De l'électricité verte chez soi

Est-il possible chez soi d'alimenter ses appareils ménagers, ses lampes et son ordinateur avec de l'électricité qui soit issue d'énergies respectueuses de la planète ? Et ce à quel coût ? Enquête et test comparatif.

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Sommes-nous pleinement satisfait de notre opérateur historique ? 
Pas toujours ! Pourtant, depuis l'ouverture du marché à la concurrence en juillet 2007, peu d'entre nous ont quitté le giron d'EDF. Tous les fournisseurs alternatifs ont une offre verte, faut-il se laisser tenter ?

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Changer de fournisseur ?

ERDF et EDF : deux entités distinctes
Ce n'est pas encore clair pour tout le monde : il y a maintenant une distinction entre celui qui distribue et celui qui fournit le courant.
En d'autres termes, l'entreprise qui gère les "tuyaux" n'est plus la même que celle qui y apporte le contenu : la première s'appelle ERDF et la seconde peut être choisie librement parmi une dizaine d'entreprises, mais nous étions encore fin 2011 environ 94 % à rester chez EDF.

Le tarif réglementé
La force d'EDF, c'est son tarif réglementé, dû à un contexte historique.
Il est largement inférieur à celui du marché européen. Ce tarif devrait augmenter sensiblement dans les mois qui viennent et serait appelé à disparaître en 2015 pour répondre à une directive européenne confirmée en 2003.

Libre circulation
Nous pouvons à tout moment changer de fournisseur, sans aucune démarche de résiliation à effectuer. Le transfert se fait automatiquement lorsque l'on contracte un nouvel abonnement.
Nous avons ensuite la possibilité de revenir au tarif réglementé (au minimum 6 mois après l'avoir quitté).

Qui propose de l'électricité verte ?
10 opérateurs, c'est à dire tous ceux qui sont sur le marché actuellement sauf EDF, ont une offre en électricité "100 % verte".
Il s'agit de : Planète Oui, Lampiris, Poweo, Énergem, Direct Energie, Proxelia, Gaz de France, Alterna, GEG, et Enercoop.

Des sources d'énergies vraiment vertes ?
C'est marqué sur la facture EDF, en France en 2010 l'électricité est produite à 81 % par le nucléaire, 8 % par des centrales thermiques charbon, fioul et gaz, et les énergies renouvelables ne représentent que 10,7 %.

Dans cette dernière catégorie il y a principalement de l'hydraulique (7,9 %), les 2,8 % restant se partageant entre l'éolien, le solaire photovoltaïque, la biomasse, la bio-méthanisation (décomposition naturelle des matières organiques, déchets végétaux et déjections animales, pour produire du biogaz)…

Or l'hydraulique et la biomasse ne sont pas au-dessus de tout soupçon :
- dans le cas de la biomasse il s'agit d'une combustion de matières végétales ou animales qui génère du CO2 ;
- l'hydraulique, lui, ne dégage pas de gaz à effet de serre et ne produit pas de déchets toxiques mais, sur des grands barrages, sa production n'est pas sans conséquences sur l'environnement : inondation de grandes surfaces, modification des équilibres entre érosion et alluvionnement, pollution des eaux, déplacement des populations…

À part Enercoop, qui n'inclut dans son offre que du micro-hydraulique et d'autres énergies véritablement "propres", tous les fournisseurs proposent une énergie en majeure partie (voire totalement) issue de grandes installations hydrauliques et souvent une part de biomasse.

Certificats verts ou garanties d'origine
Lorsque nous allumons notre lampe de chevet, il n'y a aucun moyen de savoir si la lumière vient d'une source d'énergie ou d'une autre. Une fois qu'elle est injectée dans le réseau commun de transport et de distribution, il n'y a pas de traçabilité physique de l'électricité.

Pour justifier leur offre verte, les fournisseurs proposent donc de fournir un certificat censé prouver "qu'un kWh d'origine renouvelable a bien été injecté sur le réseau". En d'autres termes ils achètent aux producteurs d'énergies renouvelables une simple attestation de leur quantité d'électricité produite.
Cela s'appelait auparavant des "certificats verts". Très contestés, ces derniers ont disparu le 1er janvier 2012 et ont été remplacés dans la réglementation européenne par une "garantie d'origine". Le nouveau système se met en place progressivement, mais dans les deux cas cela n'empêche par les fournisseurs de s'approvisionner en électricité au meilleur prix sur le marché international ou auprès d'EDF.

Selon Patrick Behm, directeur général d'Enercoop, depuis la loi NOME de novembre 2011, "la libéralisation du marché fait que les autres fournisseurs s'approvisionnent auprès d'EDF en électricité nucléaire, ce qui fait qu'ils arrivent à proposer au particulier des prix équivalents au tarif réglementé" (voir encadré).
Enercoop échappe à ce système en rémunérant directement des producteurs d'énergie à un niveau supérieur au prix du marché et en injectant sur le réseau de distribution autant d'électricité d'origine renouvelable que ses clients en consomment.

L'investissement dans les énergies renouvelables
Pour compléter leur offre verte certains fournisseurs s'engagent à investir dans les énergies renouvelables : 20 % des bénéfices pour Planète Oui, jusqu'à 57 % pour Enercoop.

Test : le coût de l'électricité verte
Prenons l'exemple d'une famille de 4 personnes, vivant à Paris dans un immeuble à fourniture d'eau chaude et chauffage collectifs, avec une facture EDF de 598 € par an.

Si cette famille se satisfait du système de la garantie d'origine, sa facture sera comparable à celle qu'elle a aujourd'hui :
- 2 offres (Planète Oui et Direct Energie) sont légèrement inférieures (jusqu'à 19 € de moins par an),
- 2 offres sont équivalentes (Energem et Lampiris),
- 4 offres (Proxelia, GDF, Alterna) sont légèrement supérieures (jusqu'à 50 € de plus par an).
Quant à l'évolution de cette facture dans les années qui viennent, il va falloir qu'elle lise dans une boule de cristal ! D'abord pour savoir à quelle hauteur seront les prix quand le tarif réglementé va augmenter. Et quand ce dernier aura disparu, à quel niveau sera le prix du marché…

Si cette famille est exigeante sur la qualité environnementale de ses sources d'énergie, le seul fournisseur vers lequel elle peut se tourner est Enercoop et sa facture sera alors supérieure d'environ 160 € par an, soit environ 13 € par mois. C'est cher, mais dans les années qui viennent, l'entreprise s'engage à maîtriser l'évolution de ses tarifs en dessous des prix du marché.

Dans tous les cas, l'avenir de l'énergie électrique n'est pas rose, et nous avons intérêt à réduire substantiellement notre consommation.

 

Sources :
Que Choisir, Septembre 2010
Enercoop
Commission de régulation de l'énergie
Observ'ER
énergie-info


                

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