Régime flexitarien : santé et respect de l'environnement

Flexible et végétarien, le flexitarien a, selon les études scientifiques, le meilleur régime qui soit sur le plan de la santé avec un impact environnemental modéré.

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Généralement le flexitarien mange végétarien chez lui, y compris des œufs et des produits laitiers (lacto-ovo-végétarien). Il s'adapte dès qu'il prend ses repas à l'extérieur, au restaurant, en famille ou chez des amis. Il mange de la viande ou du poisson moins d'une fois par semaine mais plus d'une fois par mois (voir encadré).
Ses raisons pour diminuer sa consommation de viande s'articulent autour du bien-être animal, de la santé et de l'impact écologique de l'élevage sur la planète.

Ce régime, apparenté au régime méditerranéen, souple, simple à suivre et qui ne nécessite pas de connaissances approfondies en diététique, serait le régime santé par excellence, selon Édouard Pélissier, chirurgien en cancérologie, membre de l'Académie des sciences de New York.*

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Flexible et végétarien

Flexitarien = semi-végétarien.
Il s'agit d'être flexible dans une pratique alimentaire à dominante végétarienne.

Le mot est apparu au début des années 2000 aux États-Unis et a intégré en France le dictionnaire Robert en 2018.

Il a un certain succès, sans doute car il sonne mieux que "semi" qui suggère que l'on fait quelque chose à moitié. Les adversaires de tout compromis considèrent néanmoins que c'est une notion confuse voire un "buzzword à trois sous".

Mieux que les autres régimes
Comparé au régime omnivore, les études montrent qu'il est associé à moins de prise de poids, moins de cancer, de diabète, de syndrome métabolique et de maladie intestinale inflammatoire chronique.*

En matière de santé, le régime flexitarien aurait des performances équivalentes à celles des régimes végétariens. Ces derniers contribuent à réduire le risque de maladies cardio-vasculaires, de diabète et de cancer du colon. Mais ce sont les mangeurs de poisson qui ont la mortalité la plus faible.*

Bien manger végétarien ou végétalien
Édouard Pélissier souligne le fait qu'on peut être végétarien ou végétalien et manger très mal. C'est le cas par exemple si l'on se cantonne aux aliments ultra-transformés, céréales raffinées, pommes de terre, jus de fruits, boissons sucrées, sucreries, desserts. On n'aura pas les mêmes bénéfices qu'avec une alimentation saine à base de céréales complètes, légumineuses, fruits, légumes, noix, huiles végétales…

Par ailleurs il faut avoir un minimum de connaissance en diététique pour éviter les risques de carences. Il faut être très attentif notamment aux doses de protéines, de fer et de vitamine B12 qui figurent dans ses menus. Le régime végétalien ajoute une difficulté supplémentaire avec des risques accrus de carences en calcium et en iode. C'est un régime qui ne souffre pas l'improvisation et, selon Édouard Pélissier, les végétaliens ne sont pas en meilleure santé que les végétariens.
"Souvent, le mieux est l'ennemi du bien et franchir le pas qui sépare le végétarisme du végétalisme n'apporte pas d'avantage en terme de santé et comporte plus de risques de carences."

Édouard Pélissier conseille aux végétariens de prendre de la vitamine B12 en complément. Les sources végétales en sont rares : tempeh, certains champignons comme les trompettes-de-la-mort, les chanterelles ou les shiitakés, certaines algues de mer comme l'enteromorpha ou la porphyra (nori).

Régime optimal : pesco-végétarien
Si l'on ne mange pas de poisson, ce sont les acides gras essentiels, notamment oméga-3 qui risquent de manquer. Les graines de lin ou de chia peuvent en fournir mais se transforment peu en DHA (acide docosahexaénoïque). Le DHA, essentiel pour le cœur et le cerveau, ne se trouve pratiquement que dans les poissons gras (anchois, sardine, maquereau, thon, saumon…).
Pour Édouard Pélissier, la conclusion est claire : le régime optimal pour la santé et le régime pesco-végétarien.

Régime carné : 10 fois plus d'énergie fossile
Sur le plan de l'impact environnemental, les conséquences du régime omnivore sont souvent évoquées : il faut en moyenne 10 fois plus d'énergie fossile pour produire 1 calorie de protéines animales que pour produire 1 calorie de protéines végétales.
"On estime que le bétail occupe 26 % de la surface de la terre et 33 % des sols cultivés". Selon un rapport de l'UNEP (Programme des Nations unies pour l'environnement), l'agriculture contribue pour 14 % au total des émissions de gaz à effet de serre, autant que les transports (13 %), un peu moins que la déforestation (17 %), l'industrie et l'énergie représentant 45 % du total.

La production de bœuf et de mouton exerce l'impact le plus fort. Viennent ensuite le porc et le poulet, ce dernier ayant un impact dix fois moindre que le bœuf.
Réduire sa consommation de viande et choisir de consommer des volailles a donc un effet positif sur notre impact environnemental.

Impact environnemental réduit de moitié
Édouard Pélissier cite une étude italienne ayant calculé l'impact de différents menus types : 1 683 g de CO2 par personne et par jour pour le régime végétalien, 2 436 g pour le régime végétarien et 6 556 g pour le régime carné (à raison de 150 g de viande par jour). Le régime flexitarien (avec 150 g de viande deux fois par semaine) a, lui, un impact de 3 613 g de CO2.

"La simple diminution de la consommation de viande à un niveau qui est à la fois acceptable par la population et médicalement recommandable suffit à réduire l'impact environnemental de moitié, sans qu'il soit nécessaire de passer au véganisme".

Des solutions simples
Manger moins, réduire sa consommation de bœuf, remplacer plus souvent le bœuf par du poulet, réduire les laitages sans les supprimer complètement, donner une part plus grande aux féculents, diminuer la consommation d'alcool… Telles sont les solutions proposées par Édouard Pélissier pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et satisfaire aux exigences de la santé humaine. C'est le régime flexitarien.

Des marges de progrès
Pour l'avenir, il existe, selon lui, des marges de progrès importantes dans un certains nombres de domaines touchant à l'alimentation :
- améliorer les méthodes d'élevage et de pêche, notamment en prenant en compte le bien-être animal,
- intégrer les algues marines et les insectes dans notre alimentation,
- consommer local,
- privilégier les produits non transformés,
- réduire les pertes et gaspillages.

Aujourd'hui, Édouard Pélissier considère que le régime flexitarien "est celui qui permet de bénéficier des avantages offerts par une consommation de viande modérée et en même temps d'éviter les carences de la façon la plus simple qui soit".

 

Sources :
*Végétarien, végan ou flexitarien ? Ce qui est bon pour la santé, Edouard Pélissier, éditions Odile Jacob
Wikipédia : Flexitarisme
Passeport Santé : Le régime flexitarien, qu'est-ce que le flexitarisme ?
Les Inrockuptibles : Flexitariens : et si on arrêtait les flexiconneries ?


                

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