Comment parler de l’homosexualité à son enfant ?

Certains parents sont à l’aise pour aborder la question de l'homosexualité avec leur enfant, d’autres le sont moins et s’interrogent sur la façon dont ils peuvent répondre aux questions inévitables sur le sujet. Des témoignages de parents et les conseils de Sandrine Dury, psychanalyste et psychothérapeute…

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À l’école, dans les médias ou sur les réseaux sociaux, les enfants accèdent à toute sorte d’informations et se tournent souvent vers leurs parents pour en savoir plus.

"Dans les films et dans la vie, on est confronté régulièrement à la question de l'homosexualité", constate Sybile, mère d’une fillette de 10 ans. "Je me rappelle que lorsqu’on a vu le film Billy Elliot, dont le meilleur ami se travestit, ma fille a eu besoin de mettre des mots sur cette relation qu’elle voyait. En échangeant toutes les deux, elle a compris que c’était une relation amoureuse et ça lui a suffit."

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Parent homo : ça change quoi ?

Être un parent hétéro ou homo ne change pas grand-chose dans la façon dont on aborde la question. On est avant tout un parent !

"La sexualité personnelle n’intervient pas par rapport à l’enfant", souligne Sandrine Dury, même s’il peut avoir des questions spécifiques si les parents sont homosexuels, comme par exemple "pourquoi untel n’est pas au courant" ou "pourquoi ne pas s’afficher dans tel endroit".

Aurore est mère d’une adolescente de 16 ans "qui a vu des couples homos aussi souvent qu'hétéros depuis sa naissance, donc pour elle il n'y a jamais eu que des gens qui s'aiment, et aucune différence entre les sortes de couples." Elle a évoqué son homosexualité quand sa fille avait 5 ans, à l'occasion d'une séparation avec son amie de l’époque. "Il a fallu que je lui explique pourquoi on ne pouvait pas "se voir encore un peu" avec cette amie. Je lui ai expliqué qu’en fait je vivais une histoire d'amour avec elle, et que quand les histoires d'amour sont finies, c'est un peu difficile et souvent radical... Je ne lui en avais pas parlé avant parce que mon amie avait deux enfants plus âgés à qui elle préférait cacher son homosexualité. Ma fille n'a montré aucune surprise liée à l'homosexualité."

Ne pas créer de tabou
Dès le plus jeune âge, on peut aborder la question de l’homosexualité avec son enfant. "La première fois que nous en avons parlé, ma fille devait avoir deux ans", raconte Sami. "Elle m'a demandé pourquoi l’un de mes amis, qu’elle voyait souvent, était triste. La réponse m’est venue naturellement : "il s’est séparé de son amoureux, un homme". À cet âge, les enfants n'ont pas encore de préjugés. Pour eux, l'amour est une notion très forte."

Sandrine Dury, psychanalyste et psychothérapeute, confirme que "l’homosexualité, dans l’absolu, ne gêne pas les enfants, C’est plutôt le discours tenu par les adultes qui peut les choquer."
L’objectif n’est pas de l’influencer, mais d’évoquer le sujet pour souligner qu’il n’y a pas de tabou, surtout à la maison. Cela évitera à l’enfant de partir avec des préjugés. D’autant qu’à l’école, sous l’effet du groupe et par mimétisme, certains jeunes peuvent se moquer d’un homosexuel pour "faire comme les autres".
"En parler en famille permet de faire comprendre à l’enfant qu’il peut avoir sa propre opinion", conseille Sandrine Dury. "Et halte aux idées reçues ! Aborder la question de l’homosexualité avec son enfant ne l’influencera pas dans sa sexualité."

Avec les petits : rester factuel et parler de sentiments
Mais si on peut en parler à tout âge, les mots utilisés et les explications doivent différer.

Dans la petite enfance, entre trois et six ans, inutile de se lancer dans de longues explications quand l’enfant demande pourquoi deux personnes du même sexe s’embrassent. Rester factuel et parler de sentiments est suffisant.
"Il faut aussi s’adapter à la sensibilité de l’enfant, laisser la porte ouverte à ses questions sans trop les anticiper", souligne Sandrine Dury. "On peut attendre qu’il nous sollicite, mais plus ils grandissent, plus il faut insister sur le fait que l’on peut échanger sans tabou."

Sami se rappelle que chaque fois que sa fille de 10 ans a entendu des propos hostiles aux homosexuels de la part de son entourage ou à la télévision, elle est venue vers lui pour échanger. "Une fois, elle m'a interrogé sur le terme "pédé" que nous avons décortiqué."

Avec les ados : tolérance, écoute, compréhension
Avec les adolescents par contre, on peut anticiper.
"Ils auront davantage de questions existentielles par rapport au regard des autres, par exemple "comment s’inclure dans la société quand on est homosexuel", ou ils s’interrogeront sur leur propre sexualité parce qu’à cet âge on cherche son identité", détaille la psychanalyste. Et si justement l’enfant doute quant à ses préférences sexuelles, "il est important que les parents entrent dans le dialogue, montrent de la tolérance, de l’écoute et de la compréhension".

Mal à l’aise ? La solution littéraire !
Si les parents n’ont pas les mêmes idées sur la question, inutile de le cacher. D’après Sandrine Dury, "il faut donner son point de vue mais ne pas l’imposer. Ça permet à l’enfant de se construire."

Si l’on ne se sent vraiment pas à l’aise pour aborder l’homosexualité avec son enfant, par rapport à ses convictions personnelles ou à son éducation, on peut demander à un ami d’intervenir ou bien s’appuyer sur la littérature. Les livres pour enfant abordant ce sujet se multiplient.
"Ils sont ludiques, adaptés à chaque tranche d’âge et permettent de comprendre l’homosexualité d’une manière "non-adulte", les parents ayant tendance à utiliser des mots compliqués et à entrer dans des détails que ne comprennent pas forcément les enfants", explique Sandrine Dury.

De nombreux ouvrages destinés aux jeunes, labellisés Isidor par le Collectif HomoEdu, abordent la diversité sexuelle. Ils sont répertoriés sur le site altersexualité.com. Un bon moyen de donner des clés aux enfants pour comprendre par eux-mêmes ce qu’est l’homosexualité.

 


                

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