Les nanotechnologies : des sciences maîtrisées ? (suite)

40 % des aliments industriels en 2015 ?
Les nanocomposants permettent de prolonger la conservation, d'améliorer la transparence ou la protection contre les effets de l'air et de la lumière.

Dans l’alimentation, on retrouve des nanoparticules comme matériau d’enrobage, comme auxiliaires de production (adjuvants, disperseurs, additifs), comme principe actif (calcium, magnésium) dans des compléments alimentaires.

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Des enjeux mal connus

En France, les sociologues du CNRS ont créé une commission interdisciplinaire "Impacts sociaux des nanotechnologies" qui a fonctionné entre 2004 et 2007 mais n'a pas été renouvelée.
Pourquoi ?
Parce que toutes les personnes interrogées étaient dans l'incapacité de répondre aux questions des sondeurs et enquêteurs sur le sujet.

Pour le grand public, la définition et les enjeux des "nano" (comme les OGM) demeurent vagues et suscitent espoirs, inquiétudes et rumeurs.

On en trouve également dans des films plastiques alimentaires, des emballages comme, par exemple, la barquette de salade recyclable et compactable, des outils de cuisine antibactériens, des boissons chocolatées, et même dans des produits pour bébés.

Il y a principalement quatre domaines de recherche :
- modification des semences, engrais et pesticides,
- "renforcement" et modification de la nourriture,
- nourriture interactive "intelligente",
- emballage et suivi alimentaire "intelligents".

D’après les estimations du groupe "Helmut Kaiser", d’ici 2015 les nanoaliments constitueraient 40 % des aliments industriels !

Quel impact sur le corps humain et sur l'environnement ?
Lorsqu'on réduit la taille de ce qui compose un matériau jusqu'à l'échelle nano, les propriétés de ce matériau changent et se transforment. Mais on ignore l’évolution et l’impact sur le corps et l’environnement de ce nouveau matériau !
Les nanomédicaments, testés depuis 2003 sur le cancer du cerveau et de la prostate, inquiètent certains spécialistes quant à leur impact sur l'organisme.
Plus les nanoparticules sont fines, plus elles se déplacent dans le corps, pouvant aller jusqu'au cerveau ou modifier l’ADN. L'inhalation de nanotubes de carbone peut provoquer des inflammations, une altération de la capacité respiratoire et augmenter le risque de cancer.

"Depuis plusieurs années, explique Rose Frayssinet, spécialiste des nanotechnologies pour l'association des Amis de la Terre France, les entreprises mettent sur le marché des produits contenant des nanoparticules sans investir sérieusement dans des études d’impact. L’Afsset (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail, NDLR) confirme les alertes émises par les Amis de la Terre depuis 2006. Il devient urgent de stopper les apprentis sorciers en instaurant un moratoire sur les nanoparticules. Avons-nous vraiment besoin de crèmes solaires plus transparentes ? De sucre en poudre dont les grains ne s’agglomèrent pas ? De chaussettes antibactériennes ?".

"Si 10 % des chaussettes vendues en France contenaient du nanoargent, 18 tonnes d'argent seraient rejetées chaque année dans les eaux superficielles", selon Dominique Gombert, chef du département d'expertise de l'Afsset.

Principe de précaution
Le 24 mars 2010, l’Afsset recommande le principe de précaution pour les nanomatériaux manufacturés et publie les résultats d’une expertise sur l’évaluation des risques concernant plusieurs centaines de produits de grande consommation contenant des nanomatériaux :
- rendre obligatoire la traçabilité des nanomatériaux et la mise en place d’un étiquetage mentionnant leur présence dans les produits,
- interdire certains usages des nanomatériaux pour lesquels l’utilité est faible par rapport aux dangers potentiels,
- harmoniser les cadres réglementaires français et européens pour généraliser les meilleures pratiques : déclaration, autorisation, substitution.

Aujourd’hui, seuls 2 % des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques pour la santé et l’environnement. Les priorités de la recherche devront cibler la toxicologie, l’écotoxicologie et la mesure des expositions.

Les nanomachines : un film de science-fiction ?
Il existe une question éthique à se poser quant à l'utilisation de nano-robots à l'échelle moléculaire capable de manipuler les atomes et les molécules sur le vivant donc de prendre le contrôle d'un individu. Les chercheurs n'ont pas encore trouvé le moyen de les alimenter durablement en énergie, elles sont donc peu autonomes, mais jusqu'à quand ?

La possibilité pour les nanomachines de se reproduire elles-mêmes en mimant le vivant, implique également le risque d'une perte de contrôle à la suite de mutations non voulues ni prévues.
À ce sujet, Eric Drexler, auteur de l’ouvrage "Engines of Creation", a prédit que des bactéries créées se répliqueraient à l'infini et causeraient des ravages sur la flore mais aussi sur la faune et même sur l'humanité.

Autant dire que les NST doivent être absolument maîtrisées si nous souhaitons les utiliser parce qu’elles ne sont pas biodégradables et que nous ignorons encore leur évolution.


                

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