Manger en pleine conscience

Savoir écouter ses besoins et ses envies, se déconditionner de ses modèles et de ses peurs, dédiaboliser les aliments, nourrir son cœur… La méditation de pleine conscience a beaucoup de choses à nous apprendre dans le domaine alimentaire.

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Nous mangeons très souvent l'esprit accaparé par un écran de télévision, d'ordinateur ou de smartphone, pressés d'en avoir fini pour pouvoir enchaîner dare-dare une journée ou une après-midi de travail. Dans ces conditions nous prêtons peu d'attention à ce que nous mangeons. Mais certains sont dans l'excès inverse et l'on assiste de plus en plus au développement des troubles alimentaires : boulimie, anorexie, orthorexie (préoccupation obsessionnelle pour la qualité diététique de son alimentation).

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Six conseils pour manger en conscience

1) Si l'on n'a pas faim : ne pas manger.

2) Manger de petites portions, faire régulièrement une courte pause pour vérifier le niveau de remplissage de l'estomac : à la fin pas plus des deux tiers.

3) Manger lentement, en savourant et mastiquant chaque bouchée.

4) Déposer ses couverts après chaque bouchée pour ralentir le rythme.

5) N'adopter ni ne rejeter aucun aliment de façon radicale, éviter tout excès aussi bien dans un sens que dans l'autre. "Les aliments ne sont que des aliments. Le reste, ce ne sont que des jeux de l'esprit."

6) Se concentrer profondément sur ce que l'on mange et se rendre compte qu'on est, par l'intermédiaire de la nourriture, en contact avec une multitudes d'êtres vivants : les animaux, les plantes et les gens "dont l'énergie vitale s'est transmise aux aliments qui se trouvent dans l'assiette".

Une approche névrotique
Dans les deux cas, il s'agit d'une approche névrotique de la nourriture. C'est pourquoi Gérard Apfeldorfer, psychiatre, spécialiste du comportement alimentaire, plaide pour un retour à une alimentation intuitive (voir : L'équilibre alimentaire : manger plaisir, manger intuitif).

Sa démarche converge avec celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui préconisent d'utiliser dans ce domaine la méditation de pleine conscience.
"En ce qui me concerne, je me définis comme laïc de stricte obédience. Mais il faut bien admettre que je n'ai rien trouvé de plus puissant, à ce jour, que les outils de la méditation de pleine conscience pour aborder les difficultés psychologiques et émotionnelles", écrit-il dans la préface de Réapprendre à manger, le livre de Jan Chozen Bays*, pédiatre et professeur de zen.

La méditation appliquée à l'alimentation
Il s'agirait donc de "manger en pleine conscience". Qu'est-ce que ça veut dire ? "Ouvrir la conscience de notre esprit à nos aliments et à notre corps, aussi bien avant de manger qu'en mangeant et après avoir mangé", explique Jan Chozen Bays. Et cette démarche ne doit comporter aucune critique, aucun jugement. On pourrait même aller jusqu'à décider en conscience… de manger inconsciemment !

Il y aurait, selon elle, sept sortes de faim qu'il est important d'apprendre à reconnaître et qu'on peut gérer, chacune différemment, grâce à la méditation de pleine conscience.

La faim des yeux, du nez, de la bouche
Les odeurs nous poussent à manger et nous avons souvent "les yeux plus gros que le ventre". Mais dans les deux cas on peut prendre conscience qu'il est possible de ne rassasier que les yeux, de ne savourer qu'avec le nez.

La faim de la bouche est l'envie que peut avoir la bouche d'éprouver des sensations agréables. Pendant qu'on mange, on peut néanmoins focaliser son attention sur la bouche, mastiquer quinze ou vingt fois, s'ouvrir aux sensations de textures, de mouvements, d'odeurs, de sons, de saveurs.

La faim de l'estomac, des cellules
Le petit "creux" à l'estomac est en fait conditionné par la régularité de nos habitudes alimentaires. Mais on peut apprendre à se mettre à l'écoute de son estomac, à évaluer ses sensations. L'estomac aime être vide, au repos, ou ne pas se sentir trop plein, maximum au deux tiers.

Le corps a sa sagesse propre et connaît ses besoins en sel, en fer, en bon gras, en bêtacarotène, en protéines, en vitamines… Quand ces besoins ne sont pas satisfaits, le corps nous envoie des signaux qu'il faut savoir décoder : mal de tête, étourdissements, irritabilité, vertiges, chute d'énergie. Il est très important d'acquérir l'habileté de percevoir cette faim de nos cellules.

Ces deux types de faim sont en réalité les seules à ne pouvoir être satisfaites que par de la nourriture et des boissons.

La faim de l'esprit, du cœur
La faim de l'esprit a son origine dans les pensées et est influencée par les informations qui parviennent jusqu'à nous par l'intermédiaire des médias, des livres, des modes…
Les vérités absolues sur les bons ou les mauvais aliments changent selon les époques. Par exemple l'huile de coco a été longtemps déconseillée alors qu'on en vante aujourd'hui ses bienfaits. Les croyances peuvent prendre le pas sur les besoins profonds du corps.
"Lorsque l'esprit s'encombre de règles à propos de ce qu'il faut manger et de ce qu'il ne faut pas manger, tout le plaisir de ce qui se passe véritablement dans la bouche est perdu."

Certains aliments sont nourrissants pour le cœur, ce sont des aliments réconforts. Ils sont associés à des atmosphères ou des émotions particulières et répondent ainsi à un besoin d'amour et de bienveillance.
"Lorsque nous préparons avec soin notre propre nourriture, en nous traitant comme nous traiterions un invité, nous nourrissons notre cœur."

Apprendre à nourrir son cœur
Selon Jan Chozen Bays, la plupart des déséquilibres alimentaires découlent de l'absence de conscience de la faim du cœur. Or, selon elle, aucun aliment ne pourra jamais satisfaire cette faim. La seule solution pour y parvenir est "d'apprendre à nourrir son cœur". Comment ? Par une méditation, une marche, une musique, un moment passé avec un animal de compagnie ou avec des proches.

"En fin de compte, ce qui doit nourrir notre cœur, c'est notre intimité avec le moment présent."

Des lignes de conduite simples
Jan Chozen Bays préconise ainsi des lignes de conduite simples comme le fait de ralentir : réapprendre à manger lentement, à mastiquer, à faire des pauses.

Il faudrait également doser la quantité juste de nourriture que nous ingérons : savoir équilibrer l'apport et la dépense d'énergie, se préoccuper non seulement des besoins de notre corps mais aussi de la répartition équitable des ressources alimentaires dans le monde.
"Un dicton japonais dit que huit parties d'un estomac nourrissent l'individu et que les deux autres parties nourrissent le médecin."

Faire taire le bavardage intérieur
On ne correspond jamais aux modèles perfectionnistes idéalisés, et souvent contradictoires, qu'on se met en tête. L'objectif est d'essayer d'aller vers plus de bienveillance vis-à-vis de soi-même, plus de gratitude vis-à-vis de notre nourriture et de ceux qui l'ont produit.
Par ailleurs l'accès à une masse importante d'informations sur la nourriture et la santé peut causer de la peur, de l'angoisse voire des comportements obsessionnels comme l'orthorexie qu'il faut traiter comme toutes maladies de l'esprit. Il est important d'apprendre à sortir du "nutritionnisme".
La méditation est un outil efficace pour faire taire le bavardage intérieur qui pousse à se critiquer soi-même en permanence.

 

*Réapprendre à manger, Jan Chozen Bays, éditions Les Arènes


                

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