Comparer les enfants : un réflexe à contrôler

L’un est calme et réservé, l’autre agité et intrépide. Enfants très différents, on ne peut s’empêcher de les comparer, même si l’on a conscience que cela n’a pas le meilleur effet sur eux. Parents, grands-parents, amis… Pourquoi avons-nous ce réflexe et quelles sont les conséquences sur nos bambins ?

Vie saine et zen - Comparer les enfants : un réflexe à contrôler

Fratrie ou cousins, c’est entre les enfants d’une même génération que les comparaisons naissent le plus facilement et font le plus de mal.

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Les enfants aussi….

Les grands ne sont pas les seuls à céder aux sirènes de la comparaison, les petits aussi savent l’utiliser…. Pour se coucher plus tard, avoir un nouveau vêtement, éviter une corvée, les enfants n’hésitent pas à comparer la fratrie et faire part de leurs observations pour obtenir ce qu’ils veulent : pareil que leurs frères et soeurs.

Pour Harry Ifergan, il faut faire attention à ne pas confondre équité avec égalité : "en tant que parents nous devons donner à chacun de nos enfants ce dont ils ont besoin en fonction de leur âge et non accorder à tous la même chose."
Rappelez-le à votre bambin lorsqu’il essaie de grappiller 30 minutes le soir.

Pourquoi compare-t-on ?
"Le premier enfant transforme la vie des parents. Il leur montre comment un enfant réagit et devient la référence éducative des parents. Et de ce modèle naît la comparaison", explique Harry Ifergan, psychologue.

Comparer, nous le faisons souvent sans même nous en rendre compte. Nous l’utilisons instinctivement lorsque nous ne parvenons pas par nous-même à évaluer nos opinions ou nos capacités. Ces parallèles servent à se rassurer sur le développement de notre enfant et par la même occasion sur nos propres qualités d’éducateur.

"Parce qu’on n’a pas envie de se battre ou par une sorte de lâcheté, à travers la comparaison on fait aussi appel à l’instinct de compétition des enfants", ajoute Christel Petitcollin, auteur de Bien communiquer avec son enfant.
Lorsque le petit dernier chipote à manger, il est vrai que la technique "regarde ton frère, c’est un grand, lui, il a fini son assiette" a fait ses preuves.
"Ce sont des demandes mal formulées. Ne parvenant pas à dire les choses ou pour leurs donner du poids, on fait appelle à ce subterfuge. Mais attention la comparaison est génératrice de tension entre les enfants !", ajoute la spécialiste.

Il ne faut surtout pas être effrayé d’asseoir son autorité. Un très clair "range tes jouets" fera moins de dommage que "ta sœur, elle au moins n’est pas souillon" et au final, sera plus efficace.

Des effets négatifs pour tous
On a envie de faire partie d’un clan tout en ayant une individualité propre. La comparaison lie ces deux besoins mais elle est à double tranchant. Nos petits adorent être singuliers mais être jugés par rapport aux autres à leur avantage ou désavantage les met particulièrement mal à l’aise.
Pour Harry Ifergan, "les plus jeunes ont souvent pour modèle leurs aînés mais ils ne veulent pas pour autant être leur copie conforme. L’enfant va tout faire pour être différent. Ainsi plus on lui fait remarquer son comportement gênant plus il l’entretiendra, justement pour montrer qu’il n’est pas comme son frère."

Si être pointé du doigt entraîne complexe, manque de confiance en soi, mauvaise estime de soi et bien sûr jalousie, être l’enfant parfait toujours présenté en exemple n’est pas une position enviable pour autant. "Enfermés dans ce rôle d’enfant idéal, ils ont une grande pression sur les épaules et le sentiment d’imposture", explique Christel Petitcollin.

Difficile d'arrêter
Arrêter de les jauger ? Un exercice bien difficile, alors pas de panique si on se laisse aller à une comparaison de temps en temps.
"Quand c’est occasionnel, ce n’est pas très grave, l’important est de ne pas nier la comparaison et de répondre à l’enfant : oui, c’est vrai, je n’aurai pas dû, je suis désolé", rassure Harry Ifergan.
Après tout nous sommes tous uniques, grâce à nos qualités mais aussi nos défauts. En gardant ceci à l’esprit, évaluer nos bambins entre eux parait en effet moins légitime.

Les comparaisons familiales
Les comparaisons les plus agaçantes et les plus difficilement supportables sont celles faites par la famille. Comme par exemple, la comparaison des cousins par les grands parents. Les réunions familiales peuvent alors devenir rapidement un enfer.

"On peut nuancer la comparaison", préconise Christel Petitcollin. Par exemple, on détourne savamment la pique "en effet, il est plus énergique que son cousin mais cette vitalité lui est très utile pendant ses matchs de foot. Il a d’ailleurs marqué un but au dernier."
Cette technique permettra de montrer aux petits ET aux grands que tout le monde a les qualités de ses défauts et inversement.

"Par contre, si elles sont systématiques, il faut en parler avec la grand-mère ou le grand-père indélicat et demander d’arrêter ce comportement source de souffrance pour l’enfant", ajoute le psychologue. Tenter d’aplanir la situation en jouant carte sur table peut être en effet bénéfique.

Comparer est une pratique ancrée profondément en nous, finalement tout l’art de la comparaison reste d’apprendre à l’énoncer sans qu’elle soit blessante en ayant toujours une parole positive pour chacun.

 

Sources :
Mieux comprendre votre enfant, Harry Ifergan, éditions Marabout
Bien communiquer avec son enfant, Christel Petitcollin, éditions Jouvence


                

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