Parler aux enfants de l'actualité violente

Attentats, prises d'otages, catastrophes naturelles… Les images violentes déferlent sur nos écrans et provoquent souvent des émotions fortes chez les adultes. Doit-on en parler aux enfants et, si oui, en quels termes ?...

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Impossible pour les enfants d'éviter l'actualité violente. Que ce soit, il y a peu, la décapitation d'un otage ou, tout récemment, le meurtre d'un policier sur un trottoir, les images circulent à la télévision, sur internet et les copains en parlent à l'école.

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Raconter simplement

Par exemple, concernant les évènements de Charlie Hebdo, Isabelle Pailleau propose une version des faits accessible aux enfants : "Il y avait des journalistes qui étaient en train de travailler, qui pensent qu'on peut rire de tout, qu'on peut dénoncer en riant des choses qu'on ne trouve pas normales. Il y a des extrémistes qui se réclament de l'islam et qui ne sont pas contents quand on ne pense pas comme eux. Ils étaient tellement persuadé d'avoir raison qu'ils ont pris des armes pour aller les tuer."

L'important, selon elle, est d'utiliser un vocabulaire accessible, ne pas partir dans des explications fumeuses. Selon les âges, le niveau de langage va changer mais le contenu sera à peu près le même.

Mettre des mots
"Il faut parler aux enfants de l'actualité violente parce que c'est inquiétant", affirme Isabelle Paillleau*, psychologue clinicienne.
"Il faut expliquer et rassurer, ce qui ne veut pas dire minimiser."

Les faits violents sont exposés en permanence dans les médias. Il est nécessaire de mettre des mots sur ce que les enfants reçoivent, d'autant qu'ils perçoivent parfaitement l'émotion et l'inquiétude de leurs parents.
"On est dans une société du déferlement de l'image. Les enfants sont de plus en plus rivés sur les tablettes et les ordinateurs et ces images leur arrivent sans aucun filtre. Ils prennent l'émotion au premier degré."

En primaire : protéger et expliquer
"Quand on a des enfants en primaire, la première chose à faire est de ne pas les laisser subir le flot d'informations : on éteint la radio, on ne les laisse pas assister au journal télévisé… Il faut qu'ils évitent les images, surtout celles qui tournent en boucle avec des commentaires et des hypothèses susceptibles de provoquer de l'angoisse. Les enfants n'ont pas l'expérience et la conscience des choses."

En revanche les parents doivent expliquer ce qui se passe avec les mots les plus simples possibles. Juste décrire la situation. S'en tenir aux faits. (Voir encadré.)

Partager ses émotions et rassurer
Il est important aussi que les adultes parlent des émotions qu'ils ressentent. Préciser que c'est normal d'avoir peur, parce que tout à coup on ne se sent plus en sécurité. Dire qu'on est infiniment triste, choqué, que parfois il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre… Mais ils doivent épargner aux enfants les prédictions catastrophistes du genre : "c'est mal parti, ça va être de pire en pire !".
Il ne faut rien cacher aux enfants mais il ne faut pas déverser sur eux des questionnements et des peurs d'adultes. "Ce ne sont pas des poubelles", rappelle avec humour Isabelle Pailleau.

Ensuite il ne faut pas oublier d'expliquer les solutions qui peuvent être mises en place par les autorités. "On est obligé de rassurer même si nous ne le sommes pas totalement nous-mêmes."

Pour les plus grands : faire parler, dialoguer
"Au collège et au lycée, il faut les laisser exprimer ce qu'ils ont compris et ressenti. Ensuite l'adulte est là pour faire une synthèse de ce qui a été dit."

Le dessin est aussi un mode d'expression très intéressant tout comme les jeux d'enfant. "J'ai un jeune patient qui s'est mis à jouer au GIGN après avoir vu les images de la prise d'otages de la porte de Vincennes. Le jeu a une fonction de mise à distance et d'appropriation. Il donne le sentiment d'avoir la main. Pendant la guerre, les enfants jouaient à la guerre", explique Isabelle Pailleau.

Prendre en charge le stress post-traumatique
Il peut arriver dans certains cas que des enfants souffrent de stress post-traumatique à la suite du spectacle de l'actualité violente.
C'est ce qui s'est passé dans le cabinet d'Isabelle Pailleau après les évènements du 11 septembre de 2001 et du tsunami de 2004 : "C'était des gamins qui tournaient en boucle là-dessus avec l'idée que ça peut arriver à n'importe quel moment, qu'on n'est pas en sécurité… On a l'impression qu'ils sont rentrés dans l'image et qu'ils en sont prisonniers. Tout le reste devient noir."

Dans ce cas, la thérapie consiste à les faire verbaliser au maximum, les faire sortir de la généralisation selon laquelle "tout est dangereux".
"Il faut les remettre du côté ensoleillé de la rue", dit souvent Isabelle Pailleau.
Les parents peuvent aider en évitant parler uniquement de choses négatives, en expliquant que la vie est faite de moments difficiles et de moments merveilleux, que ce n'est pas linéaire, tout blanc ou tout noir, que ça alterne.

Il suffit parfois d'une seule séance pour constater une amélioration. "Avec les tout petits en trois séances c'est réglé. Les ados, il faut les réinscrire dans l'action, il faut un peu plus de temps. Les enfants précoces sont plus touchés parce qu'ils ont tendance à cogiter plus qu'il ne faut, à avoir une anticipation anxieuse importante. Avec eux, il ne faut pas faire appel à la raison, il faut parler des émotions et projeter dans des choses constructives. Reconnecter la tête et le corps."

 

* Auteur avec Audrey Akoun de : Je dis enfin stop à la pression et Apprendre autrement avec la pédagogie positive, éditions Eyrolles
Site d'Audrey Akoun et Isabelle Pailleau : La Fabrique à bonheurs


                

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