Les ados, ces incompris ?

C'est l'âge des attitudes excessives et contradictoires, l'âge où l'on n'est plus un enfant mais pas encore un adulte. Les ados d'aujourd'hui sont-ils différents de ceux que nous étions hier ? Se sentent-ils plus ou moins incompris ?

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À partir d'un certain âge, il devient difficile pour les parents de décrypter leur enfant. Voilà qu'il ou elle parle une drôle de langue, passe des heures devant ses écrans et lève les yeux au ciel dès qu'on lui parle. Normal, c'est devenu un ou une ado !

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Leurs moments préférés

44 % des jeunes de 14-18 ans plébiscitent le moment où ils retrouvent leurs amis.
Viennent ensuite les échanges via le téléphone, les réseaux sociaux ou les SMS (31,5 %) et les repas de familles (24 %).
5 % kiffent le séjour en salle de bain pour se préparer.
(Sondage BVA pour What The F*)

Les constantes
Selon le sociologue Ronan Chastellier, le sentiment d'incompréhension chez les ados n'est pas un phénomène nouveau. "Il a toujours existé. Le monde des ados a toujours été un monde à part, un monde un peu clos. On a toujours eu du mal à le percer dès lors qu'on n'était pas dans la tranche d'âge."

Il y aurait donc des constantes à travers les époques : en passant de l'enfance à l'état adulte, les jeunes passent progressivement du virtuel au réel et font des allers et retours entre les deux. Ils ont une perception très partielle du monde de la réalité d'autant qu'ils ont des contraintes relatives à la vie scolaire. Cet entre-deux s'accompagne la plupart du temps d'un jeu avec les figures d'autorité et avec l'esprit de sérieux. Aujourd'hui on privilégie le défoulement, l'attitude "lol" ("laughing out loud").
"La réalité les passionne quand elle donne lieu à délire, à projection. Tout cela vient donner une forme à cet excès d'être qui est typique de l'adolescence."

Les spécificités de l'époque
"Mais avec la modernité, les réseaux sociaux et toutes ces interfaces communicantes, les ados ont réussi à s'isoler encore plus aujourd'hui qu'hier. Le monde qu'ils se créent est encore plus immersif, la confusion est plus forte entre le réel et leurs représentations, on a plus de mal qu'avant à décoder leurs comportements, leur manière d'être", observe Ronan Chastellier.

Même si nous maîtrisons plus ou moins Facebook, Skype et Twitter, nous n'allons pas aussi loin que nos enfants dans la logique de ces moyens technologiques, des émoticônes et des systèmes de préférence. "Les adolescents, entre 14 et 18 ans, ont leur monde à eux, leurs films à eux, leurs vampires à eux, leurs mots à eux… Leurs histoires auto-édifiantes (selfies et autres constructions d'images narcissiques) sont très complexes pour les adultes. Sur le plan vestimentaire, ils ont une manière exagérée de marquer leur différence qui est assez criante : piercings, tatouages, marques spécifiquement "ados". Le détail est très important. C'est dans le détail que les différences se font."

Un moindre fossé entre les générations ?
Pourtant, seulement 40 % des jeunes, entre 14 et 18 ans, se sentent incompris des adultes, selon un sondage BVA pour What The F*, un salon dédié aux ados.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, même s'ils vivent dans un monde virtuel, leur moment préféré est celui de la rencontre physique et la famille n'est pas un repoussoir (voir encadré). Il faut dire que les adultes ont adopté depuis les années 80 les mêmes références culturelles que leurs enfants (BD, séries, jeux vidéo), ce qui renforce les liens intergénérationnels.

"Mais attention ! Ce n'est pas parce qu'ils adoptent les codes vestimentaires, les jeux ou les séries des jeunes qu'ils sont semblables à eux", précise Ronan Chastellier. "C'est une erreur des adultes de vouloir mimer ces codes. Je ne suis pas sûr que les ados apprécient ces imitations, ce faux jeunisme. Ils comprennent très vite quand on les singe."

Cela dépend du milieu social
Il y a bien-sûr des nuances selon les milieux sociaux : selon le même sondage BVA, les ados de 14/18 ans sont 66 % à se sentir incompris quand le père est agriculteur, et seulement 21 % quand le père est chef d'entreprise.

"Il est certain que les marqueurs ne sont pas les mêmes selon les milieux sociaux. Par exemple dans les cités on va beaucoup plus exagérer les aspects de fierté et de virilité. Les stéréotypes sont plus grossissants dès lors que les parents ont moins fait passer une certaine subtilité et un discours de nuances. Dans les milieux les plus aisés on encourage toutes les formes de compréhension, de dialogue et de tolérance. Je ne suis pas sûr qu'on puisse le faire dans des milieux qui sont plus difficiles. C'est un problème de temps et un problème de culture."

Une culture propre
Si les ados d'aujourd'hui se sentent globalement entendus par leurs parents, cela ne les empêche pas de se construire une culture propre, le paradoxe n'est qu'apparent et a existé à toutes les époques.
"Ils sont dans une exclusion inclusive", explique Ronan Chastellier. "Et plus ils grandissent plus ils sont dans l'inclusion. Ils deviennent progressivement mais inéluctablement des adultes."

 


                

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