Prendre soin de sa thyroïde

Régulateur central de l'organisme, la thyroïde y joue un rôle essentiel. De nombreux facteurs peuvent perturber son bon fonctionnement et amener à un excès ou à un déficit de production d'hormones thyroïdiennes. Heureusement, il existe différents moyens de revenir à l'équilibre…

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La thyroïde est située sous la peau, à la base du cou, à l'endroit on l'on boutonne son col de chemise. Elle a la forme d'un papillon.
On a beaucoup parlé d'elle concernant notamment les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl ou du scandale du Lévothyrox (voir : Lévothyrox, l'étude de bioéquivalence mise en cause).

C'est une glande endocrine qui libère dans le sang des messagers (hormones) dont la T3 et la T4. Elle produit cette dernière en plus grande quantité, la T4 étant une forme de réserve capable de se convertir en T3. La T3 est, sous sa forme libre, la seule hormone active.
L'influence de la thyroïde est majeure sur l'organisme car les hormones thyroïdiennes sont les hormones de l'énergie et régulent le métabolisme des cellules (voir encadré).

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Thyroïde : régulateur central de l'organisme

Son nom vient du grec "thyreoeides", bouclier, par analogie de la forme de la glande avec celle des boucliers de l'antiquité.

Les hormones thyroïdiennes interviennent sur l'ensemble des cellules de notre corps dans des fonctions multiples qui vont de la croissance osseuse au fonctionnement du tube digestif et de l'appareil génital en passant par le développement mental, la consommation d'énergie ou le rythme du cœur… Elles "gèrent" l’énergie du corps, c’est-à-dire la capacité à utiliser les nutriments apportés par l’alimentation (glucides, lipides, protides). La thyroïde est le régulateur central de l'organisme.
Son bon fonctionnement, chez la femme enceinte, est essentiel au développement du cerveau du fœtus.

Les deux principales hormones de la thyroïde sont la T3 (triiodothyronine) et la T4 (tétraïodothyronine ou thyroxine). Toutes deux comprennent le terme "iodo", car l’iode est un de leur composant, indispensable à leur production.
Cette production est administrée dans le cerveau par l'hypothalamus qui secrète une hormone, la TRH (thyréotrope), qui stimule l'hypophyse. Cette dernière produit la TSH (thyréostimuline) qui, à son tour, stimule la glande thyroïde. En retour, les hormones thyroïdiennes régulent la production de TSH et de TRH.
La TSH est élevée en cas d'hypothyroïdie.
Elle est basse en cas d'hyperthyroïdie. 

Des troubles courants
Les troubles de la thyroïde sont courants et conduisent à une sous-production d'hormones (hypothyroïdie : 1 à 2 % des Français, selon la HAS) ou une surproduction (hyperthyroïdie).

Le trouble hypothyroïdien le plus répandu est une maladie auto-immune, la thyroïdite de Hashimoto. Pour le trouble hyperthyroïdien, il s'agit aussi d'une maladie auto-immune, la maladie de Basedow (90 % des cas).
Dans certains cas, on assiste à la formation d'un goitre : un gonflement à la base du cou dû à l'augmentation du volume de la thyroïde.

Il peut se former dans la glande de petites masses (nodules) dont 95 % sont bénins mais qui peuvent entraîner un dérèglement dans la production d'hormones.
Le cancer de la thyroïde représente en France 1 % des cancers et touche 2 à 3 fois plus les femmes que les hommes. La guérison s'obtient par ablation totale de la thyroïde qui entraîne un traitement hormonal substitutif à vie.*

Une thyroïdite "post-partum" peut se produire après l'accouchement, chez 8 à 10 % des femmes, entraînant des symptômes plus ou moins marqués, le plus souvent transitoires.**

Causes et facteurs aggravants
Parmi les causes profondes et les facteurs aggravants, Philippe Veroli, médecin spécialisé en nutrition et diplômé de médecine traditionnelle chinoise, cite* :
- les carences en minéraux, l'iode notamment, mais aussi le sélénium, le zinc, le magnésium, le fer,
- les carences en vitamines du groupe B, et en vitamine D, A et E,
- les carences en tyrosine (un acide aminé présent dans les protéines alimentaires, notamment les amandes, les avocats, les bananes, les fèves, les graines de citrouille, les graines de sésame et les produits laitiers),
- la sensibilité au gluten,
- les régimes trop restrictifs,
- les métaux lourds (plomb et mercure),
- les perturbateurs endocriniens (voir : Se protéger des perturbateurs endocriniens),
- les nitrates,
- le tabagisme,
- les substances qui perturbent la fixation de l'iode (brome, fluor, chlore).

Cocktails médicamenteux
Certains médicaments interfèrent avec la fonction thyroïdienne : lithium, amiodarone, interféron alpha, glucocorticoïdes (cortisone), bêta-bloquants, produits iodés (comme la Bétadine).
Par ailleurs la glande thyroïde est très sensible aux rayonnements ionisants utilisés lors des examens médicaux.

Hyperperméabilité intestinale et stress
Un excès de perméabilité de la muqueuse intestinale peut créer des perturbations dans le fonctionnement de la thyroïde, notamment parce qu'il trouble l'absorption de certains nutriments et entraîne un état inflammatoire chronique. Plusieurs études ont montré qu'il favorise la survenue de la maladie de Hashimoto.***

Le stress chronique et la fatigue surrénale (dont l'un des signes typiques est l'insomnie de 3h du matin) déséquilibrent la production de cortisol (une des hormones du stress). Or le cortisol permet aux hormones thyroïdiennes de pénétrer dans les cellules. C'est la raison pour laquelle il est important de penser à la fatigue surrénale dans la recherche des causes d'un problème thyroïdien.*

Lévothéroxine
Le traitement de l'hypothyroïdie consiste à compenser le déficit avec des hormones de synthèse. Une fois la posologie identifiée, le traitement est poursuivi à vie.

Le médicament prescrit le plus couramment est la lévothéroxine (T4), en comprimés ou en gouttes (Levothyrox, L Thyroxine Henning, T Caps, Tyrofix). Il faut être attentif au fait que les génériques (ou la modification de la formule) peuvent modifier l'effet du médicament du fait de la variation des autres composés.
Il peut être intéressant dans certains cas d'associer un traitement de T3 et de T4 (prendre l'avis de son médecin).

Cocktails et effets indésirables
Il faut se méfier des interférences entre ces traitements et certaines substances : pamplemousse, soja (et autres phyto-oestrogènes), sels de fer et de calcium, médicaments anti-cholestérols, anticoagulants oraux, antidépresseurs tricycliques.

Comme tous les médicaments, les traitements de la thyroïde peuvent avoir des effets secondaires indésirables : aggravation de troubles cardiaques préexistants, prise de poids et, en cas de surdosage, tachycardie, tremblements, insomnies, nervosité, sautes d'humeur, maux de tête, crampes abdominales, diarrhée, sueurs, faiblesse musculaire…

Optimiser son alimentation
Face à des symptômes d'hypothyroïdie, il convient de vérifier si l'on n'a pas de carence dans les micronutriments signalés plus haut.

L'alimentation optimale est celle où l'on privilégie les aliments à densité nutritionnelle élevée : fruits et légumes, abats, oléagineux secs, fruits de mer, céréales complètes (voir : L'alimentation anti-oxydante), aliments fermentés (voir : Aliments fermentés, du vivant dans l'assiette !)…
Pour faire le plein d'iode, il faut veiller à utiliser du sel de mer iodé non raffiné et manger des algues quotidiennement (voir : De l'algue dans notre assiette).

En revanche, éviter les aliments à faible densité nutritionnelle : pâtes, riz et pains blancs, biscuits industriels, aliments sucrés et raffinés (voir : Éviter l'alimentation industrielle ?)…

Des plantes
En association avec l'alimentation, certaines plantes peuvent suffire à traiter une hypothyroïdie débutante ou permettre de diminuer la dose d'un traitement hormonal : ashwaganda (withania somnifera), guggul (commiphora mukul), romarin, coleus forskohlii, schisandra (schisandra chinensis), lierre grimpant (hedra helix), bacopa (bacopa monnieri), maca (lepidium meyenii)…*

Tonifier le rein en MTC
Il existe une approche des troubles thyroïdiens spécifique à la médecine traditionnelle chinoise (MTC) qui va consister à "tonifier le rein, débloquer l'énergie du foie, nourrir le sang pour lui redonner une meilleure qualité, dissoudre les "mucosités" pour les nodules et les goitres, tonifier le yin ou le yang de la rate, et enfin tonifier le yin ou le yang du poumon"*.

Cinq gestes bénéfiques
Philippe Veroli conseille cinq gestes pour protéger sa thyroïde* :
- limiter au maximum le tabagisme,
- utiliser un filtre pour la douche afin d'éliminer le chlore (les vapeurs de chlore libérées dans la douche sous l'action de la chaleur sont absorbées directement par les poumons),
- maintenir un bon taux de vitamine D,
- faire régulièrement de l'exercice pour améliorer l'oxygénation de ses cellules et réguler le métabolisme,
- prendre du temps pour déstresser (méditation, hypnose, yoga, exercices respiratoires, activités ludiques…).

 

Sources :
*Thyroïde, les solutions naturelles, Dr Philippe Veroli, éditions Thierry Souccar
Passeport Santé :
Thyroïde
**L'hypothyroïdie
Hyperthyroïdie
***Alternative Santé : Santé de la thyroïde : l’importance de l’intestin et du microbiote
The Conversation : Ce qu’il faut savoir sur la thyroïde


                

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