L’asexualité, une orientation sexuelle qui sort de l’ombre

Alors que la sexualité s’affiche partout, dans les films, les publicités, les médias, les asexuels vivent sans désir sexuel… Et sans frustration. Leur seul souhait : briser le tabou qui entoure ce qu’ils appellent leur "orientation sexuelle".

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Selon une étude du professeur de psychologie Anthony Bogaert parue en 2004, les asexuels représenteraient 1 % de la population. Cette minorité s’affiche de plus en plus et souhaite être reconnue dans sa différence : l’absence d’attirance sexuelle.

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Un groupe hétérogène

Si le point commun des asexuels est de ne pas ressentir d’attirance sexuelle, ils ne forment pas pour autant un groupe homogène.
"Bon nombre d’entre eux ressentent ce qu’on appelle de "l’attirance romantique", qui est souvent genrée", explique Baptiste Battisti.

On va donc trouver :
- des hétéro-romantiques qui ressentent des sentiments romantiques pour des personnes d’un autre genre ;
- des homo-romantiques qui ressentent des sentiments romantiques pour des personnes du même genre ;
- des bi-romantiques qui ont des sentiments romantiques pour les hommes et les femmes ;
- des pan-romantiques, sans préférence de genre.
- des a-romantiques qui ne ressentent pas d’attirance romantique.

Vivre sans désir sexuel
L’absence de désir implique que les asexuels ne souhaitent pas avoir de rapports sexuels. Ce n'est pas pour autant qu'ils vont ressentir un manque ou une souffrance. Ou qu'ils ne vont pas tomber amoureux.
Contrairement à l’abstinence, l’asexualité n’est pas un choix mais aurait quelque chose "d’inné" selon Peggy Sastre*, journaliste et blogueuse.
Pour autant, les asexuels ne forment pas un groupe homogène (voir encadré).

Une libido sans objet
Notamment, certains pratiquent la masturbation, perçue comme une réponse à un besoin physiologique, mécanique.
"L’orientation sexuelle et la libido sont deux choses différentes", souligne Baptiste Battisti de l’Association pour la visibilité asexuelle (AVA). "Les personnes asexuelles qui ont une libido font l’expérience de ce qu’on appelle parfois une libido sans objet, qui n'est dirigée vers personne en particulier. Elles peuvent alors se masturber.
De plus, il y a de nombreuses raisons qui peuvent amener une personne à se masturber : pour le plaisir (et non par désir), parce qu'on est tendu, pour aider à s'endormir, etc."

Une maladie ?
L'Association Américaine de Psychiatrie estime que "ces personnes ont un désir sexuel hypo actif" et que "l'asexualité est une dysfonction sexuelle entre trouble du désir sexuel hypo actif et déficience ou absence de fantaisie imaginative d'ordre sexuel." Un avis qui paraît dangereux pour Baptiste Battisti : "les discours tenus par certains médecins et thérapeutes, qui tendent à faire de l'asexualité une maladie qu'il faudrait soigner, donnent de faux-espoirs qui peuvent être dévastateurs. Ils nuisent à l'estime de soi en imposant une vision psychopathologique de l'asexualité."

D’autant que, d’après Peggy Sastre: "les études scientifiques sont balbutiantes. On ne sait pas encore pourquoi des personnes sont asexuelles. Peut-être découvrira-t-on qu’il y a une raison anatomique un jour, mais c’est la société qui en fait un problème aujourd’hui."

En attendant, l’association AVA souhaite transmettre une idée simple : l’asexualité n’est pas une maladie.
"C’est une orientation sexuelle comme une autre", ajoute Baptiste Battisti. "Les personnes qui sont asexuelles ont besoin d'être considérées, écoutées et valorisées et non ridiculisées, dénigrées ou "invisibilisées"."

Passer outre le jugement social
"On vit dans un monde où l'on suppose que tout le monde est sexuel, et que lorsqu'on ne l'est pas, on est défaillant, on a un problème. Beaucoup de personnes asexuelles ont honte de leur situation, elles ont le sentiment de ne pas être "normales", et leur vie peut être solitaire et douloureuse. Certains s’enferment dans des relations de couple malheureuses pour essayer à tout prix d’être "normales"", constate Baptiste Battisti.

Lorsqu’ils expriment leur absence de désir sexuel, les asexuels se trouvent souvent confrontés à des remarques telles que "tu es malade" ou "tu n’as pas encore rencontré la bonne personne". "Le tabou vient de la stigmatisation. Le problème ne vient pas tant de la sexualisation de la société mais de ce reflexe psychologique d’hyper normativité : définir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas", ajoute Peggy Sastre avant de conclure : "le plus important n’est pas de comprendre l’asexualité mais de la tolérer."

Sortir de l’ombre
Pour donner davantage de visibilité aux asexuels, une journée leur a été consacrée pour la première fois en France le 26 avril 2013. Cette journée était le moyen de briser un tabou, car nombre d’asexuels se sentent jugés par une société pour laquelle sans sexualité il n'y a pas de bien-être possible. "Notre association leur donne une voix", revendique Baptiste Battisti.

Des sites internet tels que celui d’AVA ou du réseau d’entraide des asexuels francophones, AVEN, ont pour objectif d’aider les asexuels à s’accepter tels qu’ils sont et d’affronter le regard des autres.

 

* auteur de No Sex, avoir envie de ne pas faire l’amour, éditions La Musardine.


                

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