Contre le stress, la psychologie positive

Pour contrer le stress, il faut commencer par le comprendre, le détecter, l'identifier… Repérer qu'à notre insu, nos systèmes de croyances l'amplifient et peuvent même parfois le générer… Par une prise de conscience personnelle ou dans le cadre de thérapies brèves, la psychologie positive peut nous y aider.

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"L’objectif de la psychologie positive est d’étudier, décrire et développer les conditions du fonctionnement optimal et de l’épanouissement de la personne", explique Patrick Amar, psychologue, coach de dirigeant, chargé d’enseignement à l’Université*.

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La "pensée positive" : autre chose

La pensée positive dont le précurseur pourrait être Emile Coué de la Châtaigneraie, inventeur de la méthode Coué, est plutôt une posture qu’une science, selon Patrick Amar.

"Vouloir penser positivement peut avoir de grands inconvénients et rendre plus malheureux. Cela peut nous faire culpabiliser sur le fait qu'on ne pense pas tout le temps positivement. Or il est important de reconnaître que de temps en temps il y a des difficultés dans notre vie".

Il faut donc s’autoriser à ne pas penser positivement.
"Le bon ratio serait un tiers de pensées négatives, deux tiers de pensées positives".

La psychologie positive, elle, née à la fin des années 90 notamment sous l’impulsion d’un psychiatre américain, Martin Seligman, se veut une science expérimentale du fonctionnement optimal de la personne. 

Comprendre notre grille de lecture
La psychologie positive s'inscrit dans un courant plus large : la psychologie cognitive. Selon cette dernière, nous aurions la capacité de conditionner notre état émotionnel car la façon dont nous ressentons les situations est souvent le produit d’une interprétation.

"On parle du modèle ABC : Antécédent, Belief (croyance), Conséquence. Par exemple, voici un antécédent : j'ai failli me faire écraser dans la rue. Conséquence : je me sens très malheureux. Je me dis que je me sens très malheureux parce que j'ai failli me faire écraser. En réalité, au milieu il y a le B de belief, c'est-à-dire qu'il y a des croyances qui s'activent. Du genre : "les gens m'en veulent" ; "la vie ne tient qu'à un fil" ; "j'aurais pu mourir"… Mais j'aurais pu privilégier d'autres croyances : "j'ai eu de la chance" ; "c'est une bénédiction qu'il ne me soit rien arrivé"… Et si j'avais privilégié ces croyances là, je me sentirais un peu choqué mais heureux", précise Patrick Amar.

Il est donc important de comprendre notre traitement de l'information, repérer notre grille de lecture. Les filtres les plus courants sont par exemple : "on ne peut pas faire confiance aux autres" ; "je ne mérite pas d'être aimé" ; "il faut être en permanence à 120 % dans tout ce qu'on fait donc l'échec est insupportable".

Il est ensuite possible de remettre en cause ces pensées négatives et de privilégier les pensées les plus mobilisatrices.

Cultiver certaines valeurs
La psychologie positive cherche à cultiver les valeurs créatrices de mieux-être : optimisme, courage, altruisme, éthique de vie, spiritualité, humour, ouverture au monde et aux autres… Elle propose de choisir parmi ces valeurs celles qui sont déjà en nous et de les amplifier.
"Martin Seligman, l'un des créateurs de la psychologie positive, remarquait qu'il y a trois grandes stratégies en matière de bien-être : plus de plaisir, plus d'engagement, plus de sens."

Plus de plaisir
Il est important d'introduire des moments de plaisir dans sa vie, de programmer des moments pour soi. Beaucoup de gens sacrifient le présent en se disant "je prépare l'avenir" au risque de passer à côté de la vie.

Le lien social est également un fort amortisseur d'événements de vie négatifs qui aide à relativiser, prendre du recul, recevoir du soutien émotionnel.

Plus d'engagement
On constate que les gens heureux sont plus engagés dans ce qu'ils font. Plus passionnés, ils oublient le temps qui passe. C'est l'état de "flow", développée par Mihály Csíkszentmihályi, psychologue hongrois : un état de concentration ou d'absorption totale dans une activité, un état optimal de motivation intrinsèque.

Patrick Amar suggère qu'on se pose la question : "Est-ce que je peux enrichir mon boulot et l'aménager pour qu'il soit plus en adéquation avec mes forces et mes valeurs, pour favoriser un plus grand engagement de ma part ?"

Plus de sens
On se sent mieux quand on se relie à quelque chose qui nous dépasse, qui est plus grand que nous, qui donne du sens à ce qu'on fait : notre famille, un parcours spirituel, un engagement politique ou associatif…

Sans thérapeute ?
Alors pour contrer le stress, peut-on se débrouiller tout seul ou faut-il se faire aider ?
"Je ne crois pas à la thérapie pour tous. Je crois qu'il y a des gens qui en ont besoin et envie mais ça n'est pas si simple : il faut y consacrer du temps, de l'argent. Et il faut accepter que quelqu'un puisse vous faire du bien", avertit Patrick Amar.

Selon lui, il y a un travail qu'on peut faire soi-même ou avec des amis : comprendre le stress, le détecter, l'identifier, mettre en place des stratégies sur le plan psychologique, comportemental, émotionnel. On peut notamment se mettre à pratiquer des disciplines comme la respiration, la relaxation, la méditation…

Avec thérapeute ?
Mais dans certains cas, notamment quand on se heurte à des schémas répétitifs, il peut être raisonnable de demander de l'aide à quelqu'un d'extérieur.
"Par exemple pour les désordres anxio-dépressifs (dépressions, anxiété, troubles obsessionnels compulsifs, addictions), les approches comportementales et cognitives ont fait la preuve de leur efficacité", affirme Patrick Amar.

Dans ce cas, il va s'agir de thérapies brèves de 15-20 séances.
"Mais il ne faut pas s'interdire de revenir voir son psy quand on a de nouveau besoin d'un soutien. En trois à six mois, on sent qu'il y a des choses qui bougent mais on peut prendre des piqûres de rappel."

 

*Patrick Amar est co-auteur avec Silvia André de J'arrête de stresser, éditions Eyrolles.


                

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