L'apprentissage de la paresse

Prendre son temps est devenu une nécessité en matière de bien-être, de santé, de respect de l'environnement… On peut choisir d'apprendre à être paresseux.

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Nous vivons dans une société où tout le monde court à droite et à gauche, se déplace sur des engins à roulettes, où des rappels électroniques sur nos smartphones nous suggèrent de respirer profondément, où l'on trouve dans des boutiques des fruits tout épluchés, des plats tout préparés… Il est devenu urgent d'apprendre à ralentir, à prendre notre temps…

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Slow food

S'il est un domaine ou la lenteur exerce ses bienfaits, c'est bien celui de l'alimentation.

"Les paresseux ont beaucoup en commun avec le Slow Food Movement, né en Italie dans les années 1980 comme un antidote à la fast-food", précise Jennifer McCartney*.

Il s'agirait de manger une nourriture fraîche, à dominante végétale, de préférence bio et produite localement, plutôt autour d'une table avec des amis.
Mais dans tous les cas, le plus important est de déguster, de savourer, d'apprécier ce qu'on a choisi de manger… Et de s'éloigner de son ordinateur.

 

Des animaux au poil hirsute
Jennifer McCartney* conseille de prendre exemple sur les paresseux, ces mignons animaux à longues jambes, au poil hirsute et aux grands yeux ronds, dotés de seulement deux ou trois orteils, qu'on trouve en Amérique centrale et en Amérique du sud…
"Les paresseux exercent leurs actions en pleine conscience. Ils sont contemplatifs, réfléchis, calmes et concentrés. Ils se désintéressent de la politique, de savoir qui a fini la bouteille de lait ou du nombre de kilomètres parcourus sur leur tapis de course. Rien ne leur cause réellement de souci. Vivre lentement, comme si chaque instant était le dernier, telle est leur devise. Ce sont de merveilleux animaux."*

Vivre comme un paresseux
Alors si l'on prenait modèle sur les paresseux ? Si l'on apprenait à vivre tranquillement ? On pourrait commencer par bouger lentement et respirer profondément, ce qui permet de chasser le stress et de gagner en relaxation.
"Des activités comme le yoga ou le Taiji Quan (aussi connu sous le nom de thérapie du mouvement lent) ont démontré qu'elles étaient efficaces dans le traitement de la plupart des douleurs chroniques."* Jennifer McCartney évoque à ce propos une étude états-unienne qui a montré que trois mois de pratique quotidienne de Taiji Quan permettent de faire baisser le niveau de douleur chez des patients arthritiques.

Au calme…
L'une des mesures les plus importantes à prendre est de trouver du calme. La pollution sonore pénalise notre santé physique et mentale. Il vaut donc mieux éviter les foules, les fêtes bruyantes et préférer une promenade dans un parc ou dans une forêt (voir : La sylvothérapie ou les bienfaits des bains de forêt). Et s'il est impossible d'identifier un endroit tranquille à la ronde, on peut toujours avoir avec soi des protections auditives, genre boules Quies.

… Ou en musique
En revanche il y aurait des morceaux de musique propices pour se relaxer. Jennifer McCartney cite le titre Weightless du groupe Marconi Union mais aussi Someone like you d'Adele ou Sail away d'Enya. Rien de tel que l'écoute de la musique pour réapprendre à passer des moments seul, en face de soi.
"Choisir d'être seul apporte un nombre non négligeable de bénéfices psychologiques. Une solitude délibérée peut nous permettre de mettre les choses en perspective, loin du tumulte de la foule. Cela pousse à l'introspection et à la créativité, et augmente la concentration."*

Les vertus de l'ennui
La solitude est aussi la situation idéale pour réapprendre à s'ennuyer. Mais il ne s'agit pas de l'ennui négatif, délétère, révélateur d'une souffrance psychique, cousin de la mélancolie ou de la dépression.
Émilie Devienne**, coach, vante les vertus d'un ennui positif, fécond et profitable. Ce "vide fertile" s'appuie sur trois mots en "C" : connexion à soi, compréhension des personnes et des situations, créativité.

Ce type d'ennui nécessite dans un premier temps de perdre le contrôle, de mettre de côté ses mécanismes de défense habituels. C'est un allié, un informateur qui nous dit que nous n'écoutons pas assez nos besoins, que nous ne portons pas notre attention au bon endroit. Il donne l'occasion de se connecter à soi. C'est un espace pour comprendre. Il permet d'accueillir l'inédit, l'inattendu, de se rendre disponible à des signaux plus subtils que nous envoie la vie. Peut-être même d'ordre spirituel.
"L'ennui est le début d'une quête."**

Dormir tout son soûl
Le sommeil est bien-sûr l'un des axes principaux dans la quête de la paresse.
"Passer une bonne nuit de sommeil améliore la qualité de votre humeur, augmente votre mémoire à court terme et vous aide même à bâtir vos muscles."*
L'idée est de se connecter à son horloge interne et de dormir tout son soûl, quand on en ressent le besoin. Rien de mieux que de profiter d'une bonne sieste !

Profiter des vacances
Pour démarrer cet apprentissage de la paresse, il y a sans doute des périodes plus propices que d'autres. Celle des vacances est à privilégier naturellement. Mais même durant cette période, il y a des pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.

Par exemple en voyage, le stakhanovisme des visites culturelles ou des activités sportives, la frénésie des photos et autres selfies sont totalement étrangères au paresseux.
"Voyager, c'est être actif, mais dans un certain état de dilution, et suivre les chemins qui s'offrent à nous sans s'embarrasser d'un programme trop précis - et c'est là la beauté de la chose. Nous voyageons pour sortir de notre routine et pour nous ressourcer avant de nous en remettre de nouveau aux vicissitudes du quotidien."*

Se concentrer sur ce que l'on aime
Au bout du chemin, on aura appris (ou réappris) à se concentrer sur les choses que l'on aime.
"Alors, prenez votre brassée de feuilles à l'arbre de la vie et profitez de votre existence au maximum. Passez-la à faire les choses que vous aimez : dormir, sortir, apporter de la joie aux autres. Tout ce que vous voulez. Votre vie vous appartient !"*

 

Sources :
*La Philosophie du Paresseux, Jennifer McCartney, éditions Ideo
**Buller malin, Ne rien faire et le faire bien, Émilie Devienne, éditions Eyrolles


                

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