Couples non-cohabitants, deux toits pour durer ?

Ils s’aiment depuis des années et pourtant ils ont décidé de ne pas vivre sous le même toit. Ces couples, dits non-cohabitants, trouvent leur équilibre dans ce mode de vie.

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En union libre, pacsés ou mariés, certains couples décident de vivre séparément. Pour eux, la "non-cohabitation" comporte de nombreux avantages et n’empêche pas de partager une véritable intimité.

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Une majorité de moins de 30 ans
Il y aurait en France environ 4 % de couples qui se diraient "non-cohabitants", et plus de la moitié auraient moins de 30 ans, selon une étude de l’Insee parue en 2011*. Il s'agirait pour eux d'une phase transitoire ou d'un "choix du jeune adulte souhaitant conserver une indépendance vis-à-vis du conjoint". Indépendance qui vaut pour tous les plans : familial, amical, financier, etc.

"En général, le couple veut cohabiter. Une minorité seulement choisit de ne pas vivre sous le même toit même après des années de relation", commente Robert Neuburger, psychiatre, psychanalyste et thérapeute. "Globalement, il y a deux types de situation : des personnes jeunes n’ayant pas envie de s’engager, et d’autres ayant eu une expérience catastrophique par le passé et qui ne souhaitent pas recommencer une cohabitation."

C’est aujourd’hui le cas d’Eugénie, la trentaine : "Avant, je m'installais automatiquement sous le même toit que mon compagnon, et je me sentais étouffer, à devoir tout organiser en fonction de l'autre, le "je" s'effaçant totalement au profit du "nous"."

De l’indépendance et du désir
Pour les adeptes de la non-cohabitation, ce choix comporte de nombreux avantages. Chacun peut vivre à son rythme, s’épanouir de son côté, s’isoler lorsqu’il en ressent le besoin.
"J'ai besoin de moments "off", absolument seule. Même si je l'aime et que sa présence m'est naturelle, ce sont pour moi des moments de ressources", confirme Eugénie.

Pour Mélanie, en couple depuis 3 ans avec Kévin et ayant déjà cohabité avec un ancien compagnon, "deux toits signifient moins de disputes", notamment autour de la vie quotidienne. Mais s’ils se séparent, c’est pour mieux se retrouver. Être ensemble à des moments choisis réduit la routine, suscite l’envie de s’apprêter pour l’autre, de le séduire.
"Ça entretient le couple !", souligne Eugénie. "On se prépare des soirées d'amoureux comme aux premiers jours, on se fait des surprises... Je crois qu'on se laisse moins aller à cette fameuse médiocrité du couple où "tout est acquis, donc plus besoin de faire d'efforts"."

L’éloignement peut aussi faire souffrir
Néanmoins, la non-cohabitation a son revers de médaille. Si la distance entre les deux habitations est grande, les trajets réguliers peuvent être épuisants. Le couple peut également être déçu lorsque les retrouvailles ne sont pas à la hauteur de ce qu’il avait imaginé. Et puis il y a le risque de s’éloigner.

"La non-cohabitation peut créer une distension des liens", commente Robert Neuburger. "Il n’est pas simple non plus de se retrouver soudainement sous le même toit, car on a pris certaines habitudes en vivant seul, et un ajustement est nécessaire lorsqu’on cohabite pour une nuit, un weekend... Un couple, c’est d’une part ressentir de l’amour pour son partenaire et d’autre part de l’amour pour la relation qui se construit, avec une dimension d’appartenance, ce que j’appelle la "maison couple". La non-cohabitation est donc un choix périlleux car le couple ne repose pas sur grand-chose et vit un présent à temps partiel. Dans ce mode de vie, il y a un manque de sécurité, on ne partage pas une vraie intimité (les finances, la maison, le quotidien…). Or, si on ne partage pas tout, si on n’investit pas, si on ne donne pas beaucoup de soi en prenant le risque de perdre énormément, comment gagner ?"

Ne partager que le meilleur ?
Mélanie n’est pas d’accord. "Penser qu’un couple se construit forcément en partageant un appartement et des finances, c’est un schéma préconçu par notre société." Et elle estime qu’avec Kévin ils ne partagent pas uniquement "le meilleur". Comme tous les couples, ils endurent ensemble les coups durs.

C’est également le cas pour Eugénie et son conjoint : "Maladie, famille, enfant, amis, boulot... Problèmes et bons moments, on partage tout. On a une intimité profonde, on sait ce qui rend l'autre heureux ou triste, et surtout on compte l'un sur l'autre. Même si on vit seul on ne se sent pas seul."

Un mode de vie durable ?
Si aucun des partenaires n’en souffre, ce mode de vie peut être durable. D’après l’INSEE, l’élément central qui motive à cohabiter est le projet d’enfant. "Parmi les personnes en couple âgées de 30 à 59 ans, seulement 1 % des personnes ayant eu un enfant avec leur conjoint, et uniquement avec celui-ci, ne cohabitent pas avec leur conjoint."

Une expérience à tenter ? "Pourquoi pas ! Je suis sûre que ça peut très bien se gérer avec des enfants", répond Mélanie, qui n’exclut pourtant pas d’emménager avec Kévin dans une très grande maison… avec un espace pour chacun !

 

Source :
*INSEE Enquête Famille et Logements

32 millions

de personnes majeures
se déclarent être en couple


1,3 million

de couples non-cohabitants
soit 4 % des couples


200 000

couples mariés
ne partagent pas le même logement




                

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