Les amours de vacances

Nous sommes 65 %, d'après une étude récente, à penser que les vacances favorisent les rencontres amoureuses. Mais les amours qui se nouent pendant la trêve estivale ont-elles une chance de durer ? Faut-il les accepter ou se défiler ?

Les amours de vacances

C'est bien connu, la période des vacances est propice à la séduction. Le soleil, la chaleur… Les corps se dévoilent, parfois à la limite de la nudité. On a fait l'effort de perdre les petits kilos en trop, on est bronzé, on se sent montrable. D'autant qu'on a laissé le stress au bureau. Détendu, notre visage a repris sa plénitude. On est même assez beau finalement…

La parenthèse enchantée
On a déposé derrière nous nos contraintes sociales et familiales, nos préjugés, nos petites manies. Les codes sociaux n'ont plus la même importance… La période de "vacance" (littéralement de vide) peut être un entre-deux hors du temps. Pas de passé, pas de futur. Pour plaire on peut même s'inventer une personnalité un peu enjolivée…

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Vacances entre célibataires

Sur internet, beaucoup de sites proposent ce type de vacances : vacansolo.com, cpournous.com, partirseul, meetngo.com.

Des occasions de rencontres multipliées
Dans le train, dans l'avion, on croise une foultitude de cœur à prendre. Sans parler de la plage, de la piscine, de la boîte de nuit, du bar de l'hôtel, de la table d'hôte… Dans tous ces lieux, le simple fait de partager des émotions permet des rapprochements qui sont déjà des préliminaires : un bain de mer délicieux, un paysage merveilleux, un chef d'œuvre d'architecture ou de musique…

Comment forcer (un peu) le hasard
On peut compter sur les hasards du destin pour mettre l'âme sœur sur son chemin. Mais on peut également utiliser les nouvelles technologies :
Meetic, bien sûr, mais aussi Facebook, Twitter, Myspace… 

Pour trouver quelqu'un qui a les mêmes goûts, les mêmes hobbies, il n'est pas idiot de s'inscrire à un stage dans une discipline qu'on adore ou à un voyage de découverte ou d'aventure dans une région qu'on rêve de visiter depuis des lustres.

Prise de risque ?
Ensuite, à nous d'être vigilant pour accueillir la possibilité de la rencontre quand elle se présente ! Mais ce n'est pas toujours évident et nous rencontrons souvent des résistances intérieures inattendues. Pour le psychiatre Edouard Zarifian, "une rencontre, c’est toujours une mise en question et le passage d’un ordre établi à un désordre, prélude à un nouvel ordre. (…) En fait, il s’agit d’un changement, donc, d’une évolution. C’est le désir ou la peur de ce changement qui favorise ou interdit la rencontre."

Ça y est ! On est attiré par quelqu'un ou on a reçu des signaux indiquant l'attirance de l'autre… Peut-être. On n'est pas sûr. Va -t-on se décider à sauter le pas ? Au risque de se prendre un râteau, peut-être… Rose-Marie Charrest, psychologue, considère qu'on ne prend pas un bien grand risque, sinon le risque d'être heureux, le risque d'avoir du plaisir. Mais, d'après elle, "La peur du rejet nous habite énormément… On est dans une société où on prend plus de temps pour éviter de se faire mal que pour essayer d'être heureux."

La fusion a du bon
Alors c'est décidé, on se jette à l'eau et on vit des moments délicieux : on se regarde dans les yeux, on passe des heures à se parler de tout et de rien, on a les mêmes goûts, la même conception de la vie… On est fait l'un pour l'autre. On se plaît à plaire, on s'adapte délicieusement aux envies de l'autre… Quitte à tordre un peu la réalité de notre être profond, plus ou moins consciemment. 
On est dans la première étape de la rencontre, celle qui est finalement la plus facile (mais très indispensable) : on est émerveillé par l'autre. Ou plus précisément on est émerveillé que l'autre soit émerveillé par soi. 
Cette phase de fusion est une phase essentielle, d'abord parce qu'elle crée des émotions, des souvenirs romantiques qu'on aura plaisir à réveiller plus tard, que l'histoire se prolonge dans le temps ou non. 

Mais c'est également une phase de "repérage" importante.
D'après Serge Hefez, psychiatre, "on ne choisit pas n’importe quel partenaire. Selon sa personnalité, des parties de nous-même totalement inconnues, bonnes ou mauvaises, nichées à l’arrière-plan de notre conscience, vont se révéler et se mettre en mouvement. Souvent, le couple réactive des liens un peu archaïques et fusionnels, identiques à ceux du nourrisson et de sa mère. Pendant la fusion qui a suivi la rencontre, chacun a déjà inconsciemment repéré quelle est la faille de l’autre et qui fera écho à la sienne." 

À la rentrée : quitte…
En septembre, que va-t-il se passer ? Le carrosse va-t-il redevenir citrouille ? La belle histoire peut être éphémère, il faut le savoir et l'accepter.
Si l'aventure s'arrête, il nous reste les souvenirs de plaisirs et de moments privilégiés ainsi que le sentiment d'avoir vérifié notre potentiel de séduction.

… Ou pas ?
Si on décide de passer à la phase suivante et d'entrer dans une relation, on va peu à peu prendre contact avec certaines réalités : se dévoiler, laisser l'autre pénétrer son intimité, commencer à affirmer son identité quitte à poser sa différence, apprendre à vivre des choses ensemble, accepter peut-être de perdre un peu le contrôle… 
Au cours de cette étape, le couple apprendra à créer progressivement un lieu à lui. Ce troisième lieu que Rose-Marie Charrest place dans l'équation "1+1=3" et qui est le territoire de la négociation. 

Quel que soit notre choix, la rencontre nous a renseignés sur nous-mêmes. Elle nous a rassurés. Elle nous a grandis.
Sachons accueillir les amours de vacances…


                

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