Le syndrome du côlon irritable : ce que disent nos viscères

Trouble digestif très répandu, le syndrome du côlon irritable est difficile à traiter de manière efficace. Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) apportent des solutions intéressantes.

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Les symptômes sont très désagréables : ventre ballonné, douloureux, gaz, diarrhée et/ou constipation… Après un gros repas, ce n'est pas très confortable mais ça peut passer. Si les troubles persistent et deviennent chroniques, si par exemple des douleurs lancinantes apparaissent régulièrement, cela devient préoccupant. Il se peut alors que le médecin diagnostique un syndrome du côlon (ou de l'intestin) irritable ou encore (c'est la même chose) une colopathie fonctionnelle. Ce syndrome n'est pas dangereux et n'entraîne pas d'autres maladies. Par ailleurs les troubles peuvent être épisodiques avec des périodes de répit, mais dans les moments de crise ils sont fort invalidants.

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Le pouvoir des plantes

Menthe poivrée
L'huile essentielle de menthe poivrée a fait l'objet d'études convaincantes contre le SCI du fait de ses propriétés antispasmodiques. Il faut néanmoins prendre soin de l'ingérer sous forme de comprimés gastro-résistants solubles dans l'intestin car, si elle se répand dans l'estomac, elle peut en aggraver les brûlures*.
Un jus à base d'aloe vera et de menthe infusée permet de réduire l'inflammation et soulager les douleurs****.

Artichaut
L'extrait d'artichaut a une certaine efficacité pour soulager les troubles digestifs*.

Myrtille
La myrtille a des effets bénéfiques pour les diarrhées, en décoction, en jus ou en extrait (gélules)**.

Psyllium et graines de lin
Le psyllium et les graines de lin sont des sources de fibres, douces pour l'intestin**.

Pamplemousse
L'extrait de pépins de pamplemousse renforce et purifie le microbiote intestinal**.

Autres plantes
Certaines plantes agissent à la fois sur les sphères nerveuse et digestive : basilic, estragon, marjolaine, camomille, verveine odorante ou mélisse. Elles sont parfaites en infusion*****. 

1 personne sur 5
10 % à 20 % de la population occidentale seraient touchés par le syndrome du côlon irritable (SCI) qui représenterait 30 % à 50 % des consultations des gastroentérologues. Les femmes seraient 2 à 3 fois plus concernées que les hommes*. Difficile d'avoir une statistique fiable car de nombreux patients ne déclarent pas leur maladie !

Causes mal connues
Contractions anormales et douloureuses de l’intestin, hypersensibilité aux mouvements du côlon et du rectum… Les causes de ce trouble sont encore mal connues. Quant à ses origines, les pistes explorées aujourd'hui tournent autour de changements hormonaux, de déséquilibres du microbiote intestinal voire de sévices vécus pendant l'enfance*.

Médicaments peu efficaces
Antispasmodiques, anti-nauséeux, anti-diarrhéiques, laxatifs, émollients, antidépresseurs… Les traitements médicamenteux proposés en allopathie sont peu convaincants avec des effets secondaires indésirables qui mettent en cause la balance bénéfices/risques**.

Réduire le stress
On a longtemps cru que le stress était le principal responsable du SCI. Il semblerait qu'il ne soit qu'un facteur aggravant. Dans tous les cas, les techniques qui permettent de mieux le gérer permettent d'adoucir les symptômes : relaxation, sophrologie, yoga, Taiji Quan, Qi Gong, méditation, massothérapie… 30 minutes d'exercices physiques quotidiens sont également une bonne manière de l'évacuer et d'encourager la digestion.

Dans certains cas réduire son niveau de stress et modifier son alimentation suffisent pour neutraliser un SCI.

Enquêter sur son alimentation
Les conseils alimentaires qu'on rencontre fréquemment commencent par des recommandations d'hygiène simples qui valent pour tout un chacun :
- boire de l’eau régulièrement au cours de la journée ;
- manger à des heures régulières, bien mastiquer et ne pas sauter de repas ;
- réduire voire supprimer le lactose et les céréales à gluten qui provoquent une hyperperméabilité intestinale ;
- réduire les (mauvaises) matières grasses.

D'autres propositions sont plus spécifiques, mais leur efficacité n'est pas toujours au rendez-vous :
- éviter l’alcool, le chocolat, le café et les boissons caféinées ;
- remplacer les épices (poivre, piment...) par des fines herbes ;
- augmenter la consommation de fibres solubles (avoine et orge, par exemple) et réduire la consommation de fibres insolubles (blé entier et petits fruits, par exemple) ;
- consommer salades et légumes crus à la fin des repas.

Il peut être utile d'expérimenter l'effet d'un aliment, par exemple en l'excluant pendant quelques semaines avant de le réintroduire.

Éviter les FODMAPs
Certains nutritionnistes conseillent des régimes (comme le régime Atkins) consistant à réduire les glucides à chaîne courte (FODMAP).

Ces régimes sont difficiles à mettre en pratique sur le long terme, d'autant qu'on trouve ces FODMAPs dans toutes sortes d'aliments : du blé aux champignons en passant par l'ail, l'artichaut, le chou-fleur, les légumes secs, le lait, le fromage, le miel, la pomme, la poire et les bonbons sans sucre ! Il vaut mieux acquérir des connaissances solides en nutrition ou être suivi de près par un professionnel ! Un site internet, SOSCuisine, propose des menus personnalisés pauvres en FODMAPs.

Hypnothérapie : validée
Plusieurs études ont validé l'efficacité de l'hypnothérapie dans le traitement du SCI : amélioration des douleurs abdominales, des habitudes de défécation, de la distension de l’abdomen, de l’anxiété, de la dépression et du bien-être en général.

Les solutions de l'homéopathe
Les petites granules blanches pourraient être efficaces pour le terrain colitique : Nux vomica 9 CH, Lycopodium 9 CH, Argentum nitricum 9 CH.
Ensuite il est possible d'envisager un traitement pour chaque symptôme : ballonnement, constipation, diarrhée***…

Probiotiques : les bonnes bactéries
Les probiotiques sont reconnus pour atténuer la fréquence et l’intensité des douleurs abdominales, les flatulences, les ballonnements, et pour régulariser le transit intestinal*. Encore faut-il trouver les bonnes bactéries : Lactobacillus rhamnosus GG, Bifidobacterium infantis, Streptococcus faecium ou Saccharomyces boulardii ?

Phytothérapie et aromathérapie
Comme d'habitude, de nombreuses plantes apportent des solutions très intéressantes (voir encadré).

À l'écoute de nos viscères
Compte tenu du rôle de l'intestin dans notre organisme et de son lien avéré avec le cerveau, il ne faut pas écarter la piste émotionnelle, proposée notamment par la médecine traditionnelle chinoise. Le côlon étant chargé d'évacuer ce que nous n'avons pas assimilé, aliments et émotions, on peut penser à laisser partir l'inutile et à faire circuler les évènements de sa vie ! Soyons à l'écoute de nos viscères !

 

Sources :
*Passeport Santé :
Syndrome de l'intestin irritable – Traitements médicaux
Syndrome de l'intestin irritable – Approches complémentaires
**Alternative Santé : Gaz, spasmes, intestin irritable... le "Plan B"
Inserm : Rapports publiés. Évaluation de l'efficacité de l'hypnose, Juliette Gueguen, Caroline Barry, Christine Hassler, Bruno Falissard.
***Dictionnaire de l'homéopathie, Jacques Boulet, editions Privat
****Améliore ta santé : Un remède simple pour traiter le syndrome du côlon irritable
*****Se soigner avec les plantes, Sophie Bartczak, éditions Terre Vivante


                

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