circonstances, des lieux, des gens qu'ils nous rendent heureux pour ensuite souffrir s'ils ne répondent pas à nos attentes.

Si c'est le cas, "nous pouvons enfin vivre pleinement, reliés au réel, à la lucidité de notre condition humaine, ce qui nous rend paradoxalement, non pas tout puissants, mais puissants dans le sens d'avoir acquis le pouvoir de faire, créer, grandir positivement et concrètement."*

 

Source :
*Prendre soin de son adulte intérieur, Les 5 étapes pour être libres et heureux, Ariane Calvo, éditions Eyrolles.


                

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