Le diktat de l’orgasme

En matière de sexualité, on a aujourd’hui l’impression que l’orgasme est le but ultime. Existe-t-il une "norme" ? Quelle image de la sexualité les médias véhiculent-ils ? Et si pour atteindre l'orgasme il suffisait d’y mettre plus d’émotion ? Des spécialistes abordent avec nous ces questions.

Vie saine et zen - Diktat de l'orgasme

L’orgasme, on ne parle plus que de ça. Notre sexualité semble être guidée par cet objectif. Comme dans tous les domaines de la vie, il est parfois bien difficile d’être au top de la performance, mais si l'orgasme n'est pas au rendez-vous faut-il pour cela considérer le rapport sexuel comme "raté" ? Heureusement, avant l’orgasme, il y a le plaisir, le plaisir de jouir !

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L’orgasme : besoin physique ou luxe superflu de la sexualité ?
L’orgasme n’est ni superflu, ni indispensable, selon Catherine Blanc, sexologue, psychanalyste, ce serait plutôt l’aboutissement de la sexualité. "[Il] n’est pas seulement le résultat d’une stimulation nerveuse ; il faut avoir la capacité de vivre son intimité avec soi, dans la rencontre avec l’autre", explique-t-elle.

Ceci dit, même dans une configuration idéale, il peut arriver que l’orgasme n’ait pas lieu. Pour les partenaires, la relation sexuelle peut donc être décevante. Sauf si la personne n’a jamais connu l’orgasme, "car dans ce cas il n’est pas douloureux de ne pas en connaître les plaisirs", ajoute Catherine Blanc. "Mais cette personne peut souffrir d’un décalage avec la performance humaine dans le cadre de la sexualité."

Les mécanismes physiques et psychologiques qui engendrent - ou non - l’orgasme
Au niveau physique, des pulsions émanent de notre corps. Pas seulement pour le sexe, mais pour nos besoins de nourriture, ou de caresses. Dans le cas du sexe, ces pulsions mènent à la fabrication par le cerveau, d’hormones telles que l’ocytocine (responsable des contractions chez la femme enceinte), la DHEA (aux effets antivieillissement) et les endorphines. Comme le sport, le sexe a une fonction d’apaisement.

Il y a ensuite l’aspect psychologique. Pour atteindre l’orgasme, il faut s’y autoriser. Il faut aussi autoriser l’autre à nous troubler.
"Certaines personnes sont capables de faire l’amour et de ressentir des sensations très agréables sans pour autant se rendre à l’orgasme", explique Catherine Blanc. Le non-désir est respectable et légitime. "Aujourd’hui, au nom de la liberté, on considère qu’il faut s’offrir à tout prix à l’autre. Mais la liberté, c’est également celle de ne pas s’offrir. On est passé de la liberté de l’orgasme au devoir ; on passe donc à côté de la liberté. Et c’est là qu’on tombe dans le diktat de l’orgasme."

Une norme orgasmique ?
Superficiels ou profonds, courts ou longs, intenses ou mécaniques… À ce sujet, nos spécialistes sont clairs : il n'existe ni norme, ni quotas à atteindre en matière d'orgasme.

Les médias véhiculent l’idée d’une sexualité axée sur la performance et l’orgasme
Les garçons découvrent la sexualité à l’adolescence grâce aux films porno. Pour les filles, c’est plutôt la presse féminine qui joue le rôle d’informateur. Dans un cas comme dans l’autre, on retrouve l’idée de performance sexuelle. Cet objectif, pas toujours facile à atteindre, incite les filles et les garçons à envisager la relation sexuelle comme un acte très technique où la part de relation humaine et d’émotions est trop souvent oubliée.

Une sexualité en accord avec nous-mêmes
Le problème, c’est qu’en voulant copier le porno, les garçons considèrent la femme comme un objet sexuel. Bien que la libération sexuelle ait eu lieu, les femmes, comme les hommes d’ailleurs, ne doivent pas accepter ou participer à des activités sexuelles où ils ne se sentent pas à l’aise, sous peine d’abîmer l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. "Il n’y a rien de choquant à ne pas vouloir que sa première expérience sexuelle commence par une sodomie et se termine par une éjaculation faciale" rassure Gérard Leleu, sexologue.

Cette volonté de performance impacte nos relations de couple
Beaucoup de couples mélangent amour et performance sexuelle. Or, on ne mesure pas l’amour au nombre d’orgasmes ou à la fréquence des rapports. Le désir et les hormones, seuls, ne mènent pas à une sexualité épanouie. Pour atteindre l’équilibre, il faut miser sur le long terme.

Chaque relation sexuelle est unique, n’essayons pas de savoir si c’était bien ou pas. Demandons nous plutôt si au milieu de ces plaisirs sexuels, il y a eu un véritable échange avec l’autre. C’est peut-être ça le secret de l’orgasme.

120

rapports sexuels
en moyenne
par français et par an


8 secondes

durée moyenne
d'un orgasme
chez l'homme et la femme


8 à 10 fois plus

d'intensité
pour l'orgasme féminin
par rapport au masculin



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