La pilule 50 ans après : quels risques pour la santé ?

Il y a 50 ans, Enovid, la mère de toutes les pilules contraceptives débarque sur le marché des Etats-Unis et bouleverse la vie des Américaines. Sept ans après, en 1967, les Françaises suivent cette révolution.
Aujourd’hui, la pilule est une quasi évidence pour les femmes mais les experts sont partagés quant aux risques qu'elle fait courir à la santé…

Vie saine et zen - La pilule 50 ans après : quels risques pour la santé ?

Derrière le geste anodin d’avaler chaque jour un comprimé de quelques millimètres, le doute persiste... Et 50 ans après, le débat reste vif ! Existe-t-il un lien entre la prise de la pilule contraceptive et la survenue de certains cancers ? C’est une question que les scientifiques se posent depuis bien longtemps.

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Loi Neuwirth

Après 11 propositions de lois en 10 ans, l’Assemblée Nationale vote enfin la loi Neuwirth le 28 décembre 1967 sous l’impulsion du député gaulliste du même nom, Lucien Neuwirth. Questions de morale, santé, potentiel effondrement démographique… Les débats à l’Assemblée auront été violents.

La loi Neuwirth abroge la loi de 1920 qui interdisait toute contraception.

Ce n’est finalement qu’en 1972 que les françaises pourront acheter leur pilule contraceptive dans leur pharmacie.

En cause : l'éthynilestradiol, une hormone de synthèse
Les hormones de synthèse, présentes dans la pilule sont pointées du doigt. Depuis 50 ans, toutes les pilules contraceptives contiennent le même œstrogène : l’éthynilestradiol. Une hormone de synthèse bien plus puissante que nos hormones naturelles. Avec la prise de la pilule, nos tissus sont alors surexposés à ces hormones.

Des résultats contradictoires
Le nombre d’études sur le lien entre la prise de la pilule et la survenue de certains cancers est impressionnant : pas moins de 10 études ont été publiées depuis 2001. Mais les résultats de ces études sont souvent contradictoires. Qui croire ?

En 2005, le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), dépendant de l’OMS, rendait les conclusions de 21 chercheurs venant de 8 pays différents. Verdict ? Oui, l’action de la pilule est "certaine", dans le bon, comme dans le mauvais sens. Elle augmenterait légèrement les risques de cancer du sein, du col de l’utérus et du foie. En revanche, les risques de cancers de l’endomètre et des ovaires seraient divisés par deux avec la prise de la pilule. Petit plus : cet effet protecteur aurait une efficacité 20 ans après l’arrêt du traitement.

Des scientifiques britanniques ont conclu en mars dernier dans le "British Medical Journal" que la pilule serait bonne pour notre santé. Étonnant non ? Après avoir suivi 40 000 femmes depuis 1968, ils ont démontré que les femmes sous pilule – et non fumeuses ! – mourraient moins de cancers que les autres. Une étude qui va à l'encontre des idées reçues.

Une pilule pas si anodine
Le docteur Brigitte Letombe, gynécologue depuis 1982 et présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, est convaincue des bienfaits de la pilule depuis longtemps. Selon elle, ils sont même "franchement supérieurs aux risques" : tous cancers confondus, la prise de la pilule diminuerait les risques de 12%.

"Aujourd’hui, le mot hormone fait peur", explique-t-elle, "il est lié au cancer, ce qui n’était pas le cas avant les années 2000. Beaucoup de mes patientes vivent aujourd'hui la pilule comme une contrainte et une obligation".

"Prendre une petite dose d’hormone chaque jour n’est pas anodin, confirme Françoise Moreau, gynécologue-homéopathe. C’est même anti-physiologique de bloquer le fonctionnement des ovaires". Selon elle, la dangerosité de la pilule est très difficile à démontrer dans les deux sens.
Dans le doute, nombreuses sont les patientes du Dr Moreau à choisir le stérilet comme alternative. "Les femmes se posent plus de questions et sont plus vigilantes qu’avant".

La pilule, premier contraceptif français
Son succès s’explique par une perpétuelle évolution. Jasmine, Moneva, Harmonet, Trinordiol… Il existe aujourd’hui plus de 50 pilules différentes. Normodosée, en continu, microdosée, biphasique… À chaque femme sa pilule.

La petite dernière
Arrivée en septembre 2009, Qlaira risque de convaincre et de rassurer les plus sceptiques. Pour la première fois en 50 ans, pas de trace d’éthynilestradiol. Qlaira contient un œstrogène différent : le valérate d’estradiol qui va délivrer de l’estradiol dans notre organisme. Cet œstrogène se comporte exactement comme l’hormone présente naturellement chez la femme.

Conséquence : une meilleure tolérance, donc moins d’effets secondaires qu’avec les pilules hormonales. Mais il y a un bémol : la deuxième hormone progestative contenue dans Qlaira, le diénogest, reste une hormone de synthèse.
Le bilan, en moins d’un an d’existence, est plutôt bon : Qlaira, a déjà séduit 60 000 françaises.

Une chose est sure, la pilule n’a pas fini de faire parler. 50 ans et encore de beaux jours devant elle !

5 %

des françaises concernées
n’utilisent aucune méthode
de contraception.


1/3

des françaises
prennent des pilules
non remboursées


60 %

environ
des femmes de 15 à 54 ans
utilisent la pilule




                

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