Défricheurs de l'avenir : Christophe Chenebault

Christophe Chenebault a changé de vie il y a quatre ans. Ancien chef d'entreprise, il s'est attelé à un travail de déconditionnement et a repensé son environnement quotidien. Il se dit "initiateur d'idées positives", écrit des livres et fourmille de projets solidaires…

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Avant c'était un homme pressé, au palmarès impressionnant. MBA (Master of Business Administration) puis Master d'édition numérique, 5 ans chez Pathé Cinéma puis chef d'entreprise, créateur du média culturel evene.fr, 3 millions de visiteurs uniques, 30 salariés… Aujourd'hui, Christophe Chenebault a ralenti sa vie, il mange bio, végétarien, se déplace à vélo et utilise de l'huile de jojoba. Il a écrit un livre préfacé par Pierre Rabhi*, co-initié le Printemps de l'éducation, co-créé les Rencontres Changer le Monde, s'est engagé pour les indiens Kogis** et prépare un ouvrage sur le nouveau monde qui arrive.

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Les enfants et les indiens Kogis

Vous avez pris des initiatives en direction des enfants ?
CC : Si on veut changer la société, il est important de travailler pour les enfants. D'où l'idée de créer un mouvement citoyen, une grande alliance pour une éducation différente. Le Printemps de l'éducation a pour objectif de soutenir et d'accompagner les acteurs innovants de l'éducation, ceux qui proposent de développer l'autonomie, la créativité, la coopération plutôt que la compétition, le lien avec la nature, l'éco-citoyenneté… Une conception de l'enfant plutôt "flamme qu'on allume" que "vase qu'on remplit". Ce mouvement agit dans toute la France depuis maintenant deux ans.

Vous vous êtes aussi intéressé aux indiens Kogis**…
CC : Une partie du monde nouveau dont on a besoin vient des peuples premiers parce qu'ils ont gardé l'essentiel. Tout ce qu'on achète aujourd'hui dans notre société sont des choses qui ne sont pas essentielles. Ce qui est essentiel c'est : aimer, rire, sourire, être reconnu dans ce qu'on est, activer son potentiel intérieur. Toutes choses qui ne nécessitent pas d'argent. Les indiens Kogis nous apprennent principalement le retour à la simplicité, au naturel, au rythme du cœur. Notre mode de vie est en surrégime par rapport à ce rythme. Eux, ils ont le temps. 

Quel a été l'élément déclencheur qui vous a fait changer de vie ?
Christophe Chenebault : Un lumbago ! Au bout de dix ans d'entreprenariat, je sentais que j'étais en fin de cycle et un jour un lumbago carabiné m'est tombé dessus. Moi qui travaillais au minimum 80 heures par semaine, je me suis retrouvé cloué au lit avec un message fort de la part du corps. En clair, j'en avais plein le dos ! Ce moment a été un point de bascule : j'ai quitté de manière volontaire l'entreprise que j'avais créé... en n'ayant aucune idée de ce que j'allais faire après.

Vous avez commencé par quoi ?
CC : Il a d'abord fallu que je me rétablisse de ces dix ans et que je remette tout en ordre dans ma vie. J'ai commencé par ma maison : j'ai travaillé sur le Feng shui, la géobiologie, et l'écologie à travers l'eau filtrée, l'électricité biocompatible (afin d'éviter les champs électromagnétiques), et les matériaux non toxiques.

Et au niveau corporel ?
CC : Pendant que j'harmonisais ma maison, je faisais la même chose sur mon corps avec la médecine traditionnelle chinoise, l'homéopathie et des thérapies quantiques. J'ai repris l'exercice physique : la marche et la course. J'ai rencontré ensuite le yoga, la méditation, puis le wutao. Et aussi le vélo ! Le vélo permet de changer l'approche de la vie : c'est un mode de transport doux et donc qui adoucit notre psychologie.

Vous avez changé votre alimentation ?
CC : Elle est devenue 100 % biologique puis sans viande et sans poisson. Il y a un an et demi environ, l'alcool m'a quitté, parce qu'à force de travailler sur le corps, il y a des aliments qui deviennent trop lourds. L'axe de mon alimentation est celui de la naturopathie : des produits complets, des aliments frais, une alimentation vivante… Je me suis inscrit à une AMAP. Y récupérer mon panier avec ces légumes pleins de terre et gorgés de soleil a été une émotion intense !

Votre famille vous a suivi ?
CC : Ça n'a pas été simple tous les jours, mais aujourd'hui mon fils n'a aucun problème à manger biologique et végétarien quand il est à mon domicile. Il a fallu aussi faire un travail de couple : faire ce changement de vie ensemble, parvenir à une prise de conscience commune.

Vous avez fait un travail psy important ?
CC : Retrouver une vie saine et meilleure passe à la fois par le physique, le psychisme et l'énergétique. J'ai donc agi en parallèle sur les trois niveaux. Sur l'aspect psychique j'ai travaillé avec l'EFT (Emotional Freedom Techniques) sur les cinq blessures fondamentales structurelles de l'enfance, selon Lise Bourbeau : rejet, injustice, abandon, trahison, humiliation. J'ai fait en parallèle un travail sur les peurs et sur les attachements : comment se détacher de nos attachements, qui sont souvent des attachements à des croyances… Mon objectif était de faire un travail global, à 360°.

En s'occupant de soi on est amené à s'occuper des autres ?
CC : Je m'occupe de moi : c'est le premier cercle. S'occuper des autres et de la planète : c'est le deuxième cercle. Et en faisant ce chemin de l'intérieur vers l'extérieur on se prépare à aller à l'étape d'après, le troisième cercle : l'engagement pour le collectif. Ce qui se voit à l'extérieur est toujours le miroir de l'intérieur. Si on veut remettre de l'harmonie dans le monde, il faut travailler sur son harmonie personnelle. Si on veut remettre de la paix dans le monde, il faut travailler sur sa paix personnelle. Etc.

Vous avez aussi la volonté de vous reconnecter à la nature ?
CC : Humus vient de "humanité". On a un lien très fort avec la terre. Se reconnecter à soi, c'est aussi se rendre compte de ce qui nous a dénaturé. Richard Louv*** s'est rendu compte que les déséquilibres des enfants américains étaient issus d'une seule source : le manque de connexion avec la nature. Il a appelé ça le "trouble de déficit de nature". Nous, occidentaux, souffrons presque tous de ce trouble.

Comment est né votre premier livre ?
CC : Mon changement de mode de vie m'a conduit à mener des actions positives dans le quotidien, avec l'idée qu'après avoir reçu beaucoup de cadeaux dans sa vie, il était temps de redonner. Mon livre Impliquez-vous* était un moyen de communiquer aux autres toutes les actions positives qu'il était possible de faire. Dans la vie tout a du sens. Par exemple, j'utilise de l'huile de jojoba que j'achète auprès de l'association Robin des Bois qui a fait stopper dans le monde la chasse au cachalot en fournissant sous forme végétale une graisse comparable à celle qu'on allait chercher auparavant dans l'animal. En utilisant ce produit je contribue à quelque chose qui est beaucoup plus large que moi. Donc j'élargis mon champ de conscience.
(Voir en encadré d'autres initiatives de Christophe Chenebault.)

Vous êtes un adepte de la Slow Life, finalement…
CC : Se déconditionner, sortir de sa zone de confort matérialiste pour retrouver l'essentiel, se simplifier, élaguer. C'est le chemin sur lequel je suis et lorsqu'on est sur ce chemin on arrive à retrouver la plénitude intérieure.

 

*Impliquez-vous ! 101 actions solidaires et écologiques pour un monde meilleur, Christophe Chenebault, éditions Eyrolles
**Rien n'est éternel sauf les étincelles, Christophe Chenebault, éditions Tchendukua
*** Auteur de Last Child in the woods : saving our children from nature, deficit disorder (Le dernier enfant dans les bois : sauvons nos enfants du syndrome du manque de nature), 2005


                

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