Un potager bio chez soi

Pourquoi pas créer un potager bio dans son intérieur ? Il suffit de choisir des plantes qui s'adaptent aux températures de nos logements. Conseils et tours de main…

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Il est tout à fait possible de cultiver des plantes alimentaires à l'intérieur de son logement. Léon-Hugo Bonte, jardinier urbain, propose un choix de solutions assez large*. On peut opter pour un microjardin design qu'on trouve clés en main dans certains magasins d'ameublement. Mais on peut aussi le réaliser soi-même à moindre coût avec quelques pots ou jardinières. L'idéal est de l'intégrer dans la décoration du logement.
"La présence de plantes apporte une respiration supplémentaire, au propre comme au figuré."* 
(Voir : Dépolluer son intérieur avec des plantes)

En savoir plus

L'entretien au jour le jour

Quotidiennement :
- vérifier qu’aucune plante ne manque d’eau,
- contrôler l’état des plantes et vérifier l’absence de parasites,
- enlever les feuilles et fleurs mortes, sèches ou malades des plantes ou de la surface des pots.

Une fois par semaine :
- vérifier que les plantes ne présentent pas de signes de carences et appliquer un ajout d’engrais si c’est le cas,
- retirer les plantes des soucoupes, plateaux et nettoyer ces derniers.

Une fois par mois :
- rempoter les plantes qui en ont besoin,
- récolter et planter de nouvelles plantes selon la disponibilité et les besoins.*

Choisir ses plantes
Les herbes aromatiques sont les plantes reines du jardin d’intérieur : peu encombrantes, de croissance rapide, quelques feuilles suffisent à embaumer un plat, sublimer une recette, égayer une salade. Parfaites également : la tomate cerise, le piment…
Léon-Hugo Bonte suggère de créer dans deux jardinières de 60 cm par 20 cm (avec environ 25 litres de terreau) un potager de plantes tropicales parfumées et goûteuses : Rau ram ou coriandre vietnamienne, coriandre mexicaine, épazote ou fausse ambroisie, papalo ou coriandre bolivienne, basilic thaï, citronnelle de Madagascar.
On peut aussi opter dans le même contenant pour un potager de fleurs et tisanes : basilic médicinal, shungiku ou chrysanthème comestible, géranium rosat bourbon, grande capucine.
Ou encore pour un potager mixte : fraisier, pimprenelle, épinard perpétuel, souci, piment, moringa.

Privilégier la lumière du jour
Rebords de fenêtres, étagères jardins, suspensions, tables de culture… Nombreux sont les endroits d'une habitation où l'on peut installer des végétaux. Le plus important est de les placer près d'une bonne source de lumière naturelle. C'est l'aliment essentiel pour les plantes. Grâce à la photosynthèse, la lumière du jour est utilisée pour fabriquer les sucres et nutriments nécessaires.
Il est bon de tourner les pots régulièrement, d’un quart de tour par semaine par exemple. Comme les plantes ont tendance à pousser vers la lumière, cela les aidera à avoir un développement équilibré.

Léon-Hugo Bonte recommande dans certains cas de compléter avec une lumière artificielle riche en fréquence rouge et bleu qui permet d'améliorer la productivité.

Aérer régulièrement
L'autre aliment essentiel est l'air. Au cours de la photosynthèse, les végétaux consomment le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l'atmosphère et libèrent de l'oxygène (O2). Il faut donc ouvrir en grand les fenêtres matin et soir, pendant un minimum de 15 minutes, pour renouveler l'air de la pièce. On peut aussi brasser cet air avec un ventilateur pour homogénéiser la concentration en CO2 et faire faire un peu de "gymnastique" aux feuilles et aux tiges.

Des semences de qualité
La qualité des souches végétales que l'on se procure est le point clé de la réussite d'une plantation.
"On assiste avec dépit et inquiétude ces dernières décennies à un appauvrissement dramatique de la qualité et de la diversité des semences potagères et céréalières", s'inquiète Léon-Hugo Bonte*.
Il faut donc privilégier les organismes qui proposent des semences traditionnelles de qualité, de préférence issues de l'agriculture bio. On peut les trouver facilement sur internet et il existe même des bourses aux graines où l'on peut échanger des semences.

"Un petit rituel païen qui m’a été transmis il y a bien des années consiste à mettre la graine dans sa bouche avant de la semer afin d’établir un contact personnel avec la plante. Les enzymes contenues dans la salive seraient favorables à la germination."

Semis, plantons ou bouturage
On peut faire ses semis soi-même ou se procurer des plantons déjà développés, en étant vigilant sur les risques de contamination par des parasites ou des maladies. En préventif, Léon-Hugo Bonte suggère de traiter chaque planton avec de l'huile de neem : tremper l’intégralité du feuillage dans une solution contenant 10 ml/l d'huile de neem et arroser le substrat avec cette solution.
La technique du bouturage est aussi une solution pour obtenir une nouvelle plante à partir d'une plante mère. La manière la plus simple consiste à placer la bouture dans un verre d’eau à moitié plein et de changer l’eau tous les jours. Dès qu'une belle touffe de racines s'est formée, la plante peut être replantée.

Ne pas manquer de pot
Il faut bien choisir la taille du pot en proportion de la plante et changer régulièrement pour adapter le contenant au volume racinaire.

Les pots en argile classique sont plus satisfaisants sur le plan esthétique et écologique que ceux en plastique. Si on les recycle, il faut s'assurer que les plantes de la culture précédente n'ont pas été malades, atteintes par un virus ou une maladie fongique.
Pour éviter de dessécher le terreau, il faut faire tremper les pots en argile 24 à 48 heures dans de l’eau et les laisser sécher une journée avant utilisation.

Le paillage est une finition esthétique et utile : sur la surface du terreau une couche de pierre ponce, de chanvre ou de copeaux de bois permet de protéger le sol.

Nourrir le terreau
Pour amender le sol, Léon-Hugo Bonte privilégie des produits qu'on trouve dans les jardineries : les EM (Effective Micro-organisms), un mélange de probiotiques universels, et les Glomus, des champignons qui se développent jusque dans la racine. On peut aussi confectionner son propre compost à partir des déchets de cuisine (voir : Le compost domestique).

Arroser mais pas trop
Pour l'arrosage, il faut veiller à ce que la plante ne manque pas d'eau. Mais trop arroser est aussi préjudiciable.
"Un assèchement en surface n’est pas un signe suffisant, c’est l’erreur d’appréciation que commettent beaucoup de jardiniers. Le terreau peut être sec en surface et détrempé en profondeur. Si on arrose la plante à ce moment, on court le risque de voir une partie de ses racines pourrir et d’affaiblir la plante, voire de la tuer. (…) Le seul moyen sûr est de soupeser le pot. Il doit s’être beaucoup allégé, signe que beaucoup d’eau est partie."

Arrosage, entretien, récoltes, nouvelles plantations… Avoir un potager chez soi requiert une attention régulière (voir encadré). Mais quel plaisir de végétaliser ainsi son cadre de vie et de pouvoir, de temps à autre, déguster sa propre récolte !

 

Sources :
*Un potager bio dans la maison, Guide d'éco-jardinage en intérieur, Léon-Hugo Bonte, Mama Éditions


                

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