S'habiller zen

Ce qu'on demande à nos vêtements aujourd'hui ? Le confort, l'authenticité, une élégance décontractée, une production respectueuse des humains et de la planète.
Nous souhaiterions porter du bio et de l'équitable : le problème c'est que l'offre est encore très réduite.

Vie saine et zen, s'habiller zen

Depuis les années 90, la soumission au diktat de la mode et des marques n'est plus de mise. Le vêtement ne doit plus souligner la différence sociale (sauf chez les "bling bling"). Retour aux valeurs authentiques : le fait main, les vêtements issus de l'univers professionnel (caban, duffle-coat, jean…) ou la récup' (le vintage).
De plus en plus, on y arrive : chacun fait sa propre mode.
Le mouvement de fond qui revendique le droit d'être bien dans sa tête et dans son corps revendique aussi celui d'être bien dans ses fringues. 
Le problème c'est qu'il n'est pas toujours facile de trouver dans l'offre du marché ce qui correspond à nos aspirations profondes…

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Attention à l'ennoblissement !

Sous ce terme, on regroupe tous les traitements que l'on fait subir aux fibres textiles pour leur conférer certaines caractéristiques.

Exemples :
- la chemise qui ne se repasse pas a été traitée avec des résines synthétiques contenant du formaldéhyde,
- pour lui donner un aspect soyeux, on a imprégné le tissu de soude caustique,
- si un tissu en coton est traité "anti-taches", c'est sans doute avec des résines fluorées,
- s'il a été imperméabilisé c'est avec d'autres produits chimiques.

Tous ces traitements contribuent à la pollution de l'eau et laissent des résidus allergéniques sur les vêtements.

Des matières désastreuses pour l'environnement et la santé
Les vêtements les moins coûteux sont souvent fabriqués dans des matières synthétiques dérivées du pétrole (nylon, polyester, acrylique) et toxiques pour l'environnement. Elles sont désagréables au contact, et potentiellement allergéniques.

Quant aux matières naturelles, coton, soie, laine, elles sont la plupart du temps produites dans des conditions désastreuses pour la planète.

La culture du coton par exemple nécessite une quantité d'eau astronomique : 2 000 litres pour un seul T-shirt ! Il est connu que l'irrigation massive du coton est à l'origine de l'assèchement et de la mort de la mer d'Aral. Par ailleurs, elle utilise 10 % des pesticides et 25 % des insecticides vendus dans le monde pour 2,5 % de surface agricole.
La transformation du coton est également source de pollution : blanchissage au chlore, coloration avec des teintures à base de métaux lourds et de formaldéhyde. Les effets sont fortement nocifs pour l'environnement et pour la santé de ceux qui manipulent les produits : allergies, saignements de nez, maux de tête, et probablement cancers.

La laine et la soie, dans une moindre mesure que le coton, subissent également aux différents stades de leur production des traitements très polluants pour l'environnement.

Pour les plus sensibles d'entre nous qui portons ces vêtements, la possibilité de développer des allergies de contact n'est pas à écarter.

Les textiles bios
Le coton bio est produit sans engrais chimiques, ni pesticides, ni OGM. Il est blanchi à l'eau oxygénée et les teintures utilisées sont garanties sans métaux lourds.

Comment obtenir la garantie que le coton utilisé correspond à ces critères ? En regardant l'étiquette : la mention "coton biologique" doit y figurer avec éventuellement l'organisme certificateur : Ecocert, Imo ou Eko-skal.

S'il n'existe pas encore de label bio pour la laine et la soie, on trouve dans les filières alternatives bios et équitables des vêtements fabriqués dans des matières de grande qualité : laine, soie, lin, chanvre…
Attention, l'équitable n'est pas automatiquement bio ! C'est la cas par exemple de Max Havelaar qui labellise certains vêtements produits du commerce équitable mais non bios.

Ne pas écarter systématiquement le synthétique
On trouve sur le marché des vêtements en polyesters recyclés, fabriqués à base de bouteilles plastiques (polaires) et de vieux vêtements en polyester.

Pour des usages spéciaux tels que le sport, la protection contre les pluies violentes ou les froids extrêmes, les tissus en microfibres, comme le Gore-Tex, qui permettent d'évacuer la transpiration tout en étant imperméables, sont difficilement concurrencées par les fibres naturelles.

Où trouver des vêtements bio ?
Dans la grande distribution on commence à trouver des lignes de textile bio, chez Carrefour ou Monoprix par exemple, ou chez des grandes marques comme H&M, Timberland ou Somewhere.

D'autres marques plus confidentielles ont fait de leur engagement éthique et écolo une ligne de conduite. On les trouve dans les magasins bios, ceux du commerce équitable, sur les salons ou sur les boutiques en ligne.
Citons à titre d'exemple : Ekyog, Fibris, Ideo, Jardin Biologique, Patagonia, Planète Coton

D'accord, le choix est succinct et le style souvent vieillot… Mais ça commence à changer ! On trouve des trucs sympas, par exemple les écharpes Seyes, les baskets Veja et des fringues pas trop compliquées, T-shirts, chemises, pulls…

S'habiller zen demande encore beaucoup de motivation. On ne peut pas trouver ce qu'on cherche en bas de chez soi ou au coin la rue.
Pour une marque grand public un peu créative, il y a un boulevard.

 

Sources :
WWF
Vêtement, la fibre écologique, Claude Aubert et Myriam Goldminc, Edition Terre Vivante
Alternative Santé, Janvier 2008

60 %

des fibres utilisées dans le textile sont synthétiques


7 000

litres d'eau sont nécessaires pour produire 1kg de coton


80 %

de la mer d'Aral a été asséchée à cause de la culture de coton à base de pesticides




                

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