Yogathérapie : prévenir et se soigner avec le yoga

Postures physiques, exercices de respiration, hygiène de vie, le yoga peut permettre d'éviter voire de soigner de nombreux troubles et maladies.

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Le mot "yogathérapie" est de plus en plus employé, même s'il est précisé à chaque fois qu'il ne s'agit en aucun cas d'un substitut aux thérapies médicales modernes mais d’un outil complémentaire. Selon Lionel Coudron, médecin et enseignant de yoga qui a fondé l'Institut de Yoga Thérapie : "La yogathérapie part de l’idée essentielle que le corps est capable d’autorégulation et que de nombreux maux sont avant tout liés à une dérégulation de l’organisme. Le yoga permet de maintenir un équilibre et la yogathérapie vise à utiliser ces outils pour développer ses ressources personnelles, et restaurer cet équilibre naturel, tant physique que mental."

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Précautions indispensables

Tout le monde peut pratiquer le yoga, y compris les personnes stressées, peu souples, âgées, handicapées…
Mais s'il est pratiqué sans les précautions d'usage ou sur des sujets présentant certaines fragilités (notamment hypertension artérielle ou pathologies musculo-squelettiques), le yoga peut avoir des effets délétères : luxations, entorses, lésions musculaires et tendineuses, fractures.**
Il peut donc être utile de demander l'avis d'un médecin avant de débuter dans la discipline.

Par ailleurs il est important de choisir avec soin son enseignant, en vérifiant notamment s'il est attentif au placement corporel de ses élèves et s'il n'a pas été contaminé par le culte de la performance qui a malheureusement gagné parfois le yoga. Ensuite il ne faut pas hésiter à l'informer de vive voix des fragilités que l'on peut avoir. Et pourquoi pas commencer par un cours particulier avant de rejoindre la séance collective ?

Pendant la séance : pratiquer de manière modérée, ne jamais aller au-delà de ses possibilités et, sans attendre le signal du professeur, quitter tout exercice ou posture qui procure un quelconque inconfort.

Hygiène de vie
L'origine du mot yoga signifie "union du corps et de l'esprit". La discipline ne se réduit pas à une succession de postures gymniques. Les exercices de respiration (pranayama, kriyas), les pratiques de nettoyage (comme Shank Prakshalana) permettent un décrassage systématique de l'organisme qui protège ce dernier "contre une cohorte de maux, plus particulièrement contre ceux qu'il est le plus difficile de traiter, c'est à dire les maladies de civilisation, les maux de dégénérescence", explique André Van Lysebeth (1919-2004), un des enseignants les plus importants du yoga occidental, auteur de nombreux livres sur la discipline.*

Comme la médecine ayurvédique (voir : L'âyurveda, la médecine indienne traditionnelle), le yoga s'intéresse également à l'alimentation, préconise l'emploi de plantes, la pratique d'ablutions et bains divers, la bonne gestion du sommeil.*

Augmenter la résistance de l'organisme
Quant aux postures (asanas), elles permettent d'augmenter la résistance de l'organisme. Elles "stimulent toutes les fonctions des glandes endocrines, massent les viscères, maintiennent la flexibilité du corps et plus particulièrement de la colonne vertébrale". Elles "accélèrent la circulation du sang dans les tissus, plus particulièrement dans le tissu nerveux et le cerveau".

Mais le pratiquant n'a pas besoin de s'encombrer l'esprit en permanence des effets bénéfiques cumulés attendus dans ces postures. "L'adepte qui se trouve, par exemple, en Sarvangasana (la Chandelle), ne pense nullement qu'il envoie du sang vers le cerveau grâce à la position inversée du corps, qu'il étire ses cervicales et par conséquent agit sur le moelle épinière dans cette région, qu'il tonifie la thyroïde etc.", précise André Van Lysebeth.

D'une manière générale, le yoga a un effet bénéfique sur l'immunité, notamment grâce à l'oxygénation obtenue par les exercices autour du souffle. Par ailleurs les scientifiques ont découvert récemment qu'il peut influer sur les fameux télomères de nos chromosomes (Voir : Chouchouter ses télomères) pour ralentir le vieillissement de nos cellules.

Gestion du stress
Dans la littérature scientifique, le yoga est cité, au même titre que la méditation, le Taiji Quan ou le Qi Gong, parmi les disciplines qui ont un effet avéré sur la gestion du stress et des émotions. Or on connaît de mieux en mieux l'influence déterminante des émotions sur le déclenchement des maladies. En aidant à trouver le calme et l'apaisement, sa pratique contribue donc à dissoudre les causes des troubles chroniques susceptibles de se transformer en pathologies plus lourdes.

De nombreux troubles de santé
En plus d'une fonction préventive, le yoga pourrait-il avoir un effet une fois que la maladie est là ? Parmi les troubles concernés au premier chef, on trouve ceux "qui contiennent une composante mécanique, fonctionnelle ou psychosomatique", selon Lionel Coudron. Lombalgies, maux de dos, de nuque, d'épaules, de genoux, de cervicales… Le yoga est très efficace sur les troubles musculo-squelettiques. Des effets bénéfiques sont également constatés sur les troubles digestifs fonctionnels et chroniques, les troubles respiratoires, cardiovasculaires (hyper et hypotension), métaboliques (troubles lipidiques, diabète), génito-urinaires (règles douloureuses, syndrome prémenstruel, maux liés à la grossesse, infertilité, ménopause, incontinence), troubles du système nerveux et troubles psychiques.

Contre le cancer ?
Le yoga fait partie des disciplines couramment utilisées dans les soins de support pour les patients cancéreux (voir : Cancer, nouvelle approche, autour du patient).
André Van Lysebeth a acquis la conviction que le cancer serait une maladie "prânique". Elle débuterait par un état précancéreux dû à un déficit d'oxygénation par insuffisance respiratoire. Un élément "cancérigène" extérieur viendrait ensuite jouer le rôle de la goutte d'eau qui fait déborder le vase en créant une tumeur maligne. "Par conséquent, la pratique du pranayama pourrait être un des meilleurs préventifs contre le cancer." D'où, selon lui, l'intérêt de la salutation au soleil, des exercices d'hyperventilation comme kapalabhati ou bhastrika, des pratiques de rétentions du souffle, de la méditation…

Réduire voire supprimer les médicaments
On voit que le champ des bénéfices procurés par le yoga est extrêmement vaste. Par ailleurs la pratique permet de développer chez le yogi une écoute fine de son corps qui lui permet de repérer les signaux que lui envoie ce dernier et devenir ainsi acteur de sa guérison.

"Parmi mes patients, certains ont arrêté les anxiolytiques, les antidépresseurs et les antalgiques, d'autres ont pu réduire considérablement les doses", témoigne Lionel Coudron.
À condition de respecter certaines précautions (voir encadré), voilà une manière de se soigner à un moindre coût, sans effets secondaires indésirables.

 

 Sources :
*Santé & yoga, André Van Lysebeth, éditions Almora
Esprit Yoga Hors Série n°4
Santé Médecine : Yoga, bienfaits et contre-indications
**Le Monde : Quand le yoga se révèle dangereux


                

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