Se passer du plastique

Pour rester en bonne santé, préserver l'environnement, produire moins de déchets et économiser les ressources, nous devons apprendre petit à petit à nous passer du plastique.

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Il est partout ! Nous sommes cernés par le plastique, omniprésent dans notre vie : brosses à dent, interrupteurs, téléphones, jouets, vêtements, emballages… Certains cosmétiques, comme le gel douche, contiennent des perles de microplastique et sont conditionnés dans… du plastique.
Il faut reconnaître que c'est un matériau extrêmement pratique. Mais problème : on s'est aperçu à l'usage qu'il cause des dégâts sur notre santé et sur notre environnement. Et nous n'avons pas fini de mesurer l'étendue de ces dégâts.

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Qu'est-ce que le plastique ?

Le mot vient du grec "plassein", façonner, modeler.
Il s'agit d'une matière synthétique constituée de molécules à liaisons multiples (polymères) et réalisée à partir de matières premières non renouvelable (pétrole, gaz naturel et charbon) ou renouvelables (caoutchouc et cellulose).

Il existe trois groupes de plastique :
1) Les matières thermoplastiques
- Polyéthylènes (PE) : casiers à bouteilles, filmes alimentaires, sacs en plastique, seaux, tuyaux…
- Polyamides (PA) : nylon, perlon, cheville, montures de lunettes…
- Polypropylènes (PP) : emballages alimentaires, sacs en plastique…
- Polystyrènes (PS) : isolants thermiques, isolants de câbles électrique, pots de yaourt…
- Polyéthylènes téréphtalates (PET) : bouteilles alimentaires, fûts en polyester…
- Polycarbonates (PC) : plats à micro-ondes, vaisselle de camping, récipients pour conserver les aliments, CD, verres de lunettes…
- Chlorure de polyvinyle (PVC) : revêtements de sol, gaines de câble, disques vinyles, cuirs synthétiques, dessous des tapis, rideaux de douche…

2) Les résines thermodurcissables
- Phénoplastes : cuillères, plans de travail de cuisine, bakélite…
- Aminoplastes : prises de courant, isolants des composants électriques, coquetiers, plateaux, interrupteurs, gobelets rigides…

3) Les élastomères
- Caoutchouc naturel : pneus, matelas, tapis roulants, tuyaux…
- Caoutchouc à la silicone : moules de pâtisseries élastiques, garnitures de joints…
- Élastomères polyuréthane (PUR) : matelas, garnitures de joint, isolants thermiques, mousses…

Dangers pour la santé
Certains plastifiants, contenus notamment dans les PVC souples (voir encadré), libèrent sur la durée des phtalates qui migrent dans notre alimentation, nos médicaments, nos cosmétiques. Or les phtalates agissent comme des perturbateurs endocriniens (voir : Perturbateurs endocriniens, quels enjeux).
Les PET émettent de l'acétaldéhyde soupçonné de provoquer des cancers. Le bisphénol A (BPA) qui se trouve par exemple dans le revêtement intérieur des canettes et des boîtes de conserve, est cancérigène et perturbe les hormones ainsi que le système nerveux.*

Dangers pour l'environnement
Le plastique est rarement biodégradable. On estime qu'une bouteille d'eau a une durée de vie de 400 ans. Environ 10 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les cours d'eau puis dans les océans. On estime à 270 000 tonnes ceux qui flottent à la surface des océans. C'est une calamité pour la faune marine : poissons, tortues et dauphins meurent pour avoir été pris au piège dans de grandes étendues de déchets ou avoir ingéré du plastique qu'ils avaient pris pour de la nourriture.

Du microplastique, issu de la dégradation des déchets, provenant du lavage des textiles synthétiques ou des substances contenues dans les produits cosmétiques, se retrouve dans toute la chaîne alimentaire avec des conséquences qui sont encore inconnues.

Réduire le plastique
Voilà pourquoi il y a aujourd'hui consensus pour considérer comme une urgence le fait de réduire notre consommation de plastique. C'est le sens du récent vote des députés pour interdire à terme les pailles, touillettes, couverts et contenants jetables en plastique.

C'est aussi la raison pour laquelle les scientifiques rivalisent d'imagination pour trouver des solutions technologiques. Certains ont découvert l'enzyme PETase qui mange le plastique. D'autres ont mis au point des sacs plastiques solubles dans l'eau, des emballages alimentaires organiques, des routes en plastique recyclé, des pailles comestibles faites d'algues…

L'éviter au quotidien
En attendant que ces innovations voient le jour, il existe de multiples manières d'agir au quotidien.

Les emballages alimentaires en plastique peuvent être remplacés avantageusement. On peut par exemple envelopper les légumes et les salades du réfrigérateur dans des torchons ou des serviettes humides. Il est très facile de fabriquer soi-même un couvercle pour saladier avec un rectangle de coton et de l'élastique de couture ou un sac poubelle avec des pages de papier journal*.

Pour faire les courses, on peut emmener avec soi des cabas en tissu ou des filets à provision en coton, qu'on peut même éventuellement avoir fabriqués soi-même. Reste ensuite à privilégier la vente en vrac pour limiter les emballages inutiles.

Faire soi-même ses cosmétiques
Il existe aujourd'hui de nombreux livres et de nombreux sites qui proposent des recettes pour fabriquer soi-même son dentifrice, son savon, son shampoing, sa lotion corporelle ou son after-shave. Rien de compliqué : il suffit par exemple de mélanger du café moulu avec de l'huile d'avocat pour faire un excellent exfoliant, du bicarbonate de soude, de l'huile de coco et de l'huile essentielle (HE) de menthe poivrée pour obtenir un dentifrice parfait. Citons à titre d'exemple : My Cosmetik, l'Atelier Green ou Slow Cosmétique.

Fabriquer ses produits ménagers
Quant aux produits ménagers, c'est encore plus simple ! Quelques ingrédients de base comme le vinaigre blanc, l'alcool ménager et le bicarbonate de soude, des HE comme l'arbre à thé, le citron ou la lavande et l'on peut confectionner à son goût des nettoyants multi-usages naturels et efficaces.

Pour faire sa lessive, on râpe finement 3 c. à soupe de savon de Marseille dans une cocotte, on y verse un demi-litre d'eau bouillante, on ajoute 3 c. à soupe de carbonate de sodium, on mélange. On rajoute encore un demi-litre d'eau bouillante et on laisse refroidir. On verse ensuite 1 c. à café d'HE de lavande, de romarin, de géranium ou d'ylang ylang et on mélange de nouveau. C'est prêt ! Il suffit de mélanger énergiquement avant chaque utilisation.*

Un enrichissement
Se passer du plastique peut donc être facile dans certains cas et constituer un enrichissement. Cette transformation ne se fera pas en un jour. Mais l'on peut commencer dès aujourd'hui à faire des petits pas dans la bonne direction.

 

Sources :
*60 idées ludiques pour en finir avec le plastique, Jutta Grimm, éditions Terre Vivante
La Dépêche : Des solutions pour en finir avec le tout plastique
Santé Nutrition : 10 astuces pour vous aider à en finir avec le plastique
L'Obs : Plastique, la guerre est déclarée


                

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