Vous reprendrez bien du poisson ? (suite)

Choisir des poissons d'élevage bio
Poisson sauvage ou d'élevage ? On est là au centre d'une polémique.
D'un côté, les tenants de l'aquaculture expliquent que l'élevage de poissons permet de mieux contrôler leur teneur en produits toxiques.

De l'autre, les écologistes s'alarment de la manière avec laquelle on alimente les poissons d'élevage : farines animales (parfois d'origine terrestre), huiles animales et grandes quantités de petits poissons de pêche à teneur élevée en polluants organiques persistants et dont la pêche massive dépeuple les océans.
Ils dénoncent également les pollutions organiques, chimiques et biochimiques, et les contaminations parasitaires qu'entraînerait l'aquaculture.

Alors pourquoi pas orienter son choix plutôt vers les poissons d'élevage bio ?
Le cahier des charges de l'aquaculture biologique mis en place depuis 2000 apporte un certains nombre de garanties : des techniques d'élevage respectueuses de l'environnement, une alimentation contrôlée et exempte de tous produits d'animaux terrestres.
Un organisme certificateur indépendant ("Qualité France") contrôle sa stricte application. Le poisson est reconnaissable par la présence des deux logos "Qualité France" et "AB".

Éviter les espèces en voie de disparition
D'après le WWF, "75 % des poissons commercialement exploités dans le monde sont surpêchés ou en menace de surpêche".
Si l'on ne prend pas conscience maintenant du problème, et si l'on ne s'engage pas sur la voie de la "pêche durable", c'est toute l'activité de la pêche qui pourrait être amenée à disparaître.

Dans un miniguide publié récemment, le WWF propose donc aux consommateurs de choisir des poissons étiquetés MSC (Marine Stewardship Council, une organisation internationale indépendante attestant les pêcheries durables et responsables).

Il classe en trois catégories les poissons et les fruits de mer selon qu’il faille les privilégier, les consommer avec modération ou tout simplement les éviter.
Vingt-deux espèces de poissons seraient à éviter : notamment la raie, le loup, la dorade rose et Sébaste, l’anguille, l'empereur, le grenadier, le flétan, le thon rouge… Mais vérifier le nom de l'espèce ne suffit pas. Pour certaines d'entre elles il faudrait éviter certaines provenances de pêche (ça se complique !) : par exemple l'Atlantique Nord pour le turbot, le cabillaud, la sole, le saumon sauvage…

En revanche, on pourrait privilégier d’autres poissons ou fruits de mer comme le cabillaud du Pacifique, le colin d’Alaska, le lieu noir ou jaune, la dorade grise de ligne, le hareng, le maquereau, la sardine, la truite, les crustacés de casier, les huîtres, les pétoncles ou les moules…

La diffusion du label MSC, déjà bien implanté dans les pays anglo-saxons, reste encore confidentielle en France où l'Ofimer (Office national interprofessionnel des produits de la mer et de l'aquaculture) est en train d'achever une étude sur un écolabel qui prendrait mieux en compte les pêcheries françaises, majoritairement artisanales.

Manger du poisson trois fois par semaine en variant les espèces
Malgré les risques évoqués plus haut, les médecins conseillent aujourd'hui de consommer du poisson ou des fruits de mer deux à trois fois par semaine.

Nous sommes donc face à un véritable parcours du combattant. Le tableau ci-dessous pourrait nous aider dans cette quête.

Vingt espèces passées au crible
Nous avons pris un échantillon de vingt espèces sauvages parmi les plus représentées sur les étals de nos poissonniers.
Selon notre classement, plus il y a d'étoiles dans chaque colonne, plus il est intéressant de consommer l'espèce.

Comparatif poissons

Dans ses rêves, le consommateur avisé amateur de poisson espère qu'à l'avenir les hommes retrouveront la raison, cesseront de prendre la mer pour une poubelle et modèreront l'exploitation systématique de ses produits.
En attendant, il diversifie ses menus en alternant les poissons gras et les poissons maigres, les poissons sauvages peu pollués, non menacés d'extinction et les poissons d'élevage bio.

 

Sources :
Il est bon mon poisson, Claude Aubert et Lionel Goumy, Editions Terre Vivante
Guérir, David Servan-Schreiber, Editions Robert Laffont
Que choisir, Février 2008
AFSSA
WWF


                

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