Thérapie alimentaire : repenser les kilos

Plutôt que s’engager dans un énième régime en sachant qu'on s'expose à l'inévitable effet yo-yo, pourquoi ne pas tenter une thérapie alimentaire ? Basée sur une prise en compte de la part de psychologie dans l’alimentation, cette méthode n’implique aucune frustration puisqu’elle n’interdit aucun aliment. Elle vise simplement à nous réconcilier avec nous-mêmes avant de perdre du poids.

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Certains ont des problèmes d’obésité, d’autres se sous-alimentent, d’autres encore n’ont que quelques kilos superflus ; mais tous ont en commun de souffrir à cause de leur poids (Voir : Troubles alimentaires : pourquoi ?). Afin d’aider ces personnes à appliquer l’adage "un esprit sain dans un corps sain", la thérapie alimentaire ou psycho-nutrition associe une réflexion thérapeutique à des conseils nutritionnels.

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En savoir plus

Trouver un professionnel en thérapie alimentaire

La spécialité de thérapeute alimentaire n’est pas encore reconnue en France. Néanmoins, les nutritionnistes, psychiatres et psychologues qui font de la psycho-nutrition ont suivi une formation spécifique.

Le site de l’association G.R.O.S., le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids, oriente le public vers l’un de ces professionnels.

Le lien entre alimentation et émotion
En mangeant, certaines personnes traduisent leurs émotions.
"Elles ne parviennent pas à les exprimer avec des mots. L’aliment est alors comme une drogue destinée à se satisfaire et à compenser un déséquilibre interne", souligne le psychiatre et nutritionniste Bernard Waysfeld*. Grâce à la thérapie alimentaire, ou psycho-nutrition, l’impact des émotions sur le comportement alimentaire est mis en avant. Le patient apprend à la fois à gérer son stress, à s’exprimer, à s’affirmer, à s’assumer, mais aussi à réguler son poids en adoptant une alimentation plus équilibrée.

Elisa** a été suivie par un nutritionniste spécialiste des troubles du comportement alimentaire. "J’avais un dérèglement pondéral et je ne voulais pas tomber dans l’engrenage yo-yo infernal des régimes privatifs et restrictifs. Je souhaitais chercher, trouver et remédier aux causes, plutôt que de m’alléger temporairement en traitant seulement le symptôme et l’aspect esthétique. Mon poids est étroitement lié à mes sentiments (mon ennui, mes peurs, mes angoisses, mes joies, mon impatience, mon perfectionnisme, etc.), et ces pics émotionnels se traduisaient souvent par des compulsions alimentaires."

Tenir un journal alimentaire
Le professionnel de santé (un nutritionniste, un psychiatre ou un psychologue) essaie tout d’abord de connaitre l’histoire personnelle du patient, l’environnement dans lequel il évolue et sont état psychologique. "Ensuite on établit un carnet alimentaire dans lequel il note les corrélations entre ses prises alimentaires et son vécu émotionnel", explique Bernard Waysfeld. "Par exemple, pourquoi mange-t-il dès qu’il rentre du travail ? Est-ce qu’il n’a pas assez mangé le midi ou est-il paniqué d’être chez lui ?"

"Mon journal de bord a permis de déterminer une partie de mon problème, qui était un manque de reconnaissance des états de faim et de satiété", se souvient Elisa. "J’ai appris à reconnaitre ces sensations, à attendre la faim pour manger, même si ce moment ne correspondait pas aux heures "officielles" du repas, à m’arrêter de manger quand la satiété arrivait…" Ce n’était qu’une première étape. En parallèle de ce rééquilibre dans la prise alimentaire, un travail psychologique a été mené.

Travailler sur la psychologie du patient
L’approche cognitivo-comportementale est fréquemment utilisée en thérapie alimentaire. En plus d’aider le patient à reprendre des repas à heures régulières et à entendre ses sensations de faim ou de satiété, elle lui permet de mieux gérer ses émotions et d’améliorer l’image qu’il a de lui-même. Un travail sur la relaxation est également souvent effectué à travers la sophrologie, afin de retrouver les limites du corps, les sensations agréables qu’il procure, d’éliminer les tensions, etc.

Elisa en a bénéficié : "Nous avons travaillé sur la respiration, la méditation, la connaissance de soi, la manière de renouer avec le plaisir de la table, les goûts, les odeurs, les textures… La suite de la thérapie était plutôt d’ordre émotionnel. Nous avons abordé les raisons des compulsions alimentaires : pourquoi est-ce que je mange quand je n’ai plus/pas faim ? Le stress ? La tristesse ? La peur du vide ? Au bout de quelques séances, on ne parlait d’ailleurs quasiment plus de nourriture mais surtout de mon état affectif."

Retrouver un équilibre alimentaire
Cette thérapie n’a pas comme priorité de faire perdre du poids au patient mais de gagner en équilibre alimentaire et psychologique (Voir : Équilibre alimentaire : manger plaisir, manger intuitif). "Je mange ce qui me fait envie et je fais confiance à ma régulation", constate Elisa. J’ai appris à m’apprécier davantage et à me comprendre. Ces séances ont profondément et durablement modifié mon mode de pensée face à la nourriture mais aussi changé le regard que je porte sur moi-même, mon corps, ce que je suis, ma place au sein de ma famille, de mon couple, dans ma profession. Et j’ai appris à trouver de la satisfaction ou du réconfort ailleurs que dans la nourriture."

 

* auteur de Le Poids et le Moi et La peur de grossir, éditions Armand Colin.
** Le prénom a été changé. 


                

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